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Travaux évolutifs modifier

par Laurent MAJESTÉ

Sur la commune de Betpouey de tout à jamais le torrent du Bolou n'aura laissé couler autant d'eau pour nos articles dans la revue «En Baredyo». En fait pour pouvoir donner de nouveaux pâturages aux animaux à l'estive, la commission syndicale de la vallée du Barège, entreprend un chantier ce printemps 2023 pour emmener ce qui manquait: le breuvage sur place. Ce sera l'eau d'une résurgence de la source des «Paloumettes» qui se situe sur la rive gauche du torrent au niveau du quartier de Sardiche qui sera utilisée. Elle sera conduite dans un tuyau en plastique jusqu'au lieu-dit «Eth platè d'éra lit» traduction le plateau de l'avalanche, au-dessus de ce qui reste du groupe de grange en ruine du lieu-dit Tramérouns non loin du GR 10 pour être réceptionnée dans un abreuvoir qui sera construit sur place pour l'usage principalement des bovins ainsi que tout autre animaux sur le terrain communal au dessus des fermes foraines appartenant à des particuliers et dont les prés ne sont plus fauchés et constituent plusieurs lopins de terre. Ils s'englobent d'une façon générale et élargie dans un quartier qui répond à l'appellation de «Carris». Pourquoi cette appellation locale: tout simplement pour sa capacité de retenir souvent l'avalanche qui descend du couloir Sud Ouest du dessous du col du massif de l'Ayré entre la forêt et les pelouses herbeuses. Il résorbe aussi les petits glissements de neige des abords pour les étendre et les retenir le plus souvent sur le plateau où la fonte printanière en a la maîtrise.

En ce début de juin 2023, les travaux sont en cours. Les ouvriers qui sont commis, sont sur place. Il nous est agréable d'échanger avec eux sur les évolutions et sur la culture locale.

S'ils se terminent pour cette saison estivale, vraisemblablement des clôtures seront mises en place.
Des troupeaux de bovins pourront y être introduits pour profiter de la pâture abondante dans le secteur. Il se délimitera par la ligne parallèle au GR 10 pour remonter en partie en oblique vers les prairies privées du lieu-dit Tramérouns pour les contourner et poursuivre jusqu'à celle qui deviendra en partie perpendiculaire pour le séparer de Lumière et pour atteindre le «Courtaou de l'Ayré» avec un retour sur la vallée. Vraisemblablement quelques protections des massifs dangereux au trafic de l'espèce seront à privilégier. Déjà non loin de l'abreuvoir un parc métallique est dressé. Les éleveurs pourront si besoin en est y mettre les animaux en sécurité qui auront besoin de soins ou tout autre assistance. Il sera démonté en fin de saison estivale pour sa sécurité. La reconquête de ce terrain de pâture en dessous des blocs rocailleux qui élèvent le merveilleux pic de l'Ayré à l'altitude de 2416 mètres et à des vues à 360 ° serait un miracle pour les nombreux pâtres et bergers des villages de Betpouey, d'Esterre, de Luz-Saint-Sauveur (65), qui l'ont quitté aux alentours des années 1960. Pour cause de presque une désolante extinction de l'activité agricole en ces lieux surtout très fréquentés en automne pour profiter de sa situation plein Sud que les animaux aimaient pacager. Et puis une soudaine évolution qui ne présentait aucun soupçon de ce temps apparait de nos jours. S'il leur était permis aujourd'hui de la visualiser ils s'élèveraient comme devant un miracle avec de fortes exclamations de joie.

C'est la Commission Syndicale de la Vallée du Barège, qui est en charge des biens indivis des communes du pays Toy, de la réglementation des pâturages, de la construction d'équipements sur les estives et bien d'autres missions. La question d'inégalité qui apparaît sur le paiement des pacages entre les éleveurs venant de l'extérieur et la gratuité des éleveurs locaux, soulève un désir de régularité.

