Accueil
Rechercher
Revues
Articles récents
Les plus lus
Tous les articles
Livre d'or
Participer
Qui sommes nous?
Nous contacter
Abonnements
Ils ont aimé ♥
Cookies et données personnelles
Mentions légales
C.G.U.
Ouvrir un compte
Mon compte
Administration
Se connecter
Se déconnecter
menu
Editer le texte
L'entrée de l'été se caractérise par une période propice aux fêtes et à la joie. Ainsi, le 21 juin est le solstice d'été, le jour le plus long de l'année dans notre hémisphère, il marque l'arrivée d'un cycle nouveau de la nature. En outre, depuis 1982, a été instaurée la fête de la musique. Enfin, le 24 juin était célèbre autrefois pour les feux nocturnes de la Saint-Jean. L'origine de ces feux est enfouie dans des temps immémoriaux où se déroulaient des fêtes païennes<span class="ins">:</span> le solstice d'été donnait lieu à des manifestations empreintes de superstitions en l'honneur du soleil. Dans l'antiquité, celui-ci était parfois divinisé comme en Égypte ; en Grèce était célébré le Dieu Hélios ou Soleil. Ces cultes comportaient des feux purificateurs symbolisant la lumière et la fertilité pour les récoltes. L'extension du Christianisme allait modifier l'esprit de ces incantations car à partir du Vème siècle, l'Église place le solstice d'été sous le signe de Jean-Baptiste, saint dont la nativité est célébrée le 24 juin et qui est dit le Précurseur du Christ annonçant un monde nouveau. La préparation de la haille Dans les siècles passés et encore au milieu du siècle dernier en Bigorre et du moins en Vallée de Barège, des chroniques locales et nombre de témoignages recueillis auprès d'anciens se souviennent que chaque commune ou hameau sacrifiait à la tradition de la Haille dite en local «<span class="ins"><span class="it">éra halho</span><span class="ins">»</span></span>. Un emplacement lui était même réservé, dégagé ou visible, souvent un promontoire ou une place. Luz dressait la haille sur la colline de Solférino pour être vue de la plaine, Sère l'allumait derrière l'église et le petit dôme du Trey alors dominé par une haute croix, (note 1). De son côté, à Gèdre selon Henri Fédacou, ce feu se faisait au milieu du bourg près de l'église sans doute le vieux clocher (note 2). Vizos parvenait à l'élever sur la petite place devant la fontaine certainement. Chèze l'installait au quartier Mourra face à Viscos (note 3). Pour Sazos, divers souvenirs confirment cette tradition toujours animée de chants, danses