CUMIA Lyne: (1919-2014) Chevalier des Arts et Lettres, Chevalier de l'Ordre National du Mérite. Sœur de Bastien CUMIA de Gavarnie, soliste à l'opéra de Paris, Pierre possède des disques. Elle avait chanté «Beau soir de Vienne» à la salle chez Coulaud en faveur des prisonniers de guerre (années 1940 - 1944). Pierre qu'ey cantat éra misso à Héas dap éro. Il reste au pays un neveu et une nièce (Henri et Maryse) qui se sont occupés d'elle dans ses vieux jours. À noter qu'elle est la petite fille d'Henri PASSET célèbre guide de Gavarnie. Après avoir chanté la messe à Gavarnie, elle deviendra secrétaire pour pouvoir payer les cours de l'école de musique de Tarbes où elle obtiendra le premier prix. Le concours international Euphonia (n°1 sur 1300 concurrents) lui offrira ses débuts au Capitole de Toulouse en 1947. Elle débutera comme premier rôle à l'opéra de Paris en 1955.
En complément de cette belle proposition de François PUJO, nous nous sommes livrés à une recherche bibliographique complète, afin de rendre hommage à cette grande artiste de Gavarnie. Les registres d'état civil du département nous donnent les informations suivantes
: «
Acte n°2 - Le 3 décembre 1919, à six heures, est née dans la maison de Passet Henri, Cumia Pauline, Henriette, Marthe, de Henri Cumia, trente quatre-ans, guide et de Passet Marie âgée de trente ans, ménagère, son épouse, domiciliés à Gavarnie, sur présentation et déclaration faite par le père à dix heures, en présence de Gabay Jean, facteur receveur et de Vergez Pierre instituteur, tous deux domiciliés à Gavarnie. Signature, Pierre Ramanoulou, maire de Gavarnie». Par la suite, Lyne Cumia s'est mariée à Toulouse, le 4 avril 1955, avec Auguste, Émile Mercier. Très certainement, parce qu'elle était très attachée au pays Toy, elle était revenue à Gavarnie, où elle est décédée le 28 février 2014, à l'âge de 94 ans. Entre temps, «
la carrière de cette soprano aux aigus brillants et à la voix noble se déroula pendant une trentaine d'années, dans la plupart des grands théâtres lyriques français.» Après un début sur scène en 1947, sa notoriété débutera, à partir du 22 octobre 1949, à la suite de son interprétation dans l'Opéra de Faust, à l'Opéra de Marseille. Son nom de scène sera dorénavant Lyne Cumia. Pendant près de trente ans donc, elle sillonnera la France et se produira au Grand Théâtre de Bordeaux, et dans les différents Opéras de province
: Strasbourg, Lyon, Nice, Avignon, Rennes, Nîmes, Nantes, Lille. Elle ira même chanter à Liège et à Verviers, en Belgique et aussi à Alger. Elle fut membre de la célèbre troupe de l'Opéra Garnier, à Paris et de l'Opéra-Comique RTLN (Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux). Son répertoire est immense. En effet, «
sa tessiture étendue et son timbre rond lui permirent d'aborder plus particulièrement les rôles de Marguerite (Faust), de Mimi (La Bohème), de Salomé (Hérodiade), de Desdemone (Othello), de Mathilde (Guillaume Tell), d'Antonia (Les contes d'Hoffmann), d'Émilie (Les Indes Galantes), mais aussi dans les rôles-titres de Madame Butterfly, Tosca, Louise, Aida, et bien d'autres.» Elle s'illustrera même dans des créations, comme La Passion du célèbre chef d'orchestre Paul Bastide. Qui aurait pu imaginer un tel parcours
? Alors qu'elle se destinait à l'enseignement et après avoir exercé pendant deux années le professorat, elle s'orienta vers le secrétariat pour payer ses études, comme le rapporte plus haut François PUJO. Passionnée de musique et aimant chanter, elle s'inscrivit dans une chorale tarbaise. Le chef de cœur entendant son timbre naturel avec une saine émission vocale lui conseilla vivement de travailler le chant afin de parfaire sa voix. Après son départ de la troupe du RTLN, elle se consacrera à sa seconde passion, l'enseignement du chant au Conservatoire de musique de Perpignan.
Après 30 ans de scène, et de «
vie de Bohème», samedi 25 mars 1967, au Théâtre de Limoges, fut la date de sa dernière représentation.
Trois mois après son décès, la grande revue de l'Opérette Française, dans son trimestriel de mai 2014, non sans avoir retracé sa belle et longue carrière, lui rend un poignant hommage. En voici quelques extraits
: «
Lyne Cumia est née dans une famille où l'on aime et pratique le chant. Elle était une artiste complète qui a travaillé sa voix, mais aussi la mise en scène et le piano, des disciplines qui font d'elle une artiste complète. Depuis son entrée à l'Opéra de Paris et grâce à son maître, Maurice Lehmann, elle va interpréter tous les plus grands rôles affichés de soprano lyrique et de soprano dramatique. La province l'a réclame. Sa voix très large, aux registres étendus, lui permet de chanter des rôles donnés à des mezzos, comme Santuzza dans Carmen.»
Le magazine L'entracte également, ne tarit pas d'éloges sur ses diverses prestations. De nombreux critiques évoquent l'artiste au timbre somptueux et sensible
: «
Lyne Cumia s'est révélée toujours égale à elle-même dans la perfection ; puissions-nous la revoir souvent.» On pourrait poursuivre longtemps ce beau florilège. Les enregistrements et le disque vont également lui permettre de montrer une autre facette de son immense talent. Sa prestation dans Madame Butterfly et surtout Sigurd, est devenue une rareté de nos jours. Pourtant, à l'âge de 45 ans, elle décide, en pleine possession de ses moyens, de quitter la scène, mais pas le chant. Après avoir réussi le concours d'entrée, elle devient, en 1968, professeur de chant et d'art lyrique au Conservatoire de Perpignan, où elle va former un grand nombre de jeunes, plusieurs devenant des artistes confirmés de nos jours. Ceux qui l'ont applaudie, ceux qui possèdent ses disques, conservent le souvenir d'une grande et belle artiste.»
Sources et photographies: Archives Départementales des Hautes-Pyrénées - Discographie Deezer – Photo Studio Henry Delgay, Toulouse - Revue l'Entracte, 2013 - Opérette n° 171, mai 2014, pages 16 et 17 - Wikipedia - Collection privée Maurice Pélégry
Légendes complètes:
2 - Les annales de Colmar, de 1954, commentent sa production mémorable dans la comédie lyrique «Le Chandelier», comédie en trois actes d'Alfred de Musset, sur une musique d'André Messager «dont la finesse et l'esprit furent pleinement rendus par Lyne Cumia, un chef d'œuvre.»
3 - Ce qui est également incroyable, c'est que le journal Midi Olympique, bien connu dans un autre périmètre, vante dans son édition du 30 mars 1948, la prestation de Lyne Cumia, dans Mathilde de «Guillaume Tell», au Théâtre du Capitole, à Toulouse.
6 - 7 - 8 - Quelques titres de la volumineuse discographie dans laquelle figure Lyne Cumia.