
SANTÉ EN PAYS TOY
DOSSIER
Histoire de la famille Planté de Luz
par Maurice PÉLÉGRY
Durant près d'un siècle, le nom de Planté dans le pays Toy est associé majoritairement à deux professions, celle d'instituteur et celle de professionnels de santé, avec un médecin et trois pharmaciens.
Étymologie du nom Planté
Au Moyen Age, lorsque revint la paix après les raids normands (VIIIe - IXe s.), les seigneurs firent défricher les bois qui entouraient leurs châteaux, afin d'obtenir des terres cultivables. Il arrivait cependant que l'on commette des excès dans ce domaine et que l'on soit ensuite obligé de replanter. C'est de cette coutume que provient le nom du lieu, donné par extension aux familles qui y vivaient ou qui en étaient originaires. Celui-ci est formé sur la racine latine plantarium (= pépinière, jeunes plants) et désigne un terrain planté d'arbres, de jeunes arbres ou parfois de vignobles ; de planta (= plante, jeune pousse). Par extension dans le Béarn, il y a des Plantat (terrain plat). Ce type de toponyme est assez courant dans le pays. On rencontre ainsi, à travers la France, Duplantier et La Planteyre (Landes), Plantey (Gironde), Duplan (Ardèche), Plantaz (Savoie), Plantefol (Calvados), Plantié (Aude), Plantier (Gard), Plantis et Duplantis (Manche), Plantat (Pyrénées-Atlantiques). Dans le canton de Luz-Saint-Sauveur, ce sera Planté. Ce nom était encore très courant au début du XXe s (une centaine de personnes). Un siècle plus tard, il ne reste que quelques représentants.
Origine des Planté en Lavedan
Il nous faut remonter vers 1520. Un certain Antoine 2 d'Abadie était noble héritier d'Ouzous, au-dessus d'Argelès-Gazost.
Il épousa, vers 1573, Catherine d'Estibayre, née vers 1545, fille de Jean d'Estibayre, Abbé Lay d'Ossen et de Jeanne de Bidalos de Biouzac ; elle était venue bru chez Abadie à Ouzous. Jean Bourdette évoque ce nom dans la notice des Sept Vallées du Labeda, intitulée, les Abbés Lays du Labéda (1911). On donnait le nom d'Abbés Lays ou Laïcs à des Nobles laïques, nullement engagés dans les Ordres Sacrés, qui, à l'origine, possédaient en fief le patronage d'une église avec droit de présentation à la Cure, et la dîme de la paroisse, et en outre certains droits, les uns utiles, les autres honorifiques ; le tout sous l'obligation du service militaire envers le Comte de Bigorre et la charge d'entretenir le curé et l'église. Le seigneur se nommait lui-même l'abbé, terme apparu au Xe s. À l'origine, le mot signifie « le père ». La maison de l'abbé était alors appelée l'abadia, d'où l'origine du nom Abadie. Cette maison était le plus souvent contiguë à l'église. Même si le plus ancien membre connu de la dynastie d'Ouzous, Arnaout d'Abbadie, Abbé Lay d'Ouzous apparaît dans la littérature dès 1327, nous ne présentons ci-dessous que la descendance à partir de 1520 représentée par Antoine 2 d'Abbadie et de Catherine d'Estibayre qui porteront donc le n°1, dont un fils,
2 - Pierre d'Abadie (1575-1645), noble héritier d'Ouzous, venu gendre chez Planté Debat à Argelès, en épousant Marie Pailhasson (née vers 1580), dite de Planté Debat et héritière de cette famille. Ils eurent un fils,
3 - Jean Abadie dit de Planté Debat (né vers 1610) épouse Catherine de Planté Dessus (1625-1676), dont un garçon,
4 - Arnaud Planté Debat (1638-1679), marchand épouse Françoise Cardassus dite du Planté. Ensuite,
5 - Marguerite Planté Debat (1660-1729). Il est important de dire ici qu'elle est l'héritière de la maison Planté. Elle épouse Gabriel Abadenc, né à Gez (1654-1737), dit Planté, comme il vient gendre dans la maison Planté. Leur fils,
6 - Pierre Abadenc Planté (1687-1757), paysan laboureur épouse en 1720 Domenge Cardassus. De cette union,
7 - Jean Planté dit Caillau (1720-1789) épouse le 8/02/1747 à Argelès-Gazost Domengea Caillau dite Planté Bordenave (1731-1767), dont,
8 - Antoine Planté dit Caillau (1754-1803) propriétaire laboureur, marié à Argelès-Gazost le 1/02/1769 à Claire Batane Duhort (1752-1801), dont,
9 - Dominique Planté dit Caillau (1776-1858). C'est lui qui en venant prendre épouse à Luz, le 13 pluviose an XI de la République (2/02/1803), introduira le nom de Planté en pays Toy.
