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<span class="bo">Henri CANDEDO né le 18 avril 1935, Médaillé de guerre</span> En 2018, je me suis rendue avec Henri Cazaux-Lapeyre, maison Pène à l'Agnouède (1936-2019), afin d'échanger avec Henri Candedo sur ses souvenirs de la guerre d'Algérie. Cet article est le résultat de nos échanges. Henri Candedo était le dernier à me désigner comme Pipirounette, comme mon oncle Jean-Jacques (1944-1998) surnommé Pipirou et avant lui son père Pierre Cazaux-Lapeyre. Je ne l'oublierai pas. <span class="st">Les classes dans le Gers</span> J'étais employé chez Gaillardou, à Esquièze, au garage après un apprentissage de 3 ans. On était au garage et on faisait aussi taxi. Le 1er mars 1956, j'ai dû partir faire les classes à Auch pendant 4 mois au Groupe de transport 513 (on l'appelait le GT 513) pour le train, les 4 voies. Nous avons fait des entraînements au tir, des marches forcées, des cours de conduite pour les jeunes (c'était l'école de conduite), puis on est allé en convoi chercher du matériel jusqu'à Montauban et à Toulouse, pour faire partir les rappelés en Algérie. <span class="st">Alger la Blanche</span> Nous nous sommes rendus en train à Port-Vendres pour gagner sur le bateau Kerouan la ville d'Alger après une permission d'une semaine. La traversée était calme en couchant sur le pont, pour les autres en fond de cale, ce n'était pas la même chanson. Nous sommes arrivés à 6H du matin, et j'ai trouvé qu'Alger était toute blanche, c'était tout éclairé<span class="ins">:</span> une belle ville assurément. On a débarqué et on prit la micheline pour aller à Tizi Ouzou en Grande Kabylie. <span class="st">Le camp de Mirabeau</span> (Nom actuel<span class="ins">:</span> Draa Ben Khedda) Nous avons été envoyés à Tizi Ouzou<span class="ins">:</span> le Djurdjura était à une altitude de 2300 mètres. Sept kilomètres avant Tizi Ouzou, on nous a déposé à Mirabeau. Nous y sommes restés 4 ou 5 mois depuis début juillet 1956 à novembre 1956. C'était un poste autour de la gare, nous étions logés sous des marabouts à côté, on était là pour escorter et suivre les convois qui allaient sur Alger. <span class="st">L'atelier de mécanique de l'Oued Aïssi</span> De là, on est parti à un centre d'apprentissage, trois kilomètres après Tizi Ouzou, à Oued Aïssi, au 2/93°R.A.M. C'étaient des civils algériens et européens, on y avait l'atelier mécanique et le camp. Il y avait dans le parc des véhicules, près de 250 GMC (le GMC CCKW est un camion cargo (en) militaire américain de transport à trois essieux moteurs (6×6)), il y avait aussi des jeeps et des ambulances, des voitures personnelles. J'étais désormais affecté à l'atelier mécanique, pour l'entretien de tous ces véhicules utilisés par l'armée. Du mois de mars au mois de juillet 1957, j'ai également fait un passage à l'école de Meknès pour les spécialistes du matériel routier. J'y suis resté jusqu'à ma libération. Notre travail consistait à l'entretien des machines. Mais, nous devions aussi suivre les convois avec des pièces de rechange en cas de panne. J'étais déjà dépanneur à l'époque<span class="ins">!</span> C'est moi qui conduisais le camion de dépannage à chaque convoi. J'étais positionné en dernier véhicule en cas de panne. On était deux soldats toujours dans le camion. Une fois, après un attentat, j'étais donc en fin de convoi avec mon camion, on nous a bloqué pendant plusieurs heures, l'attentat avait eu lieu une heure avant, mais bon, on est passé quand même et il ne nous est rien arrivé. Dans les convois qui étaient organisés régulièrement, on avait trois missions essentielles. La première était de convoyer des hommes sur un lieu précis défini par l'Etat-Major pour faire des opérations de sécurité militaire. La seconde était d'aller chercher du matériel pour l'armée à Alger. Et enfin, la troisième était de ravitailler et de distribuer en denrées alimentaires les camps aux alentours. En définitive, on était toujours sur la route. Parfois, le déplacement pouvait durer de 10 ou 15 jours, sans revenir à la base. Pendant, l'opération de sécurité des soldats à pied (des légionnaires, des parachutistes), nous, par contre, on restait là, on ne gardait même pas les camions. J'avais un lit de camp dans le camion, on se reposait, on attendait que les copains reviennent. Ou alors quand c'était nécessaire, on dépannait quand les pièces se cassaient, on en avait en rechange dans le camion. Parfois, aussi, on aidait à manœuvrer les engins de l'armée avec le camion grue dont on disposait. Il faut dire<span class="ins">:</span> ils suivaient des pistes en montagne difficiles. Je me rappelle une fois d'un dépannage difficile et impressionnant. Un