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Le nom de <span class="bo">Palasset</span> est un nom rare. Il sent bon le terroir du sud-ouest et plus particulièrement de nos montagnes. Il existe surtout dans le département des Hautes-Pyrénées. Pour preuve, l'état-civil national a enregistré moins de cinquante naissances en un siècle (1891-1990). La seule explication de ce patronyme, que je rapporte ici avec beaucoup de réserves, serait un adjectif, diminutif de palasse (palais). Ce serait à l'origine, au moyen Age, un employé du palais, de la demeure d'un seigneur. Antoine Palasset (1850-1875) était aubergiste, boucher à Luz. Comme ses deux autres frères, Jacques, Marcel, Victor (1852-1909) et Antoine, Philippe (né en 1856), ils étaient les fils d'Hippolyte Palasset et Jeanne Baget. Antoine Palasset épousa à Luz le 11/02/1873, Marie, Adélaïde Lafont, dont deux fils, Hippolyte, Jean Palasset (1874-1937) et Jacques, Louis, Antoine (1875-1930). Ce dernier, qui exerçait la profession d'ébéniste, épousa Virginie Parrou, décédée à Esterre, à 78 ans, le 5/11/1963. Le couple résidait à Nay-Bourdettes, près de Coarraze (64). Ils eurent deux fils, nés tous les deux à Coarraze, l'aîné Sylvain, Georges, Hippolyte, Marcel Palasset et le cadet, Roland, Marie, Robert. Dans la succession de son père, Sylvain, Marcel, né à Coarraze le 7/02/1904, était fabricant de skis. L'usine implantée à Esterre fabriquait les skis Palasset. Le grand champion barégeois, François Vignole a remporté tous ses grands titres, nationaux et internationaux avec des skis Palasset, à son nom. (voir En Baredyo, 12/2023). Devant la Maison de la Vallée à Luz, il reste exposé, à l'extérieur, un cintre qui servait à la fabrication des skis. Il épousa, à Luz, le 18/12/1933, Odette, Annie, Claire Lacrampe, née à Coarraze. Elle était la fille d'un limonadier de Tarbes et tenait une boutique de souvenirs au Pont-Napoléon. Le frère cadet, Roland, Marie, Robert a également eu une relation fidèle avec le ski, même s'il était pâtissier de formation. Comme son frère, il est né à Coarraze (64), le 4/03/1906 Il épouse le 1/06/1932, à Luz, Marthe, Angèle, Germaine Normand, professeur de piano, née à Smermesnil (76) petite commune normande de Seine-Maritime, au nord de Rouen. Roland était très apprécié au pays, il restera définitivement à Barèges. Roland, durant la saison d'hiver, assurait le fonctionnement du téléski de la Chapelle. Quand il arrivait, tôt le matin, la première chose qu'il effectuait était d'afficher à la porte de la cabane de départ, un poème, un dicton, une citation. Cet homme adorable, avait souvent la tête dans les nuages et il semblait vivre un peu hors de son temps. La famille Sabathier, chez laquelle il résidait à Barèges, pourrait longtemps parler de ce personnage. Roland et son épouse ont eu une fille, Pierrette, Marie, Angèle Palasset, née à Luz le 19/06/1933. Sa mère étant professeur de piano, il n'est donc pas étonnant que Pierrette soit influencée par cet instrument. Sa carrière est extraordinaire et elle constitue un bel exemple d'émigration artistique. À 14 ans, Pierrette étudie déjà auprès du professeur de piano Reine Giancoli, présidente de l'École Normale de Musique de Paris, qui a formé de très nombreux musiciens. Elle décrit les leçons comme « <span class="it">sévères</span> », mais a souvent dit qu'elles ont fait d'elle une meilleure artiste : « <span class="it">Dès mon jeune âge, j'ai dû m'efforcer de travailler très dur, tout simplement parce que j'étais avec les meilleurs musiciens.</span> » Pierrette était attentionnée et studieuse et elle s'efforçait d'apprendre en permanence. Elle a aussi étudié avec Paul Koralov du conservatoire de Russie, et avec Isabelle Poncin de l'Ecole Nationale de musique. Elle fréquente alors des pianistes de renom comme Alfred Cortot, considéré comme l'un des grands interprètes du XXe siècle. Pédagogue renommé, il est l'un des fondateurs de l'École normale de Musique de Paris. À partir de là, elle va prendre une autre dimension. Elle aime alors à déclarer<span class="ins">:</span> « <span class="it">La musique est une passion et pouvoir exprimer cela est une joie.