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Plaidoyer pour le Funiculaire de Barèges modifier

par Maurice PÉLÉGRY

«Construire peut être le fruit d'un travail long et acharné. Détruire peut être l'œuvre d'une seule journée» On pourrait ajouter de quelques décisions. Mais bien souvent on s'efforce de détruire ce que l'on ne peut comprendre. Au nom de l'obsolescence, s'appuyant derrière de faux prétextes comme le fait d'être devenu périmé, déprécié et même dépassé, en raison des jugements irrévocables de certains qui se prétendent décideurs, le courageux Funiculaire de Barèges a mis sa carrière en sommeil, en l'an 2000 chiffres de son altitude, après avoir ravi des adeptes convaincus et reconnaissants pendant plus de soixante ans. Il laisse une histoire, celle de Barèges et du ski pyrénéen.
Nous sommes à Barèges en 1921, il y a tout juste 100 ans. Des passionnés grimpent à pied les pentes enneigées de leur vallée pour s'offrir quelques minutes de glisse, juchés sur des skis en bois de deux mètres de long, équipés de grosses chaussures en cuir qui prennent l'eau. Au début, ce sont surtout des militaires de l'hôpital qui avaient fondé l'école de ski militaire. Les témoignages évoquent une époque extraordinaire vécue par des aventuriers, des visionnaires, des bâtisseurs et même des «fous». C'était le début d'une aventure humaine…une formidable aventure humaine. Ces hommes projetaient de réaliser des prouesses et des travaux gigantesques pour l'époque. Dans ce contexte, quelques années plus tard, le Funiculaire de Barèges fut un véritable accélérateur et un témoin privilégié d'une bien belle époque. Cette belle machine fut également le lien indissociable entre les réalisations hydroélectriques de l'EDF, les redoutables pistes de l'Ayré et le non moins renommé Club de ski de l'Avalanche. Grâce à son Funiculaire, Barèges proposa au monde naissant du ski, la première remontée mécanique des Pyrénées. À cet égard, il mérite bien un «devoir de mémoire»

Urbain CAZAUX, «le Pyrénéen intégral»
Avant tout le monde, un homme, hors du commun avait pressenti le profond changement qui s'annonçait. Urbain CAZAUX (1899-1979) enfant du pays Toy et instituteur à Barèges démissionna pour s'occuper exclusivement du développement de «sa» station. En complément de la saison thermale dont les eaux faisaient déjà la réputation de ses thermes une partie de l'année, il comprit très vite que la neige, après avoir été si longtemps un obstacle à la vie normale des habitants, allait devenir une formidable source de complément et de mutation.
Ayant regroupé autour de lui toutes les bonnes volontés locales, il a réussi en peu de temps, à doter Barèges d'un Funiculaire de 750 mètres de longueur. Cet engin hors du commun pour l'époque, inauguré en 1936, dessert dans un premier temps le plateau du Lienz et un premier tremplin de saut qui était un des plus beaux de l'époque. Barèges était alors un hameau de Betpouey appelé Bains de Labatsus. En 1946, il obtenait la création d'une commune à part entière. Il en devint maire et le restera jusqu'à sa mort. C'est sous son impulsion et en s'appuyant sur les retombées des chantiers EDF, que la commune s'équipa pour le ski et devint l'une des principales stations de sports d'hiver des Pyrénées.
Cette merveilleuse histoire commence en 1924. Avec le bon docteur FOURMENT, il créa le club de ski Barégeois de «l'Avalanche». C'était le signe évident de la volonté des montagnards de prendre eux-mêmes en charge les sports d'hiver dans leur village. L'Avalanche, au nom fracassant, sera pendant de très longues années le fer de lance du ski pyrénéen. Marcellin BEROT dans son magnifique livre l'Épopée du ski aux Pyrénées, ajoute: «Quel toupet, quel culot, quelle arrogance de s'approprier le nom de la force dévastatrice, la puissance à laquelle rien ne résiste quand on vit en permanence sous la menace de la mort blanche! La douloureuse histoire de ce village de fond de vallée a donné naissance à l'un des chants les plus pathétiques du patrimoine culturel pyrénéen.»

Urbain CAZAUX était instituteur du village de montagne de Barèges. Les meilleurs skieurs de «l'Avalanche» deviennent successivement ses propres écoliers. De Barèges, il fait l'une des stations pyrénéennes les plus en vue. Qui plus est, le petit instituteur de montagne deviendra par la suite Président de la renommée Fédération Française de Ski au moment le plus glorieux de son histoire.
Très tôt, Barèges eut la chance de posséder «un Funiculaire» et grâce à lui des locomotives allaient se distinguer. Elles ont pour nom, Bernard BÂA, les frères René et Walter JEANDEL, François VIGNOLE, et plus tard Henri CAZAUX, Pierrot MARCOU, Annie FAMOSE, Christian RICARD et Jean-Claude PALERME. Le palmarès laissé par tous ces sociétaires de l'Avalanche est tout simplement incroyable.
Après 40 ans de succès des skieurs de l'Avalanche de Barèges, le numéro spécial du Ski Français de 1971, consacra un magnifique dossier spécial à la station de Barèges: «la station qui a une âme. Il ne faut pas s'étonner de la singularité du nom qui fut donné au club de Barèges: l'Avalanche. Dans l'esprit des fondateurs, ce nom évoque une force irrésistible, indomptable, et ceux qui en sont membres doivent se sentir eux-mêmes imprégnés de l'énergie qui fait d'eux des adversaires redoutés» avant de conclure: «Montagnes Pyrénées, vous êtes mes amours...»

