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Patronymes des villages toy modifier

Sassis, Sazos et Grust

par Maurice PÉLÉGRY

Un rappel des noms dominants dans les études précédentes:
Décembre 2020: Villenave (étude sur 20 ans) le nom dominant est PUJO. Pour Luz-Saint-Sauveur (139 ans), le nom de PRATDESSUS arrive en tête.
Décembre 2021: Barèges (période courte) le plus fréquent est VERGEZ. Pour Sers, c'est MIDAN , CAZAUX à Betpouey, DESTRADE et SANCET à Viey et SOUBERVIELLE à Viella.
Juin 2022: Le nom de THEIL domine à Esterre, LAFFONT à Esquièze et PUJO à Sère (période courte 50 ans)

Dans ce numéro, nous vous proposons la quatrième étude pour les villages de Sassis, Sazos et Grust. Viendront ensuite en juin 2023: Viscos, Chèze, Saligos et Vizos. Et enfin pour le numéro de décembre 2023: Gèdre et Gavarnie. Nous aurons ainsi étudié les 10 patronymes dominants pour 19 communes du Pays Toy, ayant eu un état civil de l'an XI (1803) à 1942, derniers registres consultables. À cette occasion, nous présenterons les 10 patronymes les plus utilisés en Pays Toy.

Sassis, jolie bourgade étirée, face au confluent du Bastan et du gave de Pau.

Le texte héraldique du blasonnement de cette commune est: «D'argent à un ours de sable passant sur une terrasse de sinople; au chef de gueules chargé d'une croix de Malte à huit pointes adextrée d'une crosse épiscopale posée en bande et senestrée d'une mitre posée en barre, le tout d'or».



Les gentilés ou dénomination des habitants sont les Sassissois et Sassissoises.
Les Toys ont coutume de bien manier les sobriquets. En ce qui concerne Sassis, la littérature rapporte «Eths saussissèrs», ce qui serait: les mangeurs de saucisses.
Signification du nom Sassis: aucune hypothèse valable n'a jamais été proposée, l'étymologie du nom reste obscure.
La légende est: en héraldique la signification de sable est un émail de couleur noire, le terme sinople est la couleur verte. Au chef évoque la partie supérieure de l'écu (le blason). Le gueules est un émail de couleur rouge. Adextrée: se dit des pièces qui en ont quel qu'autre à leur droite. Senestre, ou sénestre, est un terme signifiant «gauche», par opposition à dextre.
Durant la période An XI (1803) à 1942, soit 139 ans, 692 actes ont été étudiés: 320 Naissances (sigle N) - 277 décès (sigle D ou ) et 95 actes de mariage. Afin d'éviter les doublons, ces derniers n'ont été consultés qu'à titre consultatif. La bourgade de Sassis est en premier le territoire du patronyme GARRIEL. Les 10 noms les plus fréquents dans les actes sont: GARRIEL (1ere place) nom mentionné 48 fois. En suivant nous trouvons le nom de PUJO (2) avec 42 mentions. Puis viennent COURTADE (3), avec 37 mentions. Ensuite, nous trouvons, LHAÂ (4) 28 mentions. PORTE (5) 26 fois cité. PRATDESSUS (6) avec 23 mentions. Puis, CRAMPE (7) 22 mentions, FOURTINE et COMERA (8) 18 mentions, et enfin à la 10ème place ARMARY 15 fois cité. Ces 10 noms représentent pour la période de 139 ans, 46% des noms de Sassis.
Les étymologies (origines) connues de ces différents patronymes sont les suivantes:
GARRIEL (62N et 49 D). C'est un nom très rare et peu répandu dont la présence est essentiellement dans les Hautes-Pyrénées. Aucune explication du nom n'est satisfaisante, sûrement un toponyme ou selon une extension d'un nom francique un abri pour les troupeaux. En suivant nous trouvons le nom de PUJO (29 N et 13D), déjà décrit précédemment. Pour rappel, le toponyme (nom de lieu) a le sens de petite colline (diminutif du latin podium), ou aussi petit puy. Avec le même sens: Pujos, Pujou, et surtout Pujol. Diminutif: Pujoulet et Puyoulet. Ces noms étant presque tous portés dans les Hautes-Pyrénées. Par extension donc, ils pourraient habiter sur les hauteurs. COURTADE (20N et 17D) également expliqué précédemment. Plus anciennement CORTADE, dérivés du catalan ou de l'occitan "cort", désignant le plus souvent une ferme. LHAÂ (18N et 10D). Essentiellement dans les Hautes-Pyrénées. Peut-être une variante de Lia, qui veut dire champ de lin (liar en gascon). PORTE (17N et 9D). Tout simplement celui qui habitait près de la porte de la ville. PRATDESSUS (13N et 10D). Le pré d'en haut ou le pré de haute montagne. CRAMPE (12N et 10D). Nom issu du latin camera. Très implanté dans le 65. Ce nom fait référence à la présence d'une petite maison ou d'une chambre selon le patois. FOURTINE (14N et 4D). Un nom de famille qui représente une variation régionale de Fortine, dérivé de fort, sobriquet qui désigne une personne vigoureuse, forte. COMERA (11N et 7D). Aucune explication connue. Certains avancent une origine espagnole (comer: manger), d'autres un dérivé du nom espagnol comerma (vallon) et, à la 10ème place ARMARY (12N et 3D). Ce patronyme est non répertorié. Il reste peu présent hors des Pyrénées. En revanche peut-être qu'avec le temps et une mauvaise écriture, le n d'Armani s'est transformé en r. Armani est porté en Corse, en Catalogne et en Italie du Nord, c'est la forme plurielle d'Armano, équivalent du français Armand.