</span> » Pierrette Palasset est titulaire d'une maîtrise en musique, performance piano, de l'Université méthodiste du Sud où elle a étudié avec le pianiste de renommée mondiale, Alexander Uninsky. Elle a fondé le trio de musique de chambre Accord et le Quatuor pour piano Élysée. Elle a interprété des solos et de la musique de chambre avec des membres de la Symphonie de Dallas et d'autres musiciens à partir de 1968. De fait, elle a eu le privilège de jouer dans de nombreuses villes aux Etats-Unis, en France et en Autriche. Elle a aussi été pianiste pour l'American Institute of Musical Studies (1972-1977) à Graz, en Autriche. Elle travaille alors avec de nombreux chanteurs d'opéra de renommée internationale et de musiciens, comme Herr Schmitt le pianiste du célèbre compositeur et chef d'orchestre allemand, Richard Strauss. Elle est également juge dans les concours de piano dans les différentes villes du Texas. Membre de l'orchestre symphonique Mesquite (banlieue de Dallas-Texas) pendant de nombreuses années, elle prend ensuite la tête du département de piano pour Eastfield College et elle a agi à ce titre depuis l'ouverture de l'école en 1970. Elle a été aussi directrice de l'Eastfield piano festival qui a commencé en 2004, et cela jusqu'en 2013. Durant toute sa carrière elle a collectionné de nombreux prix, ainsi que des prix d'excellence dont il est impossible ici d'en rapporter la totalité. Quelques repères <span class="pu"> </span>1966-1970<span class="ins">:</span> Département principal de piano El Centro College à Dallas <span class="pu"> </span>1970<span class="ins">:</span> Master of Music, Southern Methodist University Dallas <span class="pu"> </span>1985-1991<span class="ins">:</span> co-fondatrice et directrice séminaire d'orgue français à Paris <span class="pu"> </span>Depuis 2004<span class="ins">:</span> Fondatrice Festival de Mesquite (Texas) <span class="pu"> </span>2001-2005<span class="ins">:</span> conseil de l'orchestre symphonique de Mesquite <span class="pu"> </span>Retraite après 44 ans d'enseignement au DCCCD (Dallas County Community College District) Après ce long parcours, elle termine son voyage à Eastfield et un vibrant hommage lui est rendu avec un concert spécial donné par ses enfants. Sa fille Laurie dira à cette occasion<span class="ins">:</span> « <span class="it">Ce concert était comme notre pierre commémorative pour notre mère.</span> » Cette manifestation est venue célébrer près de 50 ans de dévouement au DCCCD où elle a contribué à former les départements de musique à El Centro depuis 1966 et à Eastfiled en 1970. Ses trois enfants, tous trois musiciens, ont dirigé ce concert d'hommage à leur mère. Ils ont joué des morceaux qui ont attiré rires et affection des nombreux publics. Le moment le plus intime s'est produit lorsque les trois enfants ont invité leur mère sur scène pour une performance de « <span class="it">Sweet Honey Dew</span> », l'une des chansons préférées de Pierrette, qui a été écrite et interprétée par l'un de ses fils, Daniel. Inutile d'imaginer la fierté et l'émotion de la maman. Pierrette Palasset est arrivée jeune aux Etats-Unis. Elle était d'abord venue au Texas pour visiter Dallas. Mais, après des allers-retours fréquents entre l'Europe et les Etats-Unis, elle est devenue citoyenne de la grande ville de Dallas au Texas. Après avoir enseigné pendant près de 50 ans, elle prend sa retraite en 2012. En 2020, elle continuait à enseigner à temps partiel. Mesquite restera son œuvre. Elle déclarait à l'époque<span class="ins">:</span> « <span class="it">Dallas est une ville de piano. Ce que nous avons ici est très important. C'est un centre de grande musique</span> » Le campus d' Eastfield qui regroupe les résidents de Mesquite est un public college communautaire qui fait partie du Dallas College. Fondé en 1970, cet établissement, qui compte plus de 14 000 étudiants, a toujours prôné l'excellence dans l'enseignement et l'apprentissage aux étudiants. C'est sa fille Laurie qui conclut ce chapitre de vie<span class="ins">:</span> « <span class="it">Elle a enseigné le piano et dirigé, le département qui lui était consacré jusqu'à qu'elle prenne sa retraite. Ma mère a influencé beaucoup de musiciens. Tous ses étudiants avaient l'obligation d'assister aux concerts hebdomadaires qu'elle avait crées. Elle a participé également au développement de très nombreux artistes notables. Elle a eu une énorme influence sur mes projets musicaux ainsi que ceux de mes deux frères. Même si elle critiquait nos performances, elle nous a toujours encouragé et voulait le meilleur pour nous.</span> » Au nord de Tournay, entre Tarbes et Lannemezan, les villages de Moulédous et de Goudon, et un peu plus haut celui d'Antin ont fourni de nombreux émigrés, qui sont partis vers l'Amérique du Nord, et plus particulièrement La Louisiane et la ville de La Nouvelle-Orléans. Les Moulédous, originaires de ces villages étaient cultivateurs et bouchers. Embarqué vers le Nouveau-Monde, Jean-Baptiste Moulédous (1831-1886), époux d'Alexandrine Vignes, est décédé à La Nouvelle-Orléans le 19/10/1886. Son fils Jean-Marie Moulédous (1866-1930) épousa, en Louisiane, Catherine Glaser. Leur fils, Alfred, Eugène Moulédous sénior (1900-1987) sera le premier des trois générations portant ce prénom. Alfred, Eugène Moulédous junior suivra tout d'abord. Autant dire que la famille Moulédous était déjà bien installée en Amérique du Nord depuis quatre générations. Alfred, Eugène Moulédous junior n'était ni cultivateur, ni