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«<span class="ins"><span class="it">Salut Campbielh, verdoyante montagne</span><span class="ins">»</span></span> chante l'Orphéon. C'est vrai que c'est une belle et longue vallée qui communique avec la vallée d'Aure, elle n'est sans doute pas aussi verte qu'avant, non seulement à cause de la sécheresse, mais surtout de la déprise agricole. Depuis 3 ans environ, un néo-paysan y passe toutefois plusieurs mois par an, il a remis en état des granges et même fauché quelques près. Il profite aussi sans doute un peu des travaux d'adduction d'eau que le maire de l'époque, Jean Prissé, avait fait faire dans les années 70 afin d'aider au maintien d'agriculteurs. Ces adductions d'eau avaient été réalisées par des jeunes volontaires du Service Civil International (en abrégé<span class="ins">:</span> SCI) venus de différents pays. Le SCI a œuvré dans la vallée une bonne quinzaine d'année. Le Service Civil International est une vieille association internationale créée par un compatriote et disciple d'Henri Dunant, le créateur de la Croix Rouge, un Suisse donc<span class="ins">:</span> Pierre Cérésole. C'est la plus ancienne des associations de chantiers puisqu'elle a été fondée peu après la 1ère guerre mondiale et le premier chantier, essai de réconciliation Franco-Allemande, s'est déroulé du côté de Verdun. On n'était pas vraiment mûr à ce moment-là pour un tel projet. Aujourd'hui, grâce à l'Europe qui certes a des défauts, on a cessé de se taper dessus entre peuples frères et les jeunes, français et allemands entre autres, cohabitent facilement. À l'inverse de la tour de Babel, Pierre Cérésole voulait remplacer le service militaire par un service civil international qui permette donc de se comprendre et de faciliter ainsi la paix, une utopie sans doute. Le grand savant Einstein disait qu'il y avait deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine, des dirigeants en particulier. L'an dernier, on a dépensé en armement 2100 milliards dans le monde pour 7 milliards d'habitants. À côté de cela, on vous demande l'aumône pour les victimes de catastrophes en France ou dans le monde, la recherche médicale, la faim…Faites le calcul si vous pouvez par tête de pipe<span class="ins">!</span> Concordia qui vient actuellement à Luz, mais est plus récent, œuvre avec une idée similaire, mais pour le SCI, il s'agissait aussi d'aider des populations peu favorisées. Dans le Massif central, il a aidé à la construction de villages de vacances, reconstruit même un hameau<span class="ins">:</span> Moulé ; il y avait des chantiers dans le Valgaudemar dans les Alpes, comme ici, auprès des handicapés… L'Association a mobilisé également en quelques jours 600 volontaires pour aider les villages sinistrés du Queyras lors de la grande crue de juin 1957 similaire, mais en pire, à la nôtre de 2013. La protection civile étant quasi inexistante à l'époque, et parce que c'était dans sa ligne, le SCI a aidé à la reconnaissance en France d'un statut des objecteurs de conscience. Au Campbielh, les volontaires étaient logés dans une grange sur un lit de camp. On travaillait toute la journée à la pelle et à la pioche sauf bien sûr l'équipe de cuisine, deux volontaires à tour de rôle ; l'équipe allait au ravitaillement chez «<span class="ins"><span class="it">Ifaprix</span><span class="ins">»</span></span> qui lui faisait des prix. La salle de bain, c'était le torrent ou le barrage un peu plus loin. Les samedis et dimanches, c'était montagne ou descendre à Luz notamment à la piscine prêtée par la municipalité de Pierre Foyer. Certains toutefois restaient sur place à se reposer car descendre à Luz était en soi déjà une expédition, peu disposant de voitures, il fallait donc descendre et remonter à pied, et le Campbielh, ça monte<span class="ins">!</span> La plupart des volontaires arrivaient d'ailleurs par le train et le bus, et «<span class="ins"><span class="it">Lulu</span><span class="ins">»</span></span> en a vu plus d'un venir chercher un billet au syndicat d'initiative. Elle regardait le «<span class="ins"><span class="it">chaix</span><span class="ins">»</span></span> et c'était tant. Bien moins de complications que maintenant<span class="ins">!</span> Pour revenir aux week-ends, ces jours-là, il arrivait aussi que les volontaires du chantier d'en face au Saugué, qui effectuaient un travail similaire, viennent faire un tour. D'autres chantiers avaient toutefois une situation plus facile étant dans des villages. Les jeunes, parfois quelques-uns plus âgés, mais sinon souvent étudiants, étaient alors logés dans des mairies ou des salles des fêtes. Le travail, là encore, a été essentiellement de réaliser des adductions d'eau, à la pelle et à la pioche toujours ; les filles n'étaient pas les moins vaillantes, parfois même plus que les garçons. Le SCI a ainsi effectué des travaux d'adduction d'eau à Viscos (maire Soubirous), à Chèze (maire René Prissé), à Saligos (Pierre Nadau), plus personnellement, c'est là que j'ai rencontré mon épouse), à Gavarnie (l'adjoint Georges Adagas était celui qui comptait), à Sazos (Michel Guilhamat…). L'ouvrier communal, ou quelqu'un de la commune, encadrait quand c'était possible et un artificier venait aussi s'il fallait miner. À Noël, les «<span class="ins"><span class="it">chefs de chantiers</span><span class="ins">»</span></span> ou les volontaires qui le voulaient, se retrouvaient en stage à la maison du barrage à Gèdre, c'était le quartier général. Le SCI faisait aussi pour les communes des travaux d'élagage, de nettoyage des rigoles d'irrigation, de marquage, etc… La Commission Syndicale le fait aujourd'hui et c'est très bien d'ailleurs. Compte tenu du nombre de chantiers qu'il fallait organiser et suivre, quelqu'un est resté ensuite sur place et «<span class="ins"><span class="it">le quartier général</span><span class="ins">»</span></span> s'est déplacé pour finir à Saligos. D'autres activités se sont ajoutées, car le but de l'Association était aussi social. Il s'agissait d'aider au développement du pays pour que celui-ci se prenne ensuite en charge. Des volontaires ont alors aidé des paysans à faire les foins, et à l'époque, il n'y avait pas encore de tracteur, uniquement la soumette, la paillère et le râteau. Ces volontaires étaient logés et nourris (plus une petite assurance) chez les paysans demandeurs quand cette aide se produisait l'été. D'autres jeunes ont pu effectuer leur service civil à l'année chez des paysans. En parallèle aux chantiers manuels, quelques-uns ont aussi lancé un cinéma itinérant en plein air dans les villages afin d'animer ceux-ci. Ils ont aussi édité un journal «<span class="ins"><span class="it">dab ets toy</span><span class="ins">»</span></span>, repris ensuite par la Société d'Économie Montagnarde sous le nom de «<span class="ins"><span class="it">En Baredyo</span><span class="ins">»</span></span>, journal qui perdure, il est une des principales activités de l'É. M. et vous l'avez aujourd'hui entre les mains.
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