Sazos, commune chargée d'histoire, au pied du massif de l'Ardiden, qui a vu séjourner dans ses belles maisons, un grand nombre de seigneurs et abbés lay du canton.

Le texte héraldique du blasonnement de cette commune est: «D'azur à la fasce ondée d'argent, au chef d'or chargé d'une clarine de gueules accostée de deux fleurs de lys de même.»



Les gentilés ou dénomination des habitants sont les Sazosiens et Sazosiennes.
Les habitants de Sazos portent le sobriquet de «Eths po(u)tarrèrs» soit les mangeurs de [pout] (pâte de farine de maïs).
Signification du nom Sazos: elle reste non précise, certains avancent une origine latine non confirmée.
De 1292 à 1298, on note la présence de Pierre III de Sazos, 24e abbé de Saint-Savin de Lavedan.
À noter ici, la fleur de lys (⚜) est un meuble héraldique. C'est l'une des quatre figures les plus populaires avec les multiples croix, l'aigle, et le lion. Du fait de sa valeur dans la tradition chrétienne, la fleur de lys était symboliquement très présente sous la forme d'aigrette trifide, dans les royaumes francs. Ce symbole fut utilisé par les souverains carolingiens, puis par leurs successeurs, empereurs ottoniens et rois capétiens. C'est sous le règne de Louis VII que l'expression «fleur de lis» apparut et que les fleurs de lis d'or sur champ d'azur devinrent les armes de France et l'emblème spécifique des rois de France. Aujourd'hui délaissée en France, elle est encore en Amérique du Nord un symbole de la présence francophone, en particulier au Québec où elle fait office de symbole national.
Durant la période An XI (1803) à 1942, soit 139 ans, 3441 actes ont été étudiés: 1622 Naissances (sigle N) - 1408 décès (sigle D ou ) et 411 actes de mariage. Afin d'éviter les doublons, ces derniers n'ont été consultés qu'à titre consultatif. La bourgade de Sazos est en premier le territoire du patronyme CASTAGNÉ.
Les 10 noms les plus fréquents dans les actes sont: CASTAGNÉ (1ère place) nom mentionné 141 fois. En suivant nous trouvons le nom de LONCA (2) avec 114 mentions. Puis viennent SOUBERCAZES (3), avec 76 mentions. Ensuite, GAYE (4) 71 mentions. THEIL (5) 70 fois cité. CASDEBAT et SANTAM (6) avec 60 mentions. Puis, BORDEROLLE (8) 57 mentions, FAU (9) 56 mentions, et enfin à la 10ème place MANAUTET 50 fois cité. Ces 10 noms ne représentent pour la période de 139 ans, que 25% des noms de Sazos. Autant dire que cette bourgade est étendue et peuplée depuis longtemps.
Les étymologies (origines) connues de ces différents patronymes sont les suivantes:
CASTAGNÉ (83N et 58 D). Très certainement du latin castaneus qui désigne le châtaigner. De nombreux noms de lieux sont construits à partir de cette racine. Les familles de ces noms peuvent donc être originaires de ces localités ou bien avoir habité près d'un bois de châtaigniers. En suivant nous trouvons le nom de LONCA (64 N et 50D). Le nom est surtout porté dans les Hautes-Pyrénées, où l'on rencontre aussi la forme voisine Loncan. Il s'agit visiblement d'un toponyme, mais impossible de le situer avec certitude. Puis viennent SOUBERCAZES (52N et 24D) ou Subercaze: du latin suber (au-dessus) et casa (maison). GAYE (37N et 34D), ou Gay. Soit d'origine toponymique, soit a pu désigner un homme de bonne humeur. C'était aussi au Moyen-Âge un nom de baptême très fréquent. Nom très implanté dans les Hautes-Pyrénées. THEIL (44N et 26D). C'est un toponyme évoquant le tilleul. CASDEBAT (32N et 28D). N'existe que dans le 65. De façon très simpliste ce serait la maison d'en bas, essentiellement dérivé du patois. Mais c'est non satisfaisant, et SANTAM (36N et 24D). Porté aussi en Béarn, le nom est rare. On le rencontre également en Espagne, mais là aussi il est très rare. Aucune idée quant à sa signification. BORDEROLLE (43N et 14D). Surtout dans les Hautes-Pyrénées. Avec le radical Borde (petite maison, ferme, métairie) ou le possesseur d'une grange. Les patronymes avec ce radical sont nombreux. FAU (29N et 27D). L'un des nombreux noms désignant le hêtre (du latin fagus) ou hau en gascon, arbre caractéristique de la propriété. Fau est un nom de famille très répandu en Languedoc. Certains parlent aussi d'une origine telle Faur, comme forgeron. Duffau a la même origine, et à la 10ème place MANAUTET (30N et 20D). C'est un diminutif. Exclusivement dans le 65. On trouve également des Manaoutet. Viendrait de Manaud ou Manaut, nom d'origine germanique (non satisfaisant).

