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Dans la famille ARMARY... modifier

par Philippe LEBLANC

Dans la famille Armary, je demande Philippe, mais si la chanteuse Patricia Armary qui anime des moments comme la Saint Michel, Louisou et d'autres, en particulier à Viella et surtout Betpouey sont connus en Pays Toy, « qui c'est ce mec-là»?

Pour la présentation de la première de son film « ENFANT DE LA MONTAGNE en Pays Toy», la salle de la maison de la vallée qui, il est vrai, n'a que 150 places, est souvent suffisante, elle était quasiment pleine ce soir-
là. Ce public nombreux était venu découvrir le film bien sûr, mais aussi ce cousin au second degré, comme Dédé Armary qui ne le connaissait pas ou l'avait peut être rencontré lors d'un enterrement, «qui est souvent l'occasion de se rassembler en famille et amis». On est bien placé pour le savoir.
Philippe Armary est né en 1966 à Orthez où sa mère était enseignante et où lui-même a fait ses études. Il était bon en sport et sa jeunesse a été bercée au son des pelotes sur les canchas du Béarn et du Pays basque. Il a été notamment champion de chisteras. Dans un premier temps, il s'est donc tourné vers une carrière d'éducateur sportif, puis s'est spécialisé ensuite dans le sport pour personnes handicapées. Il s'est aperçu bien vite qu'éducateur spécialisé était ce qui l'attendait et ça l'a découragé. Comme il avait aussi découvert la musique, achetant sa première guitare, et animant avec des amis quelques bals, il a finalement opté pour un tout autre parcourt. Il est aujourd'hui réalisateur, musicien, auteur compositeur, spécialiste de valorisation audiovisuelle, régisseur en parallèle à l'école de musique d'Orthez et chargé de production chez 2M France, il est aussi pilote de drones. Son père aimant beaucoup les prises de vue avec une caméra qu'il avait acheté, c'est par goût et tout naturellement que Philippe s'est tourné non seulement vers le son mais aussi vers l'image.

Il aime les projets artistiques quand ils font appel à la créativité, l'imagination et de ce fait nous sortent de notre quotidien.

Philippe est issu de la branche de Sassis de la vaste famille Armary dans laquelle on retrouve la mère d'Yves Crepel, sœur de « Léon», une figure du Pays Toy. Si c'est le père de Philippe qui est à l'origine du camping Le Hounta, l'œuvre a été ensuite poursuivie par ce dernier qui était l'aîné. D'abord camping à la ferme, un des tout premiers, si ce n'est le premier camping de la vallée, où les vacanciers aimaient venir avant qu'il ne devienne un vrai camping, toujours familial, toujours apprécié, et qui a conservé ce qui est rare des emplacements pour des tentes. Le café «chez Léon» était un lieu où les paysans de l'Agnouède, « six doigts», etc. (il n'y en a plus aujourd'hui dans le secteur) aimaient à se retrouver pour des moments parfois un peu arrosés comme on se retrouvait entre éleveurs le lundi chez Mathilde à la place Saint Clément, ou chez Nogué à Héas, ou encore chez Thomas à Betpouey, où le blanc limé de l'époque à base d'alligator a sûrement démoli plus d'un estomac. On ne faisait toutefois pas comme Icot, le tailleur de la place de La Comporte qui les jours de bringue écrivait sur sa porte « fermer pour cause d'ivresse».

Revenons à nos moutons, des Toys, comme c'est le thème de ce numéro, ont émigré dans d'autres parties du monde, mais beaucoup aussi en France, si bien que Paris comme c'est le cas pour les bretons, les auvergnats, etc., est peut être la première ville toye. On émigre souvent pour des problèmes économiques, pour avoir une vie meilleure, et c'est ainsi que le monde rural est bien déserté. La vallée compte aujourd'hui à peu près 2600 habitants, souvent âgés, et rares sont les jeunes qui restent malgré une bonne qualité de vie. Dans nos vallées s'ajoutait « le droit d'aînesse» qui a longtemps perduré. L'aîné héritait de « la maison», nom de l'exploitation, et c'est souvent que les gens sont comme en Pays basque désignés par le nom de la maison plus que par leur propre nom. Les cadets prenaient alors le chemin de l'exil à l'étranger ou allaient coloniser d'autres terres proches (Ferrière pour Arrens, Gèdre Gavarnie pour ici) quand ils ne sont pas partis ensuite pour de lointains pays. Le père de Philippe, lui, a émigré par amour. Il a suivi sa belle jusqu'en Algérie avant de retourner en France pour finir à Orthez, laissant derrière lui sa vallée, son héritage aussi (Philippe aurait bien apprécié un petit pied-à-terre ici), embrassant divers métiers. La famille revenait toutefois assez souvent en Pays Toy et Philippe passait tous ses étés à travailler au camping et à courir les chemins de randonnée. C'est en Béarn, contrairement à son père, qu'il a rencontré son épouse et c'est là-bas que tout naturellement ils se sont implantés. Philippe lui a fait aimé la randonnée ainsi que le Pays Toy, ils y viennent assez souvent se balader.

Le film « ENFANT DE LA MONTAGNE en Pays Toy» retrace un peu l'histoire d'amour du père de Philippe avec sa mère. Après plus de 100 jours de tournage et avec 15 créations musicales originales dont une sur le pic de Viscos qui lui a donné un peu de fils à retordre (là-haut il y a souvent beaucoup de monde) Philippe Armary a été heureux de présenter son film d'abord en Pays Toy, sur les traces de ses origines.

L'histoire: « Dans le cadre majestueux du Pays Toy dans les Pyrénées, un musicien tourmenté, retourne dans la vallée natale de son père, cherchant à renouer avec ses racines. Fils d'un berger et d'une mère dévouée, il porte en lui les héritages d'une terre sauvage et les blessures d'un passé qu'il ne peut ignorer. « ENFANT DE LA MONTAGNE en Pays Toy» est une quête personnelle où la nature majestueuse des Pyrénées devient un personnage à part entière, un miroir des émotions et des choix des hommes qui y vivent. À travers un récit à la fois intime et universel, le film explore les thèmes de l'identité, des racines, et du lien indéfectible entre l'homme et son environnement».

Le film a été produit avec la société 2M France qui souhaite initier une démarche de valorisation et de transmission de notre culture, qui a façonné nos territoires, en mettant à disposition son expérience et son savoir-faire dans la production audiovisuelle .Elle est partie d'un constat simple: des pans entiers de la culture, de l'histoire de notre territoire n'ont pas été suffisamment abordés ou alors de façons clairsemées, et restent aujourd'hui peu visibles du public, or nous avons un devoir de témoignage à l'égard des générations futures qui ont besoin de retrouver leurs racines à travers l'histoire et la vie de leur pays d'origine. C'est ce que pense et veut aussi l'Économie Montagnarde avec sa revue «En Baredyo». L'appui de la Maison du Parc National et de la Vallée et d'Annie Sagne-Lagrange, maire de Luz, qui ont cru au projet, a été précieux pour la diffusion du film.

C'est un très beau film avec de très belles images réalisées pour plusieurs avec un drone, Philippe étant un pilote émérite et diplômé en la matière. Pas toutes cependant car on ne peut pas par exemple survoler le parc national avec un tel engin ce qui se comprend. Un film récent de Nicolas Vannier a semé une grosse pagaille chez les flamands roses et 15 pour cent des œufs ont été détruits. C'est même assez difficile d'y réaliser des images sauf pour soi. Le parc qui a visionné le film s'est toutefois montré très chic avec Philippe, et ne croyait pas que ce soit grâce à Louisou, les grands-
pères de l'un et de l'autre étaient frères, ils ne se connaissaient pas et ne se connaissent toujours pas. Philippe a donc réalisé l'ensemble du film, images, musique, chants, scénario, tout par lui-même avec l'aide de sa compagne, Catherine, et de leurs enfants comme acteurs. Exceptionnel est le résultat que tout le monde a apprécié.
Il y a pris goût et peut-être fera-t-il un autre film, un long métrage cette fois, plus calibré mais ça l'avenir nous l'apprendra. Il a projeté ensuite le film cette fois à Laas, près de chez lui, village où il a beaucoup d'amis, et c'est avec surprise de part et d'autre que l'un d'eux, Guilhembet, a découvert les origines toyes de Philippe comme les siennes, il est originaire de Betpouey.
Madame Annie Sagnes-Lagrange a tenu pour promouvoir le film à présenter celui-ci aux élus et associations. Mauvaise date, mauvaises communications? La fréquentation a été moindre, les élus brillant, à deux ou trois exceptions près, en particulier celle de Monsieur le maire d'Ésquièze-Sère, Patrice Vuillaume, par leur absence comme à l'AG de l'É. M. Malgré tout, Philippe à l'une comme à l'autre, pour son plus grand plaisir, a pu nouer de nombreux contacts. La Maison du Parc National et de la Vallée pense le projeter à nouveau en juin ou en septembre voire les deux, car nombreux sont ceux qui aimeraient encore le voir, il peut intéresser aussi un public de touristes.

Pour connaître toutes les réalisations de Philippe Armary, il est vivement conseillé de consulter son site, il le met à jour très régulièrement: http://philippe.armary.com

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