Dominique Henri LAFFONT
par Jean-Bernard VALLIER
En Afrique on dit que lorsqu'un ancien disparait, c'est une bibliothèque qui brule! En pays Toy, une bibliothèque vient de bruler. Dominique Henri Laffont, né en 1932 à Esquièze vient de s'éteindre dans ce même village. Pour nous à l'Échos des Gaves il était de ceux qui avaient porté le journal imaginé par Jo Jouanoulou et René Paulhe sur ses fonts baptismaux, mettant en lumière tous les aspects juridiques que soulèvent la création d'une publication.
Car Dominique Henri est un juriste de profession dont le parcours révèle la personnalité. Son oncle était directeur du groupe scolaire de Luz et constatant les bonnes dispositions de l'enfant, il conseille à ses parents de l'envoyer dans un collège. Dominique Henri intégrera la 6eme au collège de Saint Pé où il effectuera une belle scolarité jusqu'à l'obtention de son baccalauréat de philosophie. Diplôme en poche, il part quatre années en faculté de droit à Toulouse où il obtient une maitrise qui lui permet de se présenter à différents concours. Dominique Henri aurait pu choisir le ministère des Finances mais il s'oriente vers le ministère des PTT où, avec le titre d'inspecteur, il y effectuera toute sa carrière dans le service juridique. En gravissant les échelons, il est devenu le chef du service juridique et contentieux du ministère, une charge d'envergure nationale qui l'a amené à se déplacer dans toute la France et à représenter le ministère en maintes occasions.
Cet homme discret, presque secret, malgré ses nombreux retours au pays natal est cependant mal connu hors le cercle restreint du village. Si l'on demandait qui il était, la réponse variait: «un historien, un philosophe, peut-être un écrivain». C'était d'abord un amoureux de son pays Toy, amoureux de la belle écriture par laquelle il avait l'ambition de transmettre l'héritage d'un art de vivre en pleine transformation. Amoureux rigoureux qui ne faisait part de ses travaux qu'après de multiples recherches et confrontations. Il tenait particulièrement à ce que l'on cite ses sources et références. Il était particulièrement intéressé par les énigmes valléennes comme les pierres du village de Saint-Martin, la chapelle de Sainte-Lucie de Larbèze ou par toutes les cérémonies d'autrefois célébrées dans la chapelle Sainte-Barbe ou dans la chapelle Sainte-Marie du château qui domine son village comme dans la chapelle des Dames religieuses de la ville de Luz.
Son érudition faisait de lui le chroniqueur recherché pour toutes les revues auxquelles il a participé comme le journal du Pays Toy «En Baredyo» ou «Lavedan et Pays Toy» mais également «la Société d'Etudes des sept vallées du Lavedan» qu'il souhaitait rapprocher d'En Baredyo.
Président d'une association locale «Les deux églises», il s'attachait à faire valoir et découvrir les trésors architecturaux des monuments religieux de son village.
Dominique Henri Laffont laisse inachevé son ouvrage. Il désirait reprendre l'intégralité de ses écrits pour les publier dans une monographie historique autour du pays toy. Sa santé devenue fragile ne lui a pas laissé le temps de réaliser cet ultime témoignage. Dominique Henri Laffont était membre de la légion d'honneur.