Construction du Funiculaire
Dès 1924, un premier projet fut pensé pour relier Barèges au plateau du Lienz, mais aussi pour rivaliser avec le petit train à crémaillère de Bagnères de Luchon. D'importantes archives ont été minutieusement regroupées par l'association Funitoy. Le site remontées-mécaniques.net propose un dossier complet sur cette construction innovante. Tous les nostalgiques et les passionnés de technique retrouveront à cette adresse les détails de la construction et de remarquables photos.
L'année 1935 fut riche. Bien que n'étant pas moniteur, Urbain CAZAUX, créa la première école de ski de Barèges dont il fut le premier directeur. Fidèle de la première heure, Jean CAZAUX dit «Palu» pris le relais en 1939. Toujours en 1935, le visionnaire Urbain CAZAUX, créa la Société Anonyme pour l'Aménagement et l'Extension de Barèges (SAAEB). Cette société étudia la solution d'un funiculaire. Au départ, l'appareil fut construit avec des moyens limités, des récupérations de chantiers et une machinerie de fortune. La benne était essentiellement un simple plateau pouvant contenir jusqu'à cent personnes.

La première cabine fut produite par un menuisier local, le funiculaire prenait forme. La première ligne qui reliait la station au plateau du Lienz fut ouverte au public, le 25 février 1936. On peut imaginer l'admiration des premiers privilégiés qui ont pu participer à cette inauguration. Cette première cabine rudimentaire pouvait accueillir 35 personnes.
Au cours des années 1936-1953, l'histoire s'écrivit autour de la houille blanche. À la libération, les industries hydroélectriques sont nationalisées et le complexe EDF Pragnères/Cap de Long va devenir une réalité. Cette volonté d'électrification donna le coup d'envoi de la réalisation de chantiers hors-norme comme celui de «la cueillette de l'eau» autour du barrage de Cap de Long avec à terme la mise en service, en 1953, de la Centrale de Pragnères. Durant six mois de l'année, malgré toutes les difficultés comme le froid, la glace, le vent, les falaises, 600 ouvriers furent isolés du monde, où l'hiver seul les skieurs et quelques bennes de téléphérique pouvaient les alimenter. La prouesse reste totale. Je tiens de mon père, Lucien PÉLÉGRY, de nombreux récits extraordinaires. De retour de la guerre après avoir été prisonnier des Japonais dans la concession de Chine, il fut embauché à l'Industrielle de la Glère, comme comptable et responsable de la paye des ouvriers. Les hivers 1948 et 1949, chaque semaine, il descendait en ski jusqu'à Barèges, puis allait chercher l'argent à Luz-Saint-Sauveur. Il remontait ensuite à pied jusqu'à La Glère. De son côté, Urbain CAZAUX voit très vite dans ce gigantesque projet, une réelle opportunité pour Barèges. La négociation pour faire financer les travaux du deuxième tronçon du Funiculaire par EDF devient alors réaliste. Le second tronçon sera construit entre 1947 et 1949.
1949. Le prolongement de la ligne est effectif jusqu'à la gare de l'Ayré. D'autres hommes avaient commencé à marquer cette époque: Anton KNOEBEL, Président du ski Toy, juge de saut mais aussi agent EDF, et Marcel LAVEDAN, futur maire d'Esquièze-Sère, auteur d'un livre extraordinaire sur la vallée de Barèges. Ce dernier parcourait la région à la recherche de réserves d'eau et de sites pour construire une usine hydroélectrique. Pragnères sera alors retenu. Une grande complicité s'était établie bien avant, entre Urbain CAZAUX et l'ingénieur Marcel LAVEDAN qui dirigeait les études pour EDF. Né à Barèges, «Jeannot» ABADIE a bien connu cette époque. Il témoigne à 95 ans: «Le Funiculaire …quel engin extraordinaire et que de souvenirs. Je travaillais dans l'entreprise des frères JEANDEL. Ils sont arrivés militaires à Barèges puis ils sont restés, passionnés de ski et de saut. Avec eux nous avons construit l'hôtel de la Glère. Grâce au funiculaire, les matériaux montaient jusqu'au Lienz. Puis ils étaient acheminés jusqu'au chantier à dos de mulets. C'est comme cela que nous avons construit ce superbe bâtiment.»
Mon grand-père, Salvador NÉRIN (au milieu assis sur la voie), travaillait alors à l'EDF. Il participa à cet énorme chantier. Il fut pour moi, une source de témoignages très importante. Il était intarissable sur «son» Funiculaire. Tous ces hommes se relayèrent sur le chantier jusqu'en 1953. La négociation fut remarquable, puisque comme pour le premier tronçon, la seconde partie du Funiculaire de l'Ayré n'aura rien coûté à la toute jeune commune de Barèges. EDF en assumera toute la charge. Cet investissement pouvait sembler très important, mais il ne représentait pour la compagnie qu'une petite du plan global d'aménagement. La SAEB devient alors une régie communale. Si bien qu'à la fin du chantier, EDF cède le Funiculaire à la commune de Barèges. Le courageux «funi» commença alors sa noria de rotations qui allait durer près d'un demi-siècle.
Afin de pouvoir faire démarrer la première benne du matin, «Pierrot» ABADIE et toute sa petite famille logeaient en haut de la gare d'arrivée. Il fit fonctionner longtemps le Funiculaire. C'est une époque qui a marqué son fils aîné, Jean- Luc: «J'ai habité en haut de l'Ayré, de quelques mois à l'âge de 7 ans. C'était un tout petit appartement. Je descendais à l'école avec la première voiture, et quand le cabinier ne me voyait pas au départ de la fin de journée, il prévenait mon père qui m'envoyait le chien par la dernière benne. Cela est arrivé quelques fois, quand j'étais puni par l'institutrice, Madame ARNAL, qui se préoccupait peu de l'impératif horaire du dernier trajet de la journée. Quand cela se produisait, je remontais à pied avec le chien, le long de la voie. À l'arrivée, à la gare du haut la «rouste» était garantie. Quand nous habitions dans la gare du haut, il n'y avait pas le restaurant actuel et sa terrasse. Ma mère travaillait en haut, dans une petite buvette qui avait été aménagée sous la voie. On y accédait par un escalier en bois. L'Ayré, je connais par cœur. Celui qui faisait marcher le téléphérique vers la Glère, c'était BESSONAT. Au téléski du Lienz qui montait moins haut que celui actuel, il y avait Laurent BAYLE, l'ancien maire de Sers. La nacelle de la Piquette, c'était une autre figure, Joseph VIGNOLE, le frère de François. Il dormait dans la cabane de sa remontée. Tu sais le Funiculaire et l'Ayré ont marqué des générations entières.»