camion GMC avait les deux roues dans le vide et j'ai réussi à le sortir du ravin avec mon camion grue. Son conducteur, quand il me voit, me le rappelle encore, comme je l'avais sorti de ce mauvais pas. Le reste du temps, j'étais à l'atelier. J'étais responsable de l'atelier mécanique. Au bout de 18 mois, j'ai obtenu une permission, cela a été la seule fois. A l'exception de notre renvoi, à Auch, pour aller chercher du matériel en service commandé, mais ce fut un aller-retour en service commandé. <span class="st">La peur</span> La peur, on l'a connue. On sait ce que c'est. (sourire entendu à l'adresse d'Henri Cazaux-Lapeyre assis à côté de lui). Le deuxième soir de garde à Mirabeau, on a cru à une attaque, les barbelés et les boîtes de conserves tendus pour protéger le camp ont fait du bruit. Nous, on a tiré, on avait trop peur<span class="ins">:</span> bée, c'était un âne qui s'était pris dans les barbelés<span class="ins">:</span> le pauvre, il était mort après nos rafales. Les attaques pouvaient être fréquentes, et comme j'étais le dernier camion, je pouvais être exposé. Une fois, lors d'un convoi, au début de la nuit, j'ai eu la peur de ma vie<span class="ins">:</span> j'entendais les chevrotines sur les tôles, je me suis glissé entre les deux ponts du camion, je me disais «<span class="ins"><span class="it">Aïe, aïe, aïe, mama, nou me tourni mes enta l'Arole<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span>. («<span class="ins"><span class="it">Maman, je ne rentrerai plus jamais à l'Arole!</span><span class="ins">»</span></span>) Moi, je n'ai pas honte de le dire<span class="ins">:</span> j'ai eu peur pendant cette guerre. Moi, je n'ai jamais fait de patrouilles à pied, mais j'ai des copains qui y sont restés<span class="ins">:</span> trois exactement. <span class="st">Les quatre mousquetaires</span> Au camp, la bonne ambiance régnait<span class="ins">:</span> on était tous du Sud-Ouest ; il y avait des Basques, des Catalans… Nous étions logés dans des marabouts, avec des bâtiments en dur. Moi, j'avais une chambre avec deux copains de Pau et d'Auch. Il suffisait de bouger mon lit et on était dans la cuisine du mess. Le soir, on ouvrait la porte et on se faisait un petit lunch avec ce que l'on nous envoyait de France. Tous les dimanches, on avait un camion ou deux pour aller à la plage, sans danger, à Tigzirt. Nous recevions du courrier, ça allait. Nous étions 4 copains, on s'appelait les 4 mousquetaires<span class="ins">:</span> l'un était de Pau, l'autre de Rabastens et le 3e de Dax. Après la guerre, tous les ans, les anciens du régiment, GT 540 (groupe de transport) nous nous retrouvions quelque part le dernier dimanche d'avril. La vie, c'est drôle. Un jour, on était tombé dans une embuscade, en opération, l'un des soldats avait été blessé, envoyé 28 jours à l'hôpital Maillot, puis, au Val de Grâce. Nommé ensuite sous-préfet à Mirande, on s'est retrouvé à Bordeaux, par hasard. Comme à Benidorm, où j'ai retrouvé l'un des mousquetaires, celui de Dax. <span class="st">Les rencontres</span> En Algérie, j'ai rencontré Daniel de Poués d'Esquièze. À Tizi Ouzou, avec mes quatre copains, on a rencontré Roger Midan de Villenave, chasseur alpin, avec la barbe, méconnaissable, à l'époque. Il m'appelait<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Dis Bonjour<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span> Disait-il, je ne l'avais pas reconnu. A Alger, j'ai rencontré aussi Roger Caugul né en 1936 qui était cuisinier dans l'armée. À Alger, il y avait aussi le docteur Fourment originaire de Barèges, de la faculté de médecine, il chassait avec Aragnou, et Bernard Charlet. En mars 1958, c'était la quille, je suis rentré. <span class="st">Le retour à Esquièze</span> A l'Arole, j'ai repris le travail chez Gaillardou, pour ensuite tenir son garage à Barèges jusqu'en 1960, année de mon mariage. Puis, j'ai, travaillé au pont de Luz et voilà. <p class="pbc"><span class="bo">Mémoires de guerre – L'Algérie vécue par les Toys.</span> Un total de 88 jeunes gens originaires de la vallée de Barèges ont été envoyés pour combattre. Quatre sont morts au combat à notre connaissance. Souvenons-nous d'eux. Soulère Henri de Gèdre, maison Carrot (Né 05/02/1933, Mort pour la France le 16/07/1956 (Algérie)) à 23 ans. Caube-Salles Henri Hippolyte dit Garriel, Sassis. (19/08/1935 - Mort pour la France le 18/02/1957 (Algérie)) à 22 ans. Henri Lhaa dit Patou, Sère (12/01/1936-Mort pour la France le 13/11/1957 (Algérie)) à 21 ans. Fourtine Marc René, dit maison Lafont, Gèdre, Chichaubé (27/01/1938- Mort pour la France le 09/12/1959 (Algérie)) à 21 ans.</p>
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