1803 - Les Planté arrivent à Luz
Le nom de Planté apparaît donc pour la première fois à Luz, le 2/02/1803, quand Dominique Planté dit Caillau (1776-1858), propriétaire, garde aux douanes impériales en l'an X (1801-1802), et ensuite commissaire de police épouse Jacquette, Henrique Cougy, dite Burette (1779-1841). À partir de cette date, le nom s'installera en pays Toy. De ce mariage, un fils Pierre Planté (1803-1854), forgeron épouse à Luz le 27/04/1829 Anne Bourdillou Brassière (1804-1874), dont un fils Lucien Planté (1832-1889), forgeron, maréchal-ferrant. Il épouse, à Luz, le 6/05/1857 Antoinette Pouey (1838-1879). Ce dernier mariage sera le tronc commun de la famille Planté au pays Toy. Cette famille, descendante des Abbés Lays d'Ouzous, donnera de nombreux instituteurs, ingénieurs, forgerons et professionnels de santé. Lucien Planté et Antoinette Pouey, eurent 7 enfants :
1 - Anne, Elisabeth (1858-1862), décédée à 4 ans,
2 - Pierre, Joseph, Michel (1858-1928), greffier de justice de paix, marié à Eugénie, Marcelline Baget (1877-1954), institutrice. Le premier fils Henri, Dominique, Irénée (1904-1984), époux de Marie, Denise, Léonie Vergez, tiendra avec son associé Roger Montus, fils d'un gendarme de Luz, une très grande pharmacie, rue de Rivoli à Paris. Le second fils Roger, Jean, Joseph (1907-1998) épousa au bord d'une des plus belles baies du monde, à Nha Trang (Annam, ancien Vietnam) l'Iséroise de Charvieu, Suzanne, Francia Petury. Il fut le premier polytechnicien du pays toy. Ingénieur des Ponts-et-Chaussées, il assura des responsabilités au ministère des Armées, à Paris. Roger et Suzanne Planté sont les parents de Pierre et Patrick Planté. Ce dernier encore résident à Luz, a fait toute sa carrière dans la prestigieuse compagnie Air France.
3 - Dominique, Irénée (1860-1934), maréchal-ferrant. Il épouse à Esquièze, le 24/11/1895, Marie-Thérèse Trescazes. Dans cette descendance, on trouve Raymonde, Antoinette, Joséphine Planté (1900-1988), épouse Hourcadet, qui tiendra le café en face de l'ancien hôtel de Londres, à Esquièze.
4 - Jean, Baptiste, Adolphe (1864-1928), instituteur. De son premier mariage, à Villelongue le 15/06/1887, avec Joséphine Péré (1864-1912), il eut 6 enfants dont les descendances vont constituer un socle important des Planté de Luz. Le second, Lucien, Pierre, Christian Planté (1893-1977) sera médecin et pharmacien à Luz. Son parcours est présenté dans ce numéro d'En Baredyo. Le 5ème fils, Pierre, Paul, époux de Anna, Jacqueline Sabathié, n'est autre que le grand-père de Denise Planté, pharmacienne à Luz et de son frère Pierre, résident d'Esterre.
5 - Bernard, Paul (1865-1933) se maria en Ariège, à Foix, le 22/04/1889, avec Marguerite Bordes. Il était instituteur, puis professeur à Montpellier. Sa fille Antoinette (1891-1942) épousera à Esterre, le 30/11/1918, son cousin germain, le docteur et pharmacien Lucien Planté.
Trois autres enfants: l'aînée Christine, Lucie, Jeanne, Antoinette (1888), est décédée à 28 jours et les deux derniers (n°5 et n°7) sont décédés à Esquièze-Sère, l'année de leur naissance: Jean, Marie Mathieu (1867) et Marguerite, Alexandrine, Jeanne, Anne (1876-1876).
Sources : Archives départementales des Hautes-Pyrénées et de l'Ariège - Site Geneanet: arbre Gérard Villet (arbrege82) et Brigitte Burucoa
Lachapèle (br1dg3t)
Légende complète :
3 - Jean, Baptiste, Adolphe Planté (Esquièze-Sère 1864-1928), instituteur, épouse le 15 juin 1887, à Villelongue, Joséphine Péré (1864-1912), institutrice à Vizos, fille de Dominique Péré (1821-1874) et de Jeanne Pouey (1821-1871)