Que de noms, associés à cette histoire qui pendant des années ont fait fonctionner cette formidable machine. Jean Marie CRAMPE est l'un d'entre eux. On peut dire qu'il connaît bien le problème. En 32 ans passés à la régie de Barèges (1960-1992), il a connu Loulou CAZAUX, puis Messieurs PLANCHON, LATRILLE, BARZU, ROUZEAUD, tous directeurs successifs de la régie. Son frère Henri était chef pisteur. Il se souvient: «Après la dernière visite technique, il fallait remettre les installations aux nouvelles normes de sécurité. Pour une régie comme celle de Barèges, les travaux étaient trop importants, même si nous avions déjà commencé des reprises sur les massifs usagés. Je me souviens, pour que les premières bennes puissent partir, il nous fallait déneiger l'évitement, et ce n'était pas évident. Mais plutôt que de parler de son vécu, avec l'humilité et la gentillesse qui le caractérise, il préfère nous citer tous ses collègues qui ont travaillé avec lui. Surtout, tu n'en n'oublies pas, me dit-il et il cite sans hésiter: André de «Toutou» ANCLADE, Pierre CRAMPETTE, Albert PALERME, Jacques et Bernard ANNETTE, Laurent POEY, Auguste MIDAN, Omer FOURTINE, Pierrot ABADIE, PALASSET, «Pompidou» BAYLE, Joseph VIGNOLE, BRAVO et bien d'autres dont les noms s'effacent lentement des mémoires.»
Cette dernière visite technique, nombreux sont ceux qui l'ont aussi évoqué. La première question qui se pose est la suivante: a-t-on eu à l'époque une réelle volonté de remettre l'installation aux normes?
Le site de l'Ayré n'a ra pas uniquement des skieurs, mais également une clientèle de qualité. On s'o rait un grand bol d'air et d'évasion en rejoignant le sommet avec une montée en Funiculaire. Même le Docteur CAZAUX, tulaire indiscutable des thermes et de la médecine dans ce bourg prescrivait son ordonnance type. Il conseillait systéma quement à tous ses curistes de prendre le Funiculaire et d'aller muscler leurs alvéoles pulmonaires en haut de l'Ayré.
Décidément CAZAUX restera un patronyme attaché à la réussite de ce village. Au-dessus de la gare supérieure, un restaurant fut ouvert. C'était le «must» de la station, fréquenté par de nombreux adeptes du bouchon de champagne. Sur la terrasse, le paysage était grandiose. Un panorama saisissant à 360°. On pouvait contempler avec fierté le Pic du Midi, sans savoir que plus tard, il serait responsable de la lente agonie de ce géant.

