Sept siècles de police des pâturages
Première partie (1319-1491)
Quand on accède au centre de la petite bourgade aragonaise de Broto, de l'autre côté du col de Boucharo, au-dessus de Gavarnie, on peut voir, au centre du village, le panneau expliquant «
les Pacerias».
Ce panneau mentionne le texte suivant
:
«Ce sont des accords de paix entre les vallées pyrénéennes aragonaises et les vallées françaises correspondantes de l'autre côté de la chaîne montagneuses. Ces accords réglementent aussi bien l'utilisation des pâturages communs que le pacte mutuel de non-agression en temps de guerre. Les vallées de Broto et de Barèges ont signé un accord de paix (pacería) en 1390, au sujet de l'utilisation des pâturages compris entre Vignemale/Cornachibosa et la Brecha de Roldán jusqu'au terrain communal de Gavarnie (Gabarnia), qui a été ratifié tout au long de l'histoire, sa dernière révision de 1954 étant aujourd'hui en vigueur. Actuellement c'est toujours depuis la Maison de Broto régularisée aujourd'hui comme Fédération (Mancomunidad) de la vallée de Broto, qu'on veille à l'accomplissement de cet accord important».
Les «
facerías» ou «
pacerias», selon les ans, sont des traités entre les vallées des deux versants des Pyrénées qui régulaient l'utilisation conjointe de certains pâturages frontaliers. Il s'agissait à l'origine d'accords oraux qui furent mis par écrit à l'époque médiévale, à partir du XIVº siècle et qui, sur le territoire du bien, permettaient l'utilisation des pâturages des vallées gasconnes de Barèges et d'Aure par les élevages aragonais des vallées de Broto et Bielsa. Son existence s'explique par deux raisons principales
: le caractère complémentaire du milieu physique des deux versants des Pyrénées et l'existence d'un sentiment d'identité commun entre les habitants pyrénéens qui faisait inclure dans ces pactes des mesures pour faciliter le commerce transfrontalier et des garanties de non-agression entre les vallées dans des moments de conflits franco-espagnols. C'est un magnifique exemple qui démontre que les frontières naturelles et politiques n'ont jamais été un obstacle et n'ont jamais pu briser les liens entre les communautés du massif du Mont Perdu. Il faut noter que beaucoup de vallées aragonaises, Broto entre autres, ont réussi à avoir davantage de relations avec les vallées voisines françaises qu'avec leurs compatriotes du sud.
Serge Brunet, maître de conférences d'histoire moderne à l'université de Toulouse, dans son ouvrage sur les mutations des lies et passeries dans les Pyrénées rappelle le concept suivant
: «
Les Pyrénées constituent une sorte d'archétype (qui sert de modèle) de la frontière d'État».
Daniel Nordman, historien français qui a beaucoup publié sur les frontières de France, considère qu'au moment de la paix des Pyrénées (1659) elles représentent la limite la plus simple, à la fois «
géographique, topographique et linéaire». Les Pyrénées centrales ont d'ailleurs contribué de manière décisive à la définition de la notion de frontière. L'observation de ces montagnes et de leur ligne de crêtes accrédite le concept de «
frontière naturelle».
Serge Brunet, l'historien toulousain a longuement étudié les pactes de paix et la défense des privilèges commerciaux (XIIIe-XIVe siècle). Il précise en préambule de son ouvrage, le développement suivant
: «
À l'origine, les contrats passés entre les montagnards ne sont guère que des «paix», dans la dynamique des mouvements de paix et de trêve de Dieu nés dans le Midi occitan. Ainsi, l'expression «lies et passeries» est parfois remplacée par «carta de patz», ou par le vocable «patzeries», toujours à partir du mot «patz» (paix). Le mot «passeries», homophone (même prononciation) du précédent, n'exprime cependant que le passage. Il doit donc être complété par le terme «lies», qui indique le lien scellé par le serment, le contrat et donc, là encore, la «paix».
