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Marguerite Pujo est la fille de Jean-Pierre Pujo, natif du village de Viella. Domestique à l'hôtel Périssère, à Gèdre, il se marie avec Rosalie Périssère Theil, en août 1909. Porteur du Club alpin, puis guide de deuxième classe Jean-Pierre Pujo se consacre ensuite à son métier de cuisinier avec le succès que l'on sait. Sa dernière course avec René Claverie membre du Touring Club de France date de juin 1914, son client écrit<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Pierre Pujo marcheur infatigable, très bon cuisinier, très serviable et ayant une connaissance approfondie de la région de Gavarnie et Troumouse. Merveilleux de capacité et de sang-froid sur les glaciers. […] Pierre Pujo en tête, taillant lui-même les pas dans la neige. Descente dans le légendaire cirque de Gavarnie par les échelles des Sarradets, échelles à pic, où Pierre Pujo, joignant l'adresse à la prudence, a mené à bien cette descente vertigineuse face à l'immortelle cascade du Marboré.</span><span class="ins">»</span></span> Jean-Pierre Pujo et Rosalie ont trois enfants dont un fils Bernard né en 1910. Marguerite naît huit ans plus tard. Elle est une amie d'enfance de Germaine Labit, maison Courtade du Saussa. Bernard et sa sœur Marguerite dite Maguy vont participer à la Résistance dans la vallée. Marguerite âgée de vingt-cinq ans jouera un rôle d'agent de liaison aujourd'hui complètement oublié. Le mouvement de résistance se cristallise en novembre 1942 avec l'invasion de la zone Sud de la France Libre par l'armée d'occupation allemande. En mars 1943, une zone interdite est créée tout le long de la frontière. Le premier semestre de 1943 est la période où le plus grand nombre de passages transpyrénéens est comptabilisé. Des familles de Juifs fuient la France occupée, mais aussi des opposants politiques, des jeunes hommes fuyant le Service du Travail Obligatoire (STO). À partir de 1943, Gérard de Clarens et Rémi Lohse organisent le réseau Andalousie. Des montagnards les appuient<span class="ins">:</span> Georges Adagas coordonne les passages dans le secteur de Gavarnie, les Trescaze Sesqué hébergent Gérard de Clarens. A Gèdre, les deux cousins Sabatut Laurent et Jean, Abel Nogué, son frère Édouard, qui deviendra guide du Club alpin, Marc et Bernard Marcou dit Culouscou, sont de tous les passages, comme celui d'un groupe de vingt Parisiens. Tous ces montagnards chasseurs s'appuient sur leur connaissance du terrain pour établir les ramifications du réseau. Bernard Pujo connaît bien la montagne et met sa connaissance au service de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Silvio Trevisan, l'un des fondateurs de la section du Club alpin du Lot-et-Garonne explique<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Le réseau Andalousie, dont faisait partie M. G. de Clarens, utilisait un autre itinéraire sous la conduite du guide Bernard Pujo-Périssère de Gèdre. Du Port Neuf de Pinède, le petit groupe rejoignait Espierba, en restant en altitude. De ce relais, après repos, traversée nocturne de la Cinca, montée dans les Parets jusqu'à un col à 2470 m à l'ouest de la Punta Verde, et descente vers Escuain, Puertolas et enfin Labuerda.</span><span class="ins">»</span></span> Comme Fernande Pourré, à 14 ans, qui avec sa mère aide son frère le guide Georges Adagas, Marguerite Pujo-Périssère s'engage aussi dans la résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale. Ces hommes et ces femmes, sous la direction de Gérard de Clarens, permirent le passage de près de trois cents personnes fuyant la répression nazie. En avril 1945, Bernard Pujo-Périssère reçoit la croix de guerre avec étoile de bronze. «<span class="ins"><span class="it">Agent S.R. opérant en territoire occupé par l'ennemi, intelligent et courageux, en mission permanente dans une région particulièrement dangereuse, a accompli avec le plus grand dévouement, les délicates liaisons qui lui ont été confiées.