«Louisou et Ricao»
Si on veut être complet sur l'histoire du Funiculaire, on se doit de rencontrer aussi Henri «Ricao» CAZAUX et «Louisou» BARZU, ce que j'ai fait lors d'une après-midi à Lourdes. Quel bonheur! Intarissables, dès que l'on évoque Barèges et le Funiculaire, le sourire apparaît et les pupilles se dilatent. Ce sont deux livres d'histoire. D'emblée le ton est sans appel: «Sans Funiculaire, il n'y aurait pas eu de Barèges!»
Louisou BARZU connaît parfaitement le problème, car en plus d'avoir piloté l'école de ski, il a été durant deux ans directeur de la régie. C'est d'ailleurs lui qui a proposé de laisser une trace formidable en baptisant chaque piste mythique du secteur Ayré avec un nom d'un champion titré barégeois. Ainsi, les lacets du Lienz sont devenus les lacets BÂA, premier Champion de France de l'Avalanche. Quand on descend l'Ayré, la piste la plus à droite, anciennement M est devenue la Walter JEANDEL. Cette piste rejoint l'axe principal en bas du pluviomètre. La variante du haut, celle qui comprend le schuss des dames est légitimement devenue la piste Annie FAMOSE. Cette piste rejoint l'ancienne V, en bas du médious qui porte dorénavant le nom de François VIGNOLE. Il reste l'ancienne S, la plus à gauche avant le mur du médious qui est la Ricao.
«Ricao» lui est allé chercher le titre national en slalom à Serre Chevalier: «C'est la rue de Barèges qui m'a appris le ski, j'avais trois ans. Ma première piste était derrière l'hôtel Hélios. Il y avait une sacrée équipe, et quelles descentes! Mon titre de Champion de France, c'était en 1950. Je courrais sous les couleurs de l'Avalanche, bien qu'entré en équipe de France en 1948. Je me souviens qu'Urbain CAZAUX était au pied de l'arrivée. C'est incroyable. Urbain était là partout où il fallait! Comme adversaires, je me souviens de Georges PANISSET, Désiré LACROIX, Henri OREILLER.»

En 1992 et 1993, Louisou BARZU était donc directeur de la régie. Les dernières réparations des cabines chez Mécamont à Arreau et l'entretien des massifs furent effectués lors de sa dernière année d'exercice. Il affirme que quand il a quitté la régie, le funiculaire était en état. D'ailleurs il a fonctionné sans encombre jusqu'en 2000. C'est Pierre BERNARD, venu de la SNCF qui lui succédera. En fait, comme toutes les installations mécaniques, l'an 2000 devait être l'année d'un contrôle technique. Jugé trop coûteux, trop désuet, et surtout sans y être obligés, il a été décidé d'arrêter l'exploitation du Funiculaire. Deux téléskis, du Lienz à l'étoile pourraient assurer une substitution cohérente!

Un autre homme exceptionnel porta la renommée de Barèges, bien au-delà des prés familiaux. François VIGNOLE quitta sa station pour Saint-Lary. Il se construisit une deuxième vie. Il fut à l'origine de la découverte d'Isabelle MIR qu'il entraîna jusqu'à la médaille d'argent obtenue en descente aux Jeux de Grenoble, en 1968. Pour mieux comprendre l'impact que pouvait avoir ce grand champion, j'ai rencontré Isabelle MIR pour lui demander son avis: «François a été mon premier entraîneur. C'est celui qui m'a appris la ligne droite. Il m'a fait aimer la descente. Il avait un style et une élégance rares. Pour l'époque sa technique était très en avance sur son temps. Il skiait jambes serrées malgré son handicap physique, il aimait aller vite et les grands virages, toujours au plus court. Par son enthousiasme, il savait aussi transmettre.»
Elle poursuit: «Si j'ai aimé la descente et si j'ai gagné deux globes de Coupe du Monde en descente, ce n'est pas un hasard. François, sur des pistes pentues, pour bien apprendre à me relancer, il m'a fait faire des festons durant des heures.» Quel souvenir gardes-tu de Barèges? Sa réponse est un véritable cri du cœur: «Tout d'abord Barèges, c'est son funiculaire, une machine extraordinaire. C'est ce que l'on faisait de mieux à l'époque. Ce serait un crime que de le démolir. Il suffit de l'actualiser sur le plan technique. C'est un matériel non-polluant. Il nous permettait d'accéder à des pistes typiques de nos montagnes: raides, techniques, bosselées, pas faciles, avec des neiges d'influence sud, souvent gelées. Ceux qui ont eu l'opportunité de grimper en haut de l'Ayré savent ce que je veux dire. Grâce à cet accès, Barèges a sûrement contribué à notre perfectionnement de skieur. C'est l'époque où 4 Pyrénéennes étaient membres de l'équipe de France de ski!»