boucher. Il était doté d'un grand talent artistique, pianiste de concert et professeur de renom. Dès 1950, il se produisait dans des salles de concert renommées de New-York. Le 8 février 2025, en présence de nombreux autres artistes internationaux, après avoir enseigné 66 ans à l'Université de Dallas, il participa à son gala de retraite en célébration de son 96ème anniversaire. Après avoir obtenu ses diplômes ; il débuta sa carrière en 1950, par des concerts à la radio comme « <span class="it">Recital Hall</span> » à la NBC. Plus tard, devenu professeur Mouledous, il a servi comme pianiste à l'Orchestre symphonique de Dallas, pendant près de quatre décennies. Après de nombreuses tournées de concerts, il se consacra à l'enseignement, Il devint professeur émérite de musique dans la très célèbre MSA (Meadows Scholl of the Arts) de Dallas. Il avait rejoint cette université en 1955, après avoir obtenu de nombreuses distinctions validant son art. Il effectua 66 ans de carrière prolifique à la MSA et prit sa retraite en 2021. Durant son parcours, il a enregistré pour les grands labels de musique. Il a aussi jugé des concours de piano dans le monde entier et donné des masters classes aux Etats-Unis et à l'étranger. Mais ce qu'il vous savoir, c'est que Pierrette Palasset, en 1970, avait obtenu un Master's degré de performance au SMU de Dallas, là-même où exerçait le professeur Mouledous.<span class="ins">!</span> Comment donc dans ce vaste pays, deux bigourdans, l'un originaire du village de Mouledous et l'autre de la Haute-Bigorre Toye, qui avaient en commun la passion de la musique et du piano, pouvaient-ils ne pas se rapprocher<span class="ins">?</span> Qui plus est à des milliers de kilomètres de leur terre natale. Ainsi, Pierrette Palasset épousa Alfred Mouledous. Tous deux étant résidents de Dallas, elle enseignera dorénavant sous le nom de Pierrette Mouledous. De cette union, naquirent trois enfants. De gauche à droite<span class="ins">:</span> Daniel Mouledous, Pierrette Mouledous, Laurie Mouledous et Alfred Mouledous réunis pour la retraite prochaine de leur mère et célébrer autant d'années de dévouement au service de la musique. Malgré leur intérêt pour la musique classique, les trois enfants, la fille Laurie, Michele Farris et les deux garçons Daniel, Walter Mouledous et Alfred, Eugene III Mouledous ont préféré rallier les instruments à cordes et le chant. « <span class="it">Je suppose qu'il y avait trop de pianistes dans la maison</span> » déclare Pierrette avec humour. Bien que ses enfants aient suivi des chemins différents, ils ont appris de leur mère cette passion pour la musique et le respect de présenter toujours des prestations de qualité. Rachel Wolf, doyenne exécutive des Arts, de la Langue et de la Littérature du campus de Dallas, a résumé Pierrette Mouledous Palasset en trois mots<span class="ins">:</span> « <span class="it">She's French, glamour and classy !</span> », soit « <span class="it">Elle est française, glamour¹ et classe !</span> » Pierrette reviendra très souvent faire une pause dans « <span class="it">ses</span> » Pyrénées pour se ressourcer. Tout dernièrement, sa fille Laurie l'accompagnait pour une semaine de vacances à Barèges. Bien évidemment, par fidélité pour l'ancien temps, elles résidaient chez Sabathier. glamour¹<span class="ins">:</span> charme sophistiqué (dans le domaine du spectacle, de la mode) <span class="sm"><span class="un">Sources</span> : Sites Geneanet et Filae, généalogie Mouledous - Archives départementales 65 – Site Alfred Mouledous on teaching et www.alfredmouledous.com - Site SMU Université de Dallas, Texas – Site Dallas Etc Cetera – Sites Facebook : Piano with Pierrette et Laurie Mouledous <span class="un">Photographies</span> : Concert aux thermes de Barèges, Pierre Lavantes - Collection Funitoy – Archives privées Maurice Pélégry</span> <span class="sm"><span class="un">Légendes complètes</span> : 1 - Un des premiers magasins de location de skis Palasset, à Barèges, était en face de la gare de départ du Funiculaire, mitoyen de l'ancienne épicerie Honta et du café du Funiculaire. 2 - François Vignole à l'arrivée d'une course victorieuse avec Urbain Cazaux. Il a remporté de nombreux succès avec des skis Palasset signés à son nom. 3 - Alfred, Eugène Moulédous junior n'était ni cultivateur, ni boucher. Il était doté d'un grand talent artistique, pianiste de concert et professeur de renom. Dès 1950, il se produisait dans des salles de concert renommées de New-York. 4 - Les belles années à Barèges. Au premier plan, de gauche à droite, Roland Palasset, le professeur Pierre Fourment, Pierrette Palasset. Derrière eux Eugène Sabathié. 5 - Les années 1980. Dans le site historique des Thermes, Pierrette offre un récital de piano aux barégeois.</span>
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