</span><span class="ins">»</span></span> Pourtant, la qualité de combattante au titre de la résistance n'est reconnue à Marguerite qu'en novembre 1986 grâce à l'aide notamment administrative d'un Lourdais, client de l'hôtel, Robert Franco devenu un ami de la famille. Une attestation non datée mais dactylographiée de Gérard de Clarens au colonel Déodat du Puy-Montbrun, officier liquidateur réseau Andalousie-Sapin. Gérard de Clarens écrit en sa qualité d'agent P2 du réseau, de chef du sous-réseau Sarazin. «<span class="ins"><span class="it">Je soussigné, chef de bataillon de réserve Gérard de Clarens chevalier de la Légion d'Honneur, ancien chef du réseau Sarazin-Andalousie certifie que Pujo-Périssère Marguerite née le 10 janvier 1918 à Gèdre, Hautes-Pyrénées, a appartenu au réseau Andalousie comme agent PI matricule RAB 666 pseudo Rolande, du 10 janvier 1944 au 30 septembre 1944) Marguerite Périssère était agent de liaison chargée des courriers Lourdes-Toulouse. Elle a également participé antérieurement à son inscription au réseau à la filière évasion sur l'Espagne durant l'été 1943. Après l'arrestation de son chef direct Melle Carrazé, Marguerite Périssère a pratiquement accompli le travail d'un agent P2.</span><span class="ins">»</span></span> (Alice Carrazé arrêtée le 6 juillet 1944 à la villa La Roseraie à Lannedarré, à la sortie de Lourdes, sera interrogée, torturée, à Tarbes puis transférée à Toulouse. Le convoi impacté par un accident de la route, permit à Alice Carrazé d'être soignée à l'hôpital et de ne pas être déportée dans le dernier convoi début août.) Une attestation du Secrétariat d'Etat des Anciens Combattants est ensuite délivrée à Marguerite Pujo- Périssère. Sa carte de combattant porte le numéro 34107. Le temps d'activité au sein de la Résistance est fixé du 1er juin 1943 au 32 aout 1944. Marguerite Pujo-Périssère pourra ainsi recevoir une pension de retraite de combattant. Le paiement est effectif en février 1987. Dans une lettre adressée à la famille Pujo-Périssère en 2007, Robert Franco résidant à Lourdes explique qu'en tant que «<span class="ins"><span class="it">dernier agent P2 actif, […] nommé par l'administrateur militaire – dernier liquidateur du réseau Andalousie – qui dépendait pendant la deuxième guerre mondiale, du BCRA (bureau central de recherche et d'action) à Londres</span><span class="ins">»</span></span>, il dépose tous les documents ayant trait au réseau au Service Historique de la défense du Château de Vincennes. Robert Franco précise<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">J'ai photocopié les documents ayant trait au travail de mon passeur Bernard Pujo-Périssère mon compagnon […]. C'est avec une grande satisfaction [que] j'y joins la documentation de Bernard.</span><span class="ins">»</span></span> Dans sa lettre, Robert Franco n'évoque absolument pas Marguerite. En 2006, les archives du réseau «<span class="ins"><span class="it">Andalousie-Sapin</span><span class="ins">»</span></span> semblent avoir été versées au fonds Montbrun au SHAT. Restée Célibataire, Marguerite Pujo- Périssère réside à Lourdes où elle décède. <span class="sm"><span class="un">Sources</span><span class="ins">:</span> Bonnal Céline, Guides de Gavarnie, Monhélios, 2019. (p. 513-514). (Carnets de guide) Pujo P., 1912-1933. Trevisan Silvio,, «<span class="ins"><span class="it">Le canyon d'Anisclo et la vallée de Vio</span><span class="ins">»</span></span>, Pyrénées, 2002, n° 211, p. 259-278. 2002. Cuffe Jenny, «<span class="ins"><span class="it">Gavarnie 1943 [Entretien avec Gérard de Clarens et Rémi Lohse sur l'organisation des évasions vers l'Espagne pendant la guerre]</span><span class="ins">»</span></span>, tiré à part, 53 p. (Pyrénées, 2012, n° 249, p. 56-73 et n° 251, p. 48-63.)</span>
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