Trois autres Champions de France à Barèges témoignent
Annie FAMOSE: «Barèges c'est plus de 15 ans de ma vie. On a coutume de dire qu'un enfant se construit les premières années de sa vie, et sans Barèges je n'aurai pas fait tout ce que j'ai réalisé par la suite. Tout est parti du Funiculaire, de ces pistes difficiles où je m'efforçais de suivre des garçons qui skiaient bien. J'étais toute jeune et je dévalais l'Ayré avec mes frères Jean-Pierre et François. François VIGNOLE, Bernard CAZAUX, «Pierrot» MARCOU,
Germain BORDE ou Louisou BARZU m'amenaient régulièrement avec eux. Le Funiculaire était la remontée la plus importante.
Je ne sais pas combien de fois j'ai pu monter dans ces cabines et je pense pouvoir dire que je connais l'Ayré par cœur. Barèges c'est loin, mais à chaque fois que j'en parle, tous les souvenirs reviennent. Mes parents m'avaient inscrit toute jeune au ski club de l'Avalanche, parce que c'était le club de ski des Pyrénées. J'avais 12 ans et j'y suis restée jusqu'en 1972. Le président était Urbain Cazaux. On logeait dans une petite pension pas loin du funiculaire, dans le haut du village. Le soir on dévalait le bas des lacets du Lienz en luge, sur une neige gelée. Ces descentes étaient extraordinaires. Peut-être est-ce là que j'ai appris à aimer la vitesse. Le village était animé. Il y avait trois cafés, celui de MARCOU, celui chez NÉRIN et celui de Jean CAZAUX qui avait un des premiers baby-foot. À côté de nous, il y avait souvent Urbain CAZAUX, Laurent HONTA, Laurent LAPEYRE, Didi LONS et Jean CAZAUX qui faisaient des parties de carte acharnées et bruyantes. Quand la station m'a fait l'honneur de baptiser une piste de l'Ayré à mon nom, gage d'une reconnaissance fidèle, j'étais présente à l'inauguration de la stèle au Lienz. Après la cérémonie, nous avons participé à un déjeuner chez Louisette comme nous n'en faisons plus, à table de midi à 18 heures. C'était extraordinaire. Tout le monde riait, chantait surtout. Quelle ambiance! Comment oublier ces moments. Comment oublier Barèges, son Funiculaire, le Lienz et les pistes de l'Ayré? C'est impossible. Ce n'est pas par hasard que Urbain CAZAUX était Président de la Fédération Française de ski.
Grâce à Barèges, je suis arrivée aguerrie en équipe de France. Avec Marielle GOITSCHEL nous étions les plus jeunes. Puis Isabelle MIR et les sœurs LAFFORGUE sont arrivées par la suite. C'était les Pyrénées contre le reste du monde
»
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Quel hommage! La suite figure dans les annales. Annie FAMOSE a été entre autres, en 1968 double médaillée aux Jeux Olympiques de Grenoble, 6 médailles en Championnats du Monde, vainqueur de la Coupe du Monde de slalom en 1967, 2 victoires en Coupe du Monde, 6 fois Championne de France, et un nombre considérable de podiums. En 1963 (photo ci-contre), Urbain CAZAUX remet à Pau, la légion d'honneur à Annie FAMOSE.

Léo LACROIX
Du haut de ses 84 printemps, dès qu'on lui demande de parler de Barèges, la mémoire est intacte et les témoignages affluent: «En 1959, j'ai été sélectionné dans l'équipe de ski alpin du Jura pour participer aux championnats de France à Barèges. Il y avait la superbe équipe des Jeux Olympiques de Squaw Valley de 1960: Jean VUARNET, Charles BOZON, François BONLIEU, Guy PERILLAT, Adrien DUVILLARD.

Après ce championnat, je suis rentré en équipe de France en 1960, et je n'ai plus quitté notre entraîneur Honoré BONNET, que j'avais côtoyé en équipe de France militaire. Je suis revenu à Barèges, pour les Championnats de France de 1963. J'ai gagné cette année-là dans les Pyrénées la descente et le slalom.

C'est un sacré souvenir car à Barèges j'ai eu mon premier titre de champion de France de descente. Le Funiculaire était un engin extraordinaire. Il nous déposait à la gare du haut et nous montions à pied jusqu'au départ de la course en haut des murettes. L'Ayré, quelle piste, très belle, très technique et je peux te dire que ça allait vite. Barèges c'est toute une histoire. Le président de la FFS était Urbain CAZAUX (1948-1965). C'était un sacré Monsieur. Pour encadrer l'équipe de France de ski, il voulait absolument que ce soit Honoré BONNET. Mais problème, Monsieur BONNET était militaire en poste à l'École Militaire de Haute Montagne de Chamonix. Monsieur CAZAUX avait été directement négocier avec le Président De GAULLE pour qu'il puisse être libéré de l'armée et prendre en charge l'équipe de France avec les résultats que l'on connaît. Quand j'ai gagné à Barèges, je me souviens aussi de Jean BOBET, frère de Louison, journaliste reporter de l'Equipe. Il savait que je jouais du saxophone et Pierrot STAMOS de la guitare. Il est allé dénicher ces deux instruments au Casino de Barèges, et sur la place, vers 17h, on a joué en direct sur France Inter et RTL, la leçon de twist. Quel souvenir! Enfin je tiens à te dire que les Funiculaires resteront à jamais liés au ski. À l'époque, pour pratiquer notre sport, il n'y avait des Funiculaires qu'en Suisse et à Barèges. Ce dernier d'ailleurs me rappelle un peu celui de Wengen, en Suisse, qui fonctionne toujours. Il continue à monter les coureurs au sommet de la descente du fameux Lauberhorn, la piste de descente la plus longue au monde, 4500 m pour 2 minutes 30 de descente.
»

Monsieur Léo, grand champion est passionnant. Il m'a parlé de Barèges et de son Funiculaire, nostalgique et ému, comme s'il avait fait une montée la veille. Il m'a parlé de l'Ayré comme une grande piste à frissons que l'on se doit de respecter.

