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Le quart d'heure occitan modifier

par François PUJO

Lécho'm droumi
(Chant de Noël, ce chant est un dialogue entre un ange et un berger)
Ed andhyou (l'ange).
Un Dieu vous appelle. Levez-vous pasteur. Courez avec zèle. Vers votre sauveur. Le Dieu du Tonnerre. Promets désormais. La fin de la guerre. La paix pour jamais.

Et pastou (le berger)
Lecho'm droumi(ou décho'm droumi) Laisse-moi dormir
Nou'm bénquiés troubla ‘ra cerbello Ne vient pas me troubler la cervelle

Lecho'm droumi

Tiro én dabant, ségués ét tué cami (tou cami) File par devant, suit ton chemin
N'è pas bésoun dé sentinello. Je n'ai pas besoin de sentinelle
Nou nè qué hè dé ta noubèllo («ha» en béarnais) Je n'ai que faire de ta nouvelle

Lecho'm droumi

À cette merveille. Peut-on sommeiller ? Elle est sans pareille. Il faut s'éveiller. Venez qu'on seconde. Nos chants et nos voix. Que l'écho réponde jusqu'au fond des bois.

Encouèro u cop. Encore un coup
Sé'm hès lécha 'ra palhyasso Si tu me fais quitter ma paillasse

Encouèro u cop

Qué't bouy hè té couré at gran galop Je vais te faire courir au grand galop
Dé tiro sourti dé ma yasso (talèù, Béarn pour «dé tiro») Aussitôt sorti de ma couche
N'espèris pas quartiè, ni graço. N'espère pas quartier ni grâce

Encouèro u cop !
Ed andhyou (l'ange) ????

Et sort hurous (lou sort hurous Béarn) Le sort heureux
N'estè yames nousté partadhyé Ce ne fut jamais notre partage
Et sort hurous Nou dé pas t'at praùbés pastous Ce n'est pas pour les pauvres bergers
Per quin étrandhyè badinadhyé Par quel étrange badinage
Bos tu qu'ayem per u maynadhyé Veux-tu que nous ayons par une naissance

Et sort hurous
Ed andhyou (l'ange) ????

Qué'm bouy lhyéba. Je vais me lever
E sé t'en bantes, croutz dé palhyo Et si tu t'en vantes croix de paille
Qué'm bouy lhyéba
Qué t'en poudéris prou maù trouba Tu pourras assez mal te trouver
Tout omi qui coum' tu séralhyé (truffé) Tout homme qui comme toi se raille (moque)
Nou dé pas séns douté arré qui balhyé N'est pas sans doute rien qui donne (qui vaut ?)
Qué'm bouy lhyéba
Les rois obéissent, à sa tendre voix. Les démons fléchissent, soumis à ses lois. L'enfer rend les armes, à ce Dieu vainqueur, rendez-vous au charme de ce rédempteur.

Diù ! Qué bey you ! Dieu ! que vois-je ?
Andhyou dét céù quin bèt spectaclé Anges du ciel quel beau spectacle
Diù ! Qué bey you !
Tout qué m'anouncé u saùbadou Tout m'anonce un sauveur
Àmoun salut nous gu'amés d'oubstaclé À mon salut, il n'y a plus d'obstacle
Et céù s'oubrech, ah ! quin miraclé Le ciel s'ouvre, à quel miracle
Diù ! Qué bey you !
Venez sans crainte, ne balancez pas, et sans vous contraindre, redoublez vos pas. Pour votre défense, il nait sous vos yeux, vous rend l'innocence, vous ouvre les yeux.
'Ra poù mé gahé (mé prén). La peur me prend
Quan enténi ta grand tapadhyé Quand j'entends si grand tapage
'Ra poù mé gahé
Quan béy courré tan dé yént Quand je vois courir tant de gens
Qui s'én ban dé cap at biladhyé Qui s'en vont vers le village
Dap tan d'ardou, tan dé couradhyé Avec tant d'ardeur, tant de courage
'Ra poù mé gahé

Ed andhyou (l'ange) ????
Qué diset bous ? Que Dites-vous ?

Aço nou parrech pas crédiblé Ceci ne me parait pas croyable.
Qué diset bous ?

Qué ban hè touts aquets pastous ? Que vont faire tous ces bergers ?
Bé ét Diù en ua bordo. Voir le Dieu dans une étable
Aço qué semblé bèro fablo. Ceci ressemble à une fable
Qué diset bous ?

Un cœur bien fidèle. S'en rapporte à moi. Un esprit rebelle n'a jamais de foi. ????
Andhyou, à Diù siat ! Ange à Dieu soit !

You baù saùta, baù courré bisté Je vais sauter, vais courir vite
Andhyou, à Diù siat !.

Excusa-mé s'è maù parlat. Excusez-moi si j'ai mal parlé
N'è bésoung d'ua bisto. Je n'ai pas besoin de piste.
Et lugra m'enségné 'ra pisto. L'étoile me montre la piste
Andhyou, à Diù siat !

Une expression populaire française:
SE METTRE LA RATE AU COURT-BOUILLON
Se faire du souci inutilement, sans raison. Cette expression française du début du XXe remonterait à l'antiquité en référence à Hippocrate qui supposait que la rate était à l'origine de l'excès de bile noire, la mélancolie. Cette histoire a été tellement vulgarisée que dans l'imaginaire populaire, cet organe est devenu le symbole de l'humeur bonne ou mauvaise. Elle est à mettre en parallèle avec les mauvais traitements que l'on peut infliger à son propre corps lorsqu'on se fait du souci, comme dans les expressions de même sens « se faire du mauvais sang » ou bien « se faire de la bile ».
Source: Journal Estey Malin, Jean-Pierre Izard, 2024



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