Henri Cavaillès, l'enseignant palois, donne d'autres explications. Pour lui, l'expression «lies et passeries» met en évidence les deux aspects des traités, c'est-à-dire l'alliance (lies) et la paix (passeries), l'expression étant la francisation de l'occitan ligas (de ligar: lier) e patzerias (de patz: paix). L'idée de paix est essentielle et il est significatif que, parfois, le traité soit nommé carta de patz (charte de paix). En outre, le mot patzeria est à mettre en relation avec les termes catalans paeria et paer ; paer semble provenir de paciarii qui désignait les membres des anciennes assemblées de paix et trêve ; la paeria, institution de gouvernement municipal apparue dès le XIIIe siècle, était l'assemblée des paers. Les documents en français ou en catalan ne parlent que de «passeries» ou «espasseries» et ceux en espagnol de pacerías. Le mot français «passeries» peut aussi bien être formé sur le verbe «passer» et signifierait alors «droit de passage», sans aucune référence à la paix. L'espagnol pacerías, absent du dictionnaire de la langue espagnole de la Real Academia, pourrait venir, pour sa part, du verbe pacer (paître) en laissant de côté, lui aussi, l'idée de paix. Mettant un terme aux exactions féodales, aux violences pour la possession ou l'usage des estives, ces accords instauraient un retour aux bonnes relations de voisinage, en fixant les bornes des finages (étendue d'un territoire communal), la gestion des pâturages, en s'évertuant à interdire le droit de marque, à contrôler la pignore (en droit occitan: prendre des gages sur un contrevenant pour garantir le paiement d'une amende). Ces garanties étaient essentielles pour des populations pastorales contraintes aux transhumances du bétail.
Enfin, il est important de dire que ces traités permettaient aux frontaliers d'échanger librement en dehors de tous les accords et textes royaux. Ce qui leur donnait une certaine indépendance. Pour comprendre la présence ancienne espagnole sur les terres bigourdane et parfois les confusions qui pouvaient en découler, il faut savoir qu'au début du Xième siècle, les hautes vallées étaient sous la coupe du Comte de Bigorre qui lui-même était vassal du roi d'Aragon. Peut-être peut-on voir dans cette notion d'indépendance, une des facettes du caractère initial des Toys, favorisé par une topographie et des accès difficiles favorisant ce trait de caractère.
Chronologie des Lies et Passeries depuis la création
La première date qui apparaît souvent dans la littérature est celle de 1319.
Dans le Tome 2 des Annales des Sept Vallées du Labéda, Jean Bourdette (1818-1911) communique au sujet de la date de 1319, que beaucoup utilisent comme date d'un premier accord entre la vallée de Barèges et Broto. La mise au point de Bourdette, intitulée Barégeois contre Brotois (p. 45) est des plus précises. Elle est rapportée ci-dessous fidèlement, avec l'orthographe et la syntaxe du début du XXème siècle: «Pour se rendre raison des querelles séculaires, quelques explications deviennent nécessaires. On sait que la vallée de Barège, au-dessus de Gabarnie, est séparée par les montagnes de Pouéy-Aspé et d'Aoussoúo, et qu'elle y communique par le passage que ces deux montagnes laissent entre elles, passage que nous appelons aujourd'hui Port de Gabarnie ou de Boucharo, et que nos anciens nommaient préférablement Cot déràs Pèyras de Sén-Martî. Les hautes montagnes assises entre le Labédâ et l'Aragon, sont comme une barrière qui sépare la France d'avec l'Espagne ; et aujourd'hui nous considérons comme étant aux Espagnols, les pentes et versans (en labedanais aygabès) dont les eaux coulent vers l'Espagne et vont grossir le fleuve de l'Èbre ; et comme étant aux Français, les pentes et versans dont les eaux coulent vers la France, et se réunissent toutes à celles du Grand Gave. La vraie ligne de cette séparation c'est la ligne même des crêtes des hautes montagnes, et s'appelle ligne de partage des eaux, parce qu'en effet toutes les eaux coulent les unes d'un côté, les autres de l'autre de cette ligne. Ajoutons que selon une loi naturelle, l'un des versants des Pirénées, le versans Français, est en pente plus ou moins douce, et propre à retenir les terres et à se couvrir d'herbes, et par suite riche et abondant en pâturages ; tandis que le versant opposé, le versant espagnol, est raide et abrupt, et par suite plus ou moins aride et dépourvu de pâturages. Or, les paysans aragonais semblent n'avoir jamais eu égard à cette barrière de séparation que la Nature elle-même avait mise entre leur pays et celui du Labédâ. Membres de la famille pirénéenne, ils considéraient les Bigourdans, qui leur avait donné leurs premiers Rois, comme des frères, et les montagnes des deux versans comme un pays commun. C'est ainsi que les pasteurs de Brotou, franchissant le port de Gavarnie, envahissant le versant français et conduisaient leurs troupeaux jusqu'à Gabarnie et dans la vallée d'Oussouo, voisine de Gabarnie».