Georges MAUDUIT, son coéquipier en équipe de France a également un souvenir intact de Barèges.
«Ah Barèges!… Impossible d'oublier. C'est la station de mes premiers Championnats de France (1959) et celle de mon premier titre en géant (1963). Je me souviens du slalom géant sur la piste de l'Ayré. Ça allait vite et c'était long, presque 2 minutes. J'étais dans un jour extraordinaire, et mes 2m15 ont fait un gros écart. Vous me parlez de l'arrêt du Funiculaire. Je suis très attentif à cela et notamment à la sauvegarde et à la modernisation des remontées mécaniques, ce que je fais actuellement à Méribel. Le funiculaire de Barèges, c'est le patrimoine français. On n'a pas le droit de le détruire. Aujourd'hui, au lieu de faire table rase de tout, on ferait mieux de préserver l'existant et de l'adapter ou de le moderniser si besoin. Mais hélas, les politiques sont rarement concernés par l'histoire. La seule chose qui les intéresse, c'est leur histoire, celle qu'ils pourraient écrire eux.»
Il termine en ajoutant: «Dites bien que nous avons eu la chance d'avoir Monsieur le maire de Barèges, Urbain CAZAUX, à la présidence de la Fédération Française de Ski. C'est lui qui est allé chercher Honoré BONNET, avec les résultats du ski français que l'on connaît depuis. Avec Jean-Claude KILLY, Léo LACROIX, Guy PERILLAT, Adrien DUVILLARD, les sœurs GOITSCHEL, Annie FAMOSE, Isabelle MIR et bien d'autres, j'ai fait partie de cette équipe et je peux en témoigner.»

La première liaison de Barèges-La Mongie date de 1975 et la fusion eut lieu dans les années 2000.

Le nom de Barèges, et celui de La Mongie par la même occasion ont disparu des cartes des stations de ski françaises, au profit de Grand Tourmalet. On se demande bien pourquoi cette différence? Existe-t-il un petit Tourmalet? Ainsi en ont décidé les grands marketeurs d'agence, qui sans nul doute n'ont jamais ressenti le grand frisson, une fois parvenus entier, en bas du Médious. Endurcis, éprouvés par des pistes au relief exigeant, bénéficiaires d'une remontée innovante et novatrice durant de nombreuses années, tous sociétaires d'un club de ski mythique, Barèges la station crée par un maire visionnaire, a fourni une vice-championne olympique, des champions du monde, de nombreux champions de France et de grands skieurs à la renommée qui va bien au-delà de la cime du Tourmalet ou du goulet d'Aygues-Rouye.

Au début des années 1992, le Président du Conseil Départemental de l'époque et également Président de la commission du Pic du Midi provoqua une réunion dont l'ordre du jour était le développement du site du Pic du Midi. La question qui se posa très vite fut la suivante: d'où doit partir la nouvelle remontée mécanique qui doit accéder au Pic du Midi? Des projets émanent de Barèges et d'autres de La Mongie. Après un certain temps dédié à l'étude, la conclusion opte pour un départ depuis La Mongie. On peut admettre que ce choix était logique car il s'appuyait sur la remontée déjà existante du téléphérique du Taoulet. Sans présager des conséquences, Barèges se retrouva une nouvelle fois perdant. Par souci d'équité, des mesures compensatoires furent votées pour la rénovation et le développement des infrastructures de Barèges. Hélas, la réalisation démarre très difficilement et le «mal français» sans cesse itératif, ne va pas épargner ce projet. En effet, dans notre pays, «nous» sommes incapables de faire des estimations réalistes et sérieuses d'un programme de dépenses. Le projet prend du retard, les coûts s'accélèrent et condamnent à terme les mesures compensatoires dédiées à Barèges. Par le passé déjà, les deux stations se sont souvent affrontées, pour savoir qui sera bénéficiaire d'une décision. Les empoignades entre le maire de Barèges et son homologue de Campan resteront dans les annales, chacun prenant parti pour «sa vallée». À ce jour, le constat est simple: l'accès au Pic du Midi et les aménagements de la structure sont une très grande réussite et une fierté pour le tourisme des Hautes-Pyrénées. La raison l'a aussi emporté, sur la course au débit et contre les recommandations des adeptes du toujours plus. En effet, le téléphérique du Pic du Midi a un débit maximum de 450 personnes à l'heure, et il ne peut fonctionner que les jours sans vent bien entendu. Mis devant le fait accompli, Barèges est retombé dans ses familiers cycles d'hibernation, en s'en remettant au destin. Le pire de cette situation est que les nouvelles structures politiques ne sont pas contre la rénovation du Funiculaire, d'autant que les aides de l'Etat dès qu'il s'agit de patrimoine sont réelles et conséquentes. Gavarnie par exemple a toujours su tirer un intelligent profit des appellations «sites et patrimoine». Beaucoup s'accordent à dire qu'un projet de remise en route, vers la réalisation d'une remontée 4 saisons est très certainement viable. Il est en effet impératif de vite sortir de la lancinante alternance binaire et limitative, à savoir l'été ce sont les curistes, l'hiver ce sont les skieurs!

