
SANTÉ EN PAYS TOY
DOSSIER
La médecine en pays toy
par Maurice PÉLÉGRY
L'arrivée de professionnels de santé à Barèges comme à Luz-Saint-Sauveur est d'abord liée aux deux établissements thermaux, sachant que les différentes archives consultées répertorient des médecins à Barèges bien avant ceux qui s'installeront à Luz-SaintSauveur. Le séjour de 1675, avec l'arrivée de Madame de Maintenon et du duc du Maine, renouvelés en 1677 et 1681, donna le départ des années médicales de Barèges.
Alors que pour Saint-Sauveur, c'est l'année 1859 qui délivrera ses lettres de noblesses à la station thermale, à l'occasion du séjour du couple impérial Napoléon III et Eugénie de Montijo qui projeta la construction de somptueux édifices et dota le quartier d'un patrimoine inestimable. En 1675, il n'y avait pas encore de médecin à Barèges, mais on s'assura les services de maître Jean Moulaüs, apothicaire-juré à Bagnères.
1714: un poste médical est créé sur place. L'intendant Legendre nomme alors le chirurgien Dasson, qui a servi dans les armées d'Italie, Directeur des Bains. Il est le premier médecin à exercer à Barèges. Après 1730, la route par les gorges de Pierrefitte est édifiée au prix d'un exploit technologique important sous la conduite de l'ingénieur Polard. Un premier hôpital est édifié entre 1732 et 1734, rare réalisation thermale d'importance dans les Pyrénées à cette époque. Barèges accueille un intendant des eaux en 1754 qui va lui redonner un nouveau souffle, en la personne d'Antoine de Bordeu, médecin actif dans la station depuis 1730. Initié par Antoine le père, puis poursuivi par ses deux fils, Théophile et François, le Journal de Barèges est rédigé entre 1749 et 1759. Il rassemble plus de mille observations cliniques sur les malades venus en cure à Barèges. Au début du XIXe siècle, la cohabitation s'organise laborieusement entre civils et militaires.
Le 14 mai 1833, un règlement promulgué par le préfet constate les droits de l'État et organise un partage de l'eau entre civils et militaires.
Au début du Second Empire (1852-1870), trois établissements importants sont édifiés en moins de 15 ans: un hospice civil, construit de 1849 à 1856, un grand établissement thermal, bâti entre 1861 et 1864 et un hôpital militaire qui voit le jour entre 1860 et 1868. Le voyage de Napoléon III dans les Pyrénées en 1859 le conduit à Barèges. Il ordonne la reconstruction de l'hôpital en même temps qu'il prescrit d'importantes mesures de défense contre les avalanches.
En 1876, l'exploitation des eaux de Barèges et de SaintSauveur a été concédée à une compagnie pour une durée de 50 ans.
Au début de la guerre, l'hôpital militaire de Barèges est utilisé comme établissement hospitalier ordinaire non spécialisé, mais il est rendu à sa fonction thermale en 1915. Les baigneurs civils reviennent à partir de 1916. La Compagnie fermière qui administrait les thermes dénonce son bail en 1919. L'administration militaire et le Syndicat de la Vallée se trouvent à nouveau en prise directe et n'arrivent pas à négocier une nouvelle convention celle de 1845 étant obsolète. Elle n'est plus adaptée aux mœurs et à l'hygiène. La section de Barèges de la commune de Barèges-Betpouey est érigée en station hydrominérale et climatique par décret du 13 avril 1919. La commune compte alors 250 habitants et reçoit de 3 000 à 4 000 curistes par saison.
L'hôpital militaire ferme en 1960. Au même endroit, le centre d'entraînement à la montagne est créé (CEM). En 2009, les thermes sont agrandis et un espace ludique fonctionnant à l'année est aménagé.
Le village est à nouveau touché par une crue ravageuse du Bastan en 2013.
Les premiers annuaires répertorient un cabinet médical à Luz en 1884. Il s'agit du Dr Laffount. Comme beaucoup de ses confrères, il officiait aussi aux thermes, soit de Barèges soit de Saint-Sauveur. Voici la liste des médecins ayant exercé à Barèges et à Luz-Saint-Sauveur.
Barèges
De 1884 à 1914, les médecins civils thermaux de Barèges étaient:
Drs Letourneau (inspecteur Paris.1884-1885), Grimaud (Paris.1884-1900), Laffount (Luz.1884-1886), Vergez (professeur agrégé à Montpellier (1884-1886), Artigalas de Bordeaux (1885-1886), Bétous (1989-1912), Vergès-Carrère (1989), Vergès-Sarrat (1890-1891), Bouyer (1894-1900), Fachengues G. (1900), Vergez-Bellou (1900), Barbaud (1905), Druene (1905), Gorsse (1905-1913), Laroche (1909-1910), Cluzel (1914), Mendoul, professeur agrégé de Bordeaux (1914), Molinery (1914)
Cabinet privé, uniquement au bourg de Barèges: Fachengues G. (1905-1911)
En 1905, les médecins militaires répertoriés sont: De Santi, médecin principal (Toulouse.1905), Godin médecin major (Tarbes.1905), Batut major (Tarbes.1905), Humbert (1905) et Jalade, pharmacien major (Toulouse.1905), puis, GourrutRaynon, pharmacien (1914)
De 1895 à 1897, le Conseil d'administration des Thermes de Barèges était composé de la façon suivante: Le président était Mr. Despaux, négociant à Tarbes. L'administrateur délégué était Mr.Lalaque, entrepreneur de travaix publics à Soulom. Mr. Henri Fournou était directeur des établissements thermaux de Barèges et de Saint-Sauveur. Les membres étaient: Bordenave, médecin à Cauterets, Duplan médecin à Tarbes et Latapie, pharmacien à Cauterets.
De 1898 à 1914: le président est M. Despaux, président de la Chambre de commerce de Tarbes. Les administrateurs sont: Mrs Gabriel Cabanoux et Jean-Marie Cénac, tous deux négociants à Tarbes. Le directeur de l'établissement de Barèges est: M. Tristant, capitaine en retraite de Tarbes.
Luz-Saint-Sauveur
En ce qui concerne l'établissement de Saint-Sauveur, de 1884 à 1914, les médecins thermaux étaient: Drs. Caulet (inspecteur Paris.1884-1900), Blondin (Paris.1884-1886), Moriac (Bordeaux.1884-1886), Laffount (Luz.1884-1891), Sabail (Tarbes.1886-1914), Druene (Luz.1895-1905), Germa (1905), Macrez (Paris.1905-1914), Péré (1909-1911), Mont-Refet (Toulouse.1910-1912)
Les Cabinets médicaux de médecins civils
Luz: Laffount (1884-1893), Vergès-Sarrat (1891-1893), Carrière (1893-1900), Sabail (1895-1914), Druenne (1895-1905), Péré (1909-1914). Les annuaires professionnels répertorient un médecin exerçant à Esquièze-Sère: Vergez-Bellou (18981900) et même un à Gavarnie durant deux saisons: Marque (1912-1913)