En fait Bourdette nous conte plus loin que les frères ne s'entendaient pas si bien que cela. En effet, il ajoute: «Cet envahissement, qui se répétait chaque année, causait d'incessantes querelles, et comme en ces temps-là les Brotois étaient les plus nombreux, ils profitaient de cet avantage pour piller les Barégeois, descendant jusqu'à Gèdre et même jusqu'à Lus. Vers 1319 donc, une de leurs courses causa tant d'irritation, que les Barégeois aidés des Labédanais, et ayant à leur tête le Sénéchal de Bigorre, non contens de les avoir repoussés vigoureusement jusqu'aux rochers de Saint-Martin, les poursuivirent encore dans leur Vallée jusqu'au bourg de Brotou, et en tuèrent un grand nombre. Même le Sénéchal de Bigorre fut tué dans un des combats qui leur furent livrés. (Mauran p.10) Les Brotois vaincus demandèrent la paix, qui leur fut accordée on ne sait à quelles conditions. Mais elle ne dura pas, et les mêmes causes engendrèrent de nouvelles querelles. Suivant Davézac-Macaya, la première Carta de Pats entre Barégeois et Brotois remonteraient à cette affaire et aurait été signée près de Gabarnie. (Essais, T.II, p.76). C'est une erreur, le premier traité écrit, conclu entre ces montagnards, est postérieur à 1319 et date de l'an 1390. Mauran ne nomme pas le Sénéchal qui fut tué dans le val de Brotou. Ce fut probablement Pèy-Ramoun de Rabasténs».
«En 1356, la maison des Hospitaliers de Gavarnie possédait de nombreux troupeaux qui paissaient avec les troupeaux de la vallée de Barèges et d'autres troupeaux venant d'Espagne. Ce grand nombre de brebis tondait l'herbe que les Barégeois auraient voulu pour leurs troupeaux, nombreux aussi. D'autant plus qu'un grand nombre de pâturages, et non des moindres, étaient affermés aux espagnols pour subvenir aux besoins de la vallée. Les représentants des syndics soutenaient que les Hospitaliers n'avaient aucun droit de mettre leur bétail sur les montagnes qui étaient la propriété exclusive des habitants de la vallée de Barèges, depuis que Charles Comte de Bigorre (plus tard Charles IV le Bel) avait affiévé (accord conclu par un acte) en 1319, moyennant une redevance annuelle. Un procès eut lieu à Luz». Nous avons vu que la date de cet accord était contestée.
C'est la raison pour laquelle, en 1381, Aymeric de Comminges et Pierre IV d'Aragon confirment les «paus antiques» (paix anciennes). Trois ans plus tard, les vallées de Bielsa et de Barèges s'accordent de leur côté pour une paix de «101 ans».
1384 - Les lies et passeries des Pyrénées ont été produites par des communautés montagnardes soumises à une économie pastorale. Leur transformation accompagne la genèse de la frontière. Malgré les rivalités, le Pyrénéen a pu survivre et maintenir son activité, au cours des siècles, grâce aux relations qu'il entretenait avec ses voisins de l'autre côté de la crête, en particulier pour le partage des pâturages de montagne et pour le commerce. Cette nécessité a donné lieu, entre vallées, à des accords que l'on connaît donc sous le nom de «lies et passeries» et a créé une obligatoire solidarité entre les montagnards de part et d'autre de la chaîne.
En 1910, Henri Cavaillès tenta de faire la synthèse de ce qui se savait à son époque des lies et passeries et de leur origine. Il observait deux choses importantes. D'abord, il précisait que les textes d'accords les plus anciens que nous possédons entre vallées de part et d'autre des Pyrénées datent du XIVe siècle: 1314 (Saint-Savin en Bigorre-Panticosa en Aragon) ; 1328 (Ossau en Béarn-Tena en Aragon) ; 1384 (Barèges en Bigorre-Bielsa) ; 1390 (Barèges-Broto).