Oui mais voilà, les élus de Barèges ont un autre projet, dont la réalisation est incompatible avec un réaménagement du Funiculaire et tout le monde attend. Dans les années 1975, pour être jugé performant, il fallait proposer des stations jumelées. À ce titre, Urbain CAZAUX avant de «quitter» son village, conclut avec son homologue de l'autre côté du Tourmalet, un accord sur la première liaison Barèges-La Mongie. Il faut dire que, pour les Pyrénées, cet accord était innovant et démontrait que l'on pouvait faire aussi bien que dans les Alpes. La fusion ne sera finalement effective que vers les années 2000. Le grand paradoxe est que les acteurs de cette liaison «côté Toy» n'ont sans doute pas pris en compte que leur décision allait déplacer tout le domaine skiable vers Tournaboup et condamner de fait tout le secteur historique Ayré-Lienz.

Enfant de Barèges, et inconditionnel de cette station qui m'a vu grandir, je continue à fréquenter, tous les ans le site de «Super-Barèges». J'ai constaté que la seule chose qui augmente, ce n'est pas le débit horaire des skieurs mais c'est le prix des forfaits, pour atteindre voire dépasser ceux de certaines stations alpines. D'autre part, le fléchage des grands panneaux au pied des installations parle dorénavant de Grand Tourmalet. Alors il est grand temps de poser la question. Faut-il opter pour le concept promu par un ancien responsable du Grand Tourmalet, dont le résultat a vu ses limites à Piau Engaly? Pour être plus précis, il s'agit de la construction d'une nouvelle remontée, au départ du cœur de Barèges, au pied d'un complexe immobilier, qui desservira en un temps «Express» le plateau du Lienz. Pour cette option, le handicap est de réaliser une nouvelle tranchée dans la forêt ainsi qu'une totale rénovation du site de l'Hospitalet. Ou bien, faut-il se donner l'ambition de rénover l'installation existante dont les nombreux atouts ne sont plus à démontrer. Une version équipée quatre saisons doit impérativement compléter cette étude. Il faut également penser que dans les deux cas, une fois parvenus au Lienz, les pistes proposées ne sont pas à destination des débutants. Il faudra se souvenir aussi que la pandémie a confirmé l'engouement certain pour les raquettes et le ski de fond. Enfin, les coûts de la nouvelle construction «Express» ont sûrement été comparés avec ceux d'une remise en service de l'existant, sans oublier les coûts de démolition de celui-ci.

Depuis l'an 2000, le Funiculaire est à l'arrêt. Avec sa fermeture les décideurs de l'époque n'ont sans doute pas compris que depuis son cœur de village, Barèges allait perdre non seulement ses plus belles pistes, mais surtout et avant tout son histoire. La dernière descente depuis Tournaboup vécue lors d'un hiver récent imposait, pour pouvoir traverser Barèges, un «bouchon» de véhicules depuis le Trattet, et même bien avant certains jours. Si aucune autre ambition n'est rapidement affichée, Barèges l'hiver, risque de redevenir un goulet «de passage», une rue de transit, et l'été un passage attrayant du Tour de France. Voilà le risque encouru et réducteur.

En dehors des très nombreux témoignages mémoriels, des professionnels connaissant le fonctionnement des funiculaires ont été approchés. Tous ont affirmé la viabilité de telles machines. Il est bon de rappeler que là où le vent, la neige, la pente deviennent des obstacles, on construit encore des funiculaires. L'escalade effrénée vers l'atteinte du débit par heure le plus performant, sera bientôt dépassée et la lenteur redeviendra un atout légitime et recherché. Une journée de ski réussie doit-elle être forcément synonyme d'un maximum de montées et de descentes effectuées?

L'autre pays des funiculaires, la Suisse où plus d'une centaine d'installations sont encore en service, démontre que ces machineries jugées dépassées dans l'hexagone, continuent à constituer un complément indispensable des remontées modernes. La cohabitation des deux est un exemple à méditer. En 2018, la toute récente mise en service du funiculaire de Schwyz-Stoos, véritable défi aux lois de la physique, démontre que l'on peut encore produire des installations innovantes et adaptées au monde actuel. Ce nouveau funiculaire Suisse remplace l'ancien, ouvert en 1933. Son histoire et sa fiche technique ont de nombreuses similitudes avec le Funiculaire de Barèges, tout au moins pour les caractéristiques historiques.

TABLEAU COMPARATIFBARÈGESSTOOS
Mise en service19361933
Longueur suivant la pente1849m1740m
Dénivelé768m744m
Pente maximum57%110%
Débit /heure240 pers./h1500 pers./h
Capacité par cabines80 places136 places
Vitesse5m/s7,3m/s
Durée du trajet20min.4min.

Louisette, face à l'auberge du Lienz et devant la plaque commémorative du baptême des pistes posée le 19 mars 1992.

Panorama et souvenirs garantis. C'est aujourd'hui le funiculaire le plus raide du monde. Avec ce record, le petit village suisse est redevenu une destination prisée du tourisme international. Grâce à cette technologie innovante et une mise à niveau automatique, les passagers parcourent les 7 minutes de trajet dans des cabines très confortables, toujours en position horizontale. Contactés pour en savoir davantage, les gestionnaires du site m'ont déclaré: «Nous nous attendions à un certain intérêt, mais pas à ce point!»