Pour la trancher en 2023, les syndics des villages du pays se prononcent sur la redevance du droit au bénéfice à l'herbe. Le résultat du scrutin est favorable à une participation universelle. Dans l'immédiat des prix soi-disant sont aménagés pour les éleveurs du pays. De plus la CSVB, qui effectue de nombreuses prestations sur le sol du pays Toy pourra, ou pas, mettre à profit cette fraîcheur de deniers pour arrondir quelques frais des activités, et des nombreuses dépenses. D'autres cellules collectives sont certainement en droit et en attente de cette même fraîcheur. Pour le rédacteur de l'Economie Montagnarde locale sur le fond de la question du droit de pacage la formule ne semble pas en adéquation avec cette contrainte des éleveurs locaux. Même s'il se murmure par-ci par-là que les paysans d'ici sont en mesure d'acquitter une redevance. S'ils le sont tant mieux. Cette question ne peut être attribuée qu'au pouvoir qui l'a introduite et dont la réponse lui incombe. D'ailleurs cette idée devrait rapidement se bannir pour éviter peut-être une désolidarisation consécutive à la mauvaise humeur qui pourrait se soulever dans la famille agricole. Ceux d'ici chez eux sur un terrain leur appartenant plus que quiconque sont déjà impactés par une taxe foncière relayée par les communes au bénéfice de la CSVB. Alors que les éleveurs et cultivateurs, hors le pays Toy ne sont soumis qu'à la redevance à l'herbe. Nous leur reconnaissons tout le bien être qu'ils apportent à notre région en faisant pacager ce qui deviendrait une friche sous l'empire d'une nature sans pitié. Mais ce qui ne paraît pas juste n'est pas toujours injuste. Les lectrices et les lecteurs sont en droit de penser que les gens qui viennent d'ailleurs avec leurs troupeaux ne se déplacent pas avec des intentions négatives et que les décisions antérieures ne sont pas si irrégulières. Néanmoins le précédent est né. La démocratie s'est exprimée. La réglementation doit s'appliquer en sachant qu'elle sera modulable mais pas toujours en faveur des locaux. D'autres sujets ont déjà été traités pour éviter ce que l'on croyait une discrimination. En rappel, la suppression de la carte Valléenne. Un bon souvenir qui de son temps a lésé les résistants à la montagne. Un certain mérite attribué aux travailleurs attachés à nos vallées. Rappelons-nous de cette manne qui n'a pas vraiment servi à l'enrichissement souhaité. Une initiative qui n'a jamais été ressentie louable localement et comme des fonds qui n'ont pas sérieusement renfloué les caisses collectives. Mettre en compétition les locaux avec les gens de l'extérieur, ne semble pas une bonne mesure. Nous devons aider, combattre, pour la reconquête de notre pays et pour y fixer une meilleure démographie. Les véritables questions sont d'importance capitale. Aujourd'hui certes, plus que hier l'inflation galopante impose de la recherche pour de meilleurs crédits. Vouloir en faire rentrer c'est déjà pouvoir atteindre une certaine certitude d'en disposer. On peut comprendre que les droits et les devoirs sont ceux de faire participer tout le monde à la vie collective. La réalité demande aussi une certaine façon de le faire. La réponse pourrait se rechercher sur des choix plus vastes et variés et sans doute sur d'autres volets. Néanmoins ne perdons pas de vue l'important potentiel qui nous reste au niveau des ressources nutritives des animaux. Dans la mesure du possible ne serait-il pas bon de continuer à recevoir les éleveurs de la plaine sur nos massifs. Ces gens qui découvrent de plus en plus les bienfaits de la montagne sont nombreux aujourd'hui à vouloir les partager dans ce paradis. C'est toujours un plus qui ferait des heureux et que les euros abonderaient les crédits soucieux. Ouvrons- leur la voie pour que nos vallées soient mieux entretenues et mieux dégagées pour que le regard du visiteur enflamme le tourisme et pour qu'il soit encore plus nombreux.

Les élus départementaux qui sont à charge de la gestion du patrimoine, nous renseignent à juste titre sur les importantes subventions. Ne leur seraient-ils pas possible de laisser tomber quelques miettes supplémentaires aux locaux quand ils sont à court de subsides et quand «le jeu en vaut la chandelle». Bien que très sollicités ces gens-là ont un panel très varié à l'intérieur duquel des enveloppes devraient devenir plus participatives à la petite collectivité. S'ils sont beaucoup sollicités c'est qu'ils répondent à leur devoir du développement du territoire qui va aussi jusqu'à la frontière. Merci aussi pour celles et ceux qui participent à cette idée de solidarité et à la reconstruction du pays Toy qui en a tant besoin.

Dans l'immédiat les travaux engagés pour cette reconquête de pacage est une bonne mesure. Elle mérite d'être attribuée à celles et à ceux qui en sont les initiateurs. Poursuivez à vitaliser nos vallées pour les soustraire à cette pollution envahissante qu'on peut appeler la friche. Les cultivateurs, les éleveurs et leurs animaux en sont les principaux acteurs. Contrairement aux cris de la rue il y a aujourd'hui du potentiel pour la relève. Frémissent sur les lèvres de certains les paroles de ce qui fut en son temps le chant du désir et de l'amour dans les vallées. Aujourd'hui, comme demain donnez-lui de la vocalise à ce bel extrait de Various Artists. Je suis le pâtre des montagnes j'aime l'air pur et la liberté etc… Le pays Toy répond à vos attentes. Surtout à celles et à ceux qui s'ouvriront dans cette pure activité liée à la nature.

Légendes complètes:
Photo 1: Les ouvriers viennent de couler le superbe abreuvoir. Il sera décoffré le 18.07. et sa mise en eau sera imminente.
Photo 2: Vue partielle du pacage en direction de l'Est. Sur la partie haute à droite on devine le couloir avalancheux qui se profile en bordure de forêt.
Photo 3: Vue rapprochée de l'imposant parc en bout de plateau côté vallée Bolou.

Les ouvriers viennent de couler le superbe abreuvoir...

Les ouvriers viennent de couler le superbe abreuvoir...

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Vue partielle du pacage en direction de l’Est...

Vue partielle du pacage en direction de l’Est...

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Vue rapprochée de l’imposant parc en bout de plateau...

Vue rapprochée de l’imposant parc en bout de plateau...

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Vue partielle du pacage en opposition à la photo n°1.

Vue partielle du pacage en opposition à la photo n°1.

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