À part ces territoires unis, à l'intérieur desquels une vallée du nord peut signer indépendamment un autre accord avec une vallée du sud, il existait des relations établies entre d'autres vallées. À partir de la bibliographie et de la documentation, nous avons pu établir la liste suivante: Barèges (Bigorre)-Tena ; Barèges-Broto (Aragon) ; Barèges-Bielsa (Aragon) ; Lavedan-Panticosa et Broto.
La transhumance d'été, ou amontanhatge dans les zones occitanes, s'explique par le manque de fourrage dans les vallées inférieures pendant l'été, de sorte que les troupeaux devaient être conduits dans les montagnes, dans des endroits souvent situés à la limite des deux royaumes, limite que les animaux ne savaient distinguer.
Le commerce à travers la frontière terrestre entre les royaumes de France et d'Espagne pouvait représenter une part notable du commerce entre les deux pays.
Dans le sens Espagne-France, la trilogie sel (nécessaire aux bergers), huile et laine apparaît presque partout. Vers la France entraient aussi, par la vallée de Broto, quelques objets manufacturés de la vie quotidienne, comme les peignes ou les bas.
Dans le sens France-Espagne, les produits étaient plus divers. À tous les passages, nous trouvons du bétail sur pied (porcs, ovins surtout) qui alimentait les boucheries des grandes villes comme Broto, passe aussi de la charcuterie. Par Broto entrent en Espagne des produits textiles, comme par exemple les toiles de lin, et en cuir (chaussures de cuir, etc.). Les objets de mercerie (rubans, fils, aiguilles), quincaillerie et outils divers (couteaux, clous, pelles, clochettes, crochets, récipients) se trouvent à Broto. Avant de terminer ce panorama, notons l'entrée de tabac par Broto, de beurre, l'hiver, et de fromage, l'été.
Annie Brives, historienne et passionnée des Pyrénées, explique ces transactions par le fait que l'Aragon, qui élève surtout des brebis, ne produit pas des quantités suffisantes de produits laitiers.(Pyrénées sans frontière)
En 1390, Jean 1er d'Aragon est au pouvoir de l'autre côté de la ligne de partage. Jean de Béarn, sénéchal de Bigorre, pour le roi d'Angleterre, châtelain de Lourdes, céda aux Brotois, de l'autre côté de la frontière, par une sentence arbitrale la jouissance pour cent un ans les estives d'Ossoue, près de Gavarnie, la nue-propriété restant au seigneur. Ce traité modifia les accords de 1319, passés par les locaux entre eux, de sorte qu'à partir de cette date les pasteurs de Broto profitèrent pleinement des pâturages d'Ossoue. Ce traité prévoyait que les procureurs des deux vallées se réuniront une fois par an en l'Hôpital de Gavarnie, le jour de la Sainte-Madeleine, pour régler les conflits et perpétuer la paix.
Jean-François Le Nail, bien connu des Archives des Hautes-Pyrénées, auteur de nombreux ouvrages, rapporte que les passeries entre les vallées de Barèges et de Broto (Aragon) se confirmaient, tous les ans, le 22 juillet, jour de la Sainte-Madeleine, en un lieu neutre appelé la Prada, qui sépare leurs terres, près l'hôpital de Gavarnie. Il s'en suivait une cérémonie dans l'église Saint-Jean de Gavarnie.
La journée commençait par une messe, dite par le vicaire de Gavarnie, qui recevait ensuite les serments de maintenir la paix de la part des députés des vallées. Ceux de Barèges sont, tous les ans, de quatre à sept, et Broto est représenté par huit personnes auxquelles s'ajoute le Justicia (officier de justice) à partir de 1587. L'analyse des personnes présentes met en évidence que ce sont des notables, c'est-à-dire des chefs de maisons importantes, des petits nobles (infanzones), des notaires, etc., impliqués dans le commerce transfrontalier et propriétaires de troupeaux pour lesquels les conventions garantissaient l'activité économique. À ces syndics s'ajoutaient généralement deux témoins de chaque côté, eux aussi notables locaux. Ensuite, le «tribunal» de la passerie se réunissait pour juger les affaires, assez peu nombreuses puisqu'il n'y en a que 65 entre 1580 et 1589.
Jean Bourdette, au sujet de 1390 précise: «Il y avait eu, dit Mauran, de longues guerres entre les habitans des deux vallées. Les anciens baux à fief du Comte Centot en parlent car ils sont fondés sur les dommages soufferts par l'incursion des Aragonais. La sentence fut prononcée le samedi 2ème jour de juillet en l'an 1390, dont acte fut retenu par les deux notaires Me Ramoun du Mat de Préchac, en Dabant-Ayga et Guilhèm Torres, de Torla en Vallée de Broto. Les parties furent si bien réglées à leur contentement, que depuis en ça, par l'espace de 224 ans, ils ont toujours renouvelé, d'an en an, l'acquiescement baillé à la dite Sentence».
Cette appréciation louangeuse écrite en 1614 par Guillaume Mauran, Avocat à la Cour du Sénéchal de Bigorre, a d'autant plus de poids qu'il connaissait parfaitement la Vallée de Barège». Bourdette livre ensuite une analyse de cette importante Sentence
: «
Entre noble et puissant Seigneur Jean de Béarn, Chevalier, Seigneur de Castèt-Gélous, Sénéchal de Bigorre et Capitaine de Lourde pour «notre Seigneur le roi d'Angleterre et de France» (ainsi parle la Sentence) et les Bézis des Vallées de Barège, les tous représentés par Perroti de Gélos, Donzel et Me Jean de Cantét, juriste, leurs procureurs syndics d'une part ; et la Vallée de Broto, représentés par Miguel Garcio et Pèdro Nadal, ses procureurs-syndics d'autre part. Il est créé une Police des Pâturages précisant que chaque partie pourra faire passer ses bestiaux par les ports et chemins de l'autre, mais si un troupeau de vaches va paître dans les terres de l'autre, il payera une amende en sols mourlàs. Ce fut le premier de ces traités dits Passeries, Pacheries, Concordes, entre les Vallées de ces deux versans piirénéens, et il a servi de modèle à tous ceux qui intervinrent depuis. Les documents du temps de Jean de Béarn qui sont parvenus jusqu'à nous, nous le montrent comme le protecteur des Montagnards et le pacificateur de leurs querelles».
Toutes ces garanties prises, n'empêchent pas le retour des troubles à la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453), même si ceux-ci semblent moins intenses que dans la partie occidentale de la chaîne.
Les accords d'une durée de 101 ans, prévus entre les vallées de Barèges et de Broto par la sentence de 1390, expirèrent donc en 1491 et ne furent pas renouvelés. Cependant ils continuèrent d'être respectés pendant encore quelques années.
Sources: Serge Brunet: «Les mutations des lies et passeries des Pyrénées, du XIVe au XVIIIe siècle». Annales du midi T114 (2002) - Patrice Poujade: «Le voisin et le migrant, hommes et circulation dans les Pyrénées modernes», Presses Universitaires de Rennes (2011) - Henri Cavaillès, «La vie pastorale et agricole dans les Pyrénées des Gaves, de l'Adour et des Nestes» (1931) - Bernard Druène: «Les lies et passeries, spécialement pendant la guerre de succession d'Espagne» (1986) - Annie Brivès: «Pyrénées sans frontière», Cairn (2012) - Site aragonais: patrimonio@sobrarbe.com - Le site des patrimoines de pays des vallées des gaves: «Sept quartiers de la montagne d'Ossoue par Robert Darrieumerlou» (2014) - JF.Le Nail: «L'exécution des accords patzerias entre les vallées de Barège et de Broto» - JF.Le Nail: «Finances et vies collectives en vallée de Barège au XVIIe siècle» (1983) - JF Le Nail: «Ventes annuelles de pâturages en vallée de Barège au XVe siècle». (2003) - Jean Bourdette: «Annales des Sept-Vallées du Labéda», TII (1898)
Dans notre prochain numéro de Juin 2023, nous présenterons la suite historique des accords des «Lies et Passeries» pour la période 1491 à 2023.