L'espoir «Funitoy»
Les quelques personnes qui passent devant la gare du funiculaire de l‘Ayré ignorent totalement les 80 ans d'histoire de cette belle aventure. La magnifique et non moins courageuse association Funitoy, crée en 2010, veille au grain. Cette association porte un projet de remise en service du Funiculaire et de réhabilitation du site de l'Ayré. Face à l'immobilisme qu'ils constatent depuis tant de temps, on ne peut sûrement pas leur reprocher d'y croire et surtout de ne pas renoncer. Bien entendu, pour eux, ce serait dur d'échouer, mais ce serait certainement pire de n'avoir pas essayé de réussir. Leur passion et leur enthousiasme sont communicatifs. Les archives qu'ils ont regroupées et le site qu'ils proposent sont à consulter. Bâtie sur un socle composé du Président Jean-Louis LOUYAT, du Vice-Président Joël ADAGAS, de la secrétaire Bernadette LAPEYRE (son père faisait partie de la garde rapprochée d'Urbain CAZAUX, à l'origine du développement de la station) et du trésorier Olivier DELERUE, nom bien familier des Barégeois, cette association tient bon et diffuse toute la passion d'un projet renforcé par l'enthousiasme du souvenir. On leur oppose très souvent l'archaïsme de leur croyance. À cela, ils répondent par une force de conviction et une abnégation sans failles. Pour que cette association perdure, plus de 200 membres cotisants ont apporté leur soutien. Funitoy peut également s'appuyer sur 2.200 interfaces Facebook, qui connaissent bien le problème. Ces internautes suivent de façon assidue le projet et militent pour la réouverture du Funiculaire et pour «un Barèges toute l'année»

En conclusion, il est impossible en quelques pages de prétendre à un devoir de mémoire exhaustif. Aussi, compte tenu du lot considérable d'archives collectées, de photographies légendées, de témoignages de personnes qui ont été soit imprégnées soit concernées par cette aventure, un livre en cours de préparation proposera toute l'histoire du Funiculaire de Barèges.
Endurcis, éprouvés par des pistes au relief exigeant, bénéficiaires d'une remontée innovante et novatrice durant de très nombreuses années, tous sociétaires d'un club de ski mythique, Barèges la station crée par un maire visionnaire, a fourni au palmarès gaulois une vice-championne olympique, des champions du monde, de nombreux champions de France et de grands skieurs dont la renommée va bien au-delà de la cime du Tourmalet ou de l'éntrée d'Aygues-Rouye. Du haut de sa terrasse d'arrivée, face à un panorama à couper le souffle, l'Ayré se nourrit dorénavant de ses souvenirs, et peut contempler tous les jours ce magnifique pic, responsable bien malgré lui de tous ses tourments.
«Si tu peux voir détruire l'ouvrage de ta vie et, sans dire un seul mot, te remettre à le rebâtir, tu seras un homme, mon fils». Rudyard Kipling

Légendes complètes:
1: De gauche à droite:
- Urbain CAZAUX
- Les premiers moniteurs de l'Avalanche, de gauche à droite: Marcel LAVEDAN, Laurent HONTA dit «Tourtet», Jean CAZAUX dit «Palu», François VIGNOLE en noir et Denis FOURTINE dit «Nini». Il manque sur la photo Laurent LAPEYRE dit «Tranquillin»
- Trois générations de l'Avalanche: Laurent HONTA à droite, «Didi» LONS au centre et «Pierrot» MARCOU

4: En haut, de gauche à droite: Les frères Jean Marie et Henri CRAMPE
- En bas, de gauche à droite:«Ricao» CAZAUX, Champion de France en 1950 et «Louisou» BARZU puis, de gauche à droite: André «de Toutou» ANCLADE, Pierre ABADIE (lune es) son épouse et Omer FOURTINE. Assis sur le pupitre SEB, le cadet Bernard ABADIE, frère de Jean-Luc.

5: Louisette, face à l'auberge du Lienz et devant la plaque commémorative du baptême des pistes posée le 19 mars 1992.


FLASH INFOS!
De la lecture: régalez-vous avec «Le livre des mots d'oc» de Pierre Salles et «Découvrir les Hautes-Pyrénées en parcourant les chemins jacquaires» de Pierre Lebeau et Cécile Delaumône ; et tant d'autres livres…



FLASH INFOS!
Un nouveau Bureau au Comité Départemental de la Randonnée Pédestre des Hautes Pyrénées, son Président: Pierre Lebeau.
Pierre, adhérent à l'EM, est déjà bien connu de nous pour le travail de son équipe, en particulier sur le GR 10 que nous parcourons si souvent, ainsi que pour ses qualités d'écrivain pour les éditions des topos-guides de la randonnée.


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3 - La Vie du Rail du 13 février 1955

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Urbain CAZAUX remet à Pau la légion d’honneur à Annie FAMOSE

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Léo LACROIX - photo de droite avec George MAUDUIT (à gauche)

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