Grust, village fleuri, balcon de l'Ardiden, surveille de ses 900 mètres l'effervescence de Luz-Saint-Sauveur, en bas de la vallée.

Le texte héraldique du blasonnement de cette commune est: «D'azur à une chaîne de montagnes d'argent, à une maison de sable terrassée de sinople brochant, le tout surmonté d'un soleil rayonnant d'or.»



Les gentilés ou dénomination des habitants sont les Grustois et les Grustoises.
Les habitants de Grust portent le sobriquet de «Eths limaquèrs», ceux qui écrasent les limaces.
Signification de nom Grust: le dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées rapporte quelques dénominations historiques du village, dont les plus anciennes sont notifiées dans le cartulaire de Saint-Savin, et datent de 1025. Le Censier de Bigorre rapporte également l'existence du nom vers 1429.
Durant la période An XI (1803) à 1942, soit 139 ans, 1110 actes ont été étudiés: 550 Naissances (sigle N) - 425 décès (sigle D ou ) et 135 actes de mariage. Afin d'éviter les doublons, ces derniers n'ont été consultés qu'à titre consultatif. La bourgade de Grust est en premier le territoire du patronyme LONCA. Les 10 noms les plus fréquents dans les actes sont: LONCA (1ere place) nom mentionné 96 fois. En suivant nous trouvons le nom de TARRIEU (2) avec 59 mentions. Puis viennent CARDESSUS et SOUBERCAZES (3), avec 44 mentions. Ensuite, nous trouvons, CASTAGNÉ et PEYOU (5) 43 mentions. FOURNOU (7) 36 fois cité. SEMPÉ (8) avec 32 mentions. Puis, SOUBIROUS (9) 30 mentions, et enfin à la 10ème place THEIL et MANAUTET 28 fois cité. Ces 11 noms représentent pour la période de 139 ans, 49,5% des noms de Grust.
Les étymologies (origines) connues de ces différents patronymes sont les suivantes:
LONCA (59N et 37 D). Déjà vu avec Sazos. En suivant nous trouvons le nom de TARRIEU (34 N et 25D). Tarrieu serait un sobriquet dérivé de terrasse: la terrasse rocheuse, la terrasse de culture, la terre. Autre explication: ce patronyme rappelle la localité d'origine de la famille, le mot «terre» (tarriou) dont il est issu rentre dans la composition de nombreux lieux en France. Puis viennent CARDESSUS (25N et 19D). Nom très rare réservé aux Hautes-Pyrénées. La signification reste obscure, et SOUBERCAZES (22N et 22D). Ce dernier a été vu avec Sazos. CASTAGNÉ (30N et 13D), également cité avec Sazos, et PEYOU (27N et 16D). Sûrement dérivé du préfixe Pey, figure l'une des nombreuses formes qu'a prises dans le Midi le latin podium (colline, sommet). Pey est la forme occitane de puy (hauteur). FOURNOU (25N et 11D). Variante du 65. À l'origine, viendrait du latin fornulus, dérivé de fornus. Ce mot désigne des fours de petites dimensions. Quels types de fours? Peut-être des fours à chaux ou à briques. Ce patronyme devrait désigner une personne originaire de l'une des diverses localités, portant ou ayant porté ce nom. SEMPÉ (22N et 10D). Porté surtout en Béarn, c'est un toponyme, forme agglutinée de Sant-Pé (= Saint-Pierre). Une douzaine de hameaux portent ce nom, en particulier dans le Gers et les Hautes-Pyrénées. Avec le même sens: Samper, Semper, Sempedre, Sempéré. SOUBIROUS (18N et 12D). C'est dans les Hautes-Pyrénées que le nom est le plus répandu. Il s'agit d'un toponyme avec le sens de lieu élevé, situé en haut du village ou au-dessus (latin superanus), et à la 10ème place THEIL (21N et 7D) et MANAUTET (18N et 10D), tous deux déjà décrits avec Sazos.

Sources:
Traité singulier du blason par Gilles-André de la Roque édité à Paris chez Sébastien Mabre-Cramoisy, Imprimeur du Roy, rue Saint-Jacques, au Cigognes. M. DC. LXXIII - «Origine de la Fleur de Lis», Revue nobiliaire, héraldique et biographique, 1862 - Dictionnaire toponymique des communes des Hautes Pyrénées de Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail - Anthroponymie de Jean Tosti.

Blason de Sassis

Blason de Sassis

Blason de Sassis fermer

Blason de Sazos

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Blason de Grust

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