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Laurent SABATUT modifier

par François PUJO

SABATUT Laurent
dit «Laurent dét cap détcam» (1910 – 1985):
Mort le 19 mai 1985 à 75 ans, ne s'est jamais marié. Laurent dé HAOURINO-SABATUT, frère de Louis, de François et de Marie-Louise d'et BENQUE, chasseur et pêcheur, braconnier impénitent, contrebandier, coureur de jupons, solide buveur, excellent ouvrier et très bon camarade. Il y aurait un livre à écrire sur sa vie tumultueuse et truculente. Mobilisé muletier, il s'est battu contre les Italiens au sein de l'armée des Alpes (157 ème RAP) au col de Brouis proche de Ventimille (du 10 au 25 juin 1940). Quan soun pouyats éts Italiens qué lous hén hèt què! (Quand les Italiens sont montés, nous les avons fait tomber.) À noter que les membres de l'armée des Alpes ayant contenu les Italiens à l'Est et les Allemands sur le Rhône ne furent pas prisonniers. Passeur résistant pendant la guerre en compagnie de son cousin Jean Sabatut dit «Tonin». Bien qu'ayant fait son devoir pendant la guerre de 1940, il ne fut jamais vindicatif à la libération. Après-guerre, chassant (braconnant) derrière la Munia, ils se sont fait tirer dessus par les gardes-frontières de Franco. Arrivés à la frontière, ils ont riposté et blessé (ou tué) des gardes-frontières. «Ets dé Rome, éts dé Berlin è éts dé Bielsa, qué lous té bouy tira dét Campbielh» qué disébé Laurent. L'incident diplomatique qui suivit ne fut réglé que par l'intervention de Pierre VERGEZ (réseau de résistants) d'Urbain CAZAUX et de Bordères syndic de la vallée. Le consul d'Espagne s'est déplacé à Gèdre. Pierre raconte que Pierre VERGEZ avait caché Laurent et Tonin en Espagne chez une connaissance. Maria raconte la dispute entre Louis «ét Coummandant» et son frère Laurent. Les armes étaient promptes à sortir et tout a failli se finir à coup de Mauser et de pistolet. U dïo, nou poudibén passa, qué gué yèrén éts gardes. Qu'an hèt hulyé éts gardes à cops dé fusils (qu'auris bis aquéts moussarous à courre, éts gardes qu'eyn capéùs blancs). On ne compte plus le nombre de voyages en Espagne pour du commerce libre de droits de douane! Il a fini sa vie à l'hospice de Luz, ruiné par «éra boumbo», t'aoun è ‘na, n'è arré més! Qué sa gu'ey tout bébut. Qué cragnibé à sœur Fabienne, qué l'ey ménaçat dé fouté-ù à ‘ra porto. Nou poudibé més aharta-sé è droumi déhoro. Qu'ey dat ét sué coutet à Marie Jeanne, «nou't pous da qu'aquèro, n'è arré més», qué disébé

Quelques maximes de Laurent
«Ets dé Rome, éts dé Berlin è éts dé Bielsa, qué lous té bouy tira dét Campbielh» qué disébé Laurent (ceux de Rome, ceux de Berlin et ceux de Bielsa, je vais te les sortir du Campbielh). Laurent s'était battu contre les Italiens en 1940, passeur ensuite de 42 à 44 (contre les Allemands) et sa haine des Espagnols n'est pas encore expliquée!
«Sé bos bi Laurent?»
«Aùtan démanda à u gat sé bo lèt!»
Tu veux du vin Laurent?» Autant demander à un chat s'il veut du lait!
«Aquét qué l'è hèt sénti u chugnaù dé poudro!»
Celui-là, je lui ai fait sentir un peu de poudre! Dans le sens où il lui avait tiré dessus.
«Prou dé pastet!» Qué caù ana cerca u cournut!
Assez de pastet, il faut aller chercher u isard! Quelle que soit la saison of course! Il luttait à sa manière contre le manque de protéines de ses neveux et nièces.

Légende complète:
1 - Carte de combattant volontaire de la résistance conservée par Mouchette Sabatut (fille de Jean Sabatut dit Tonin) épouse Soulère et son mari François.

Carte de combattant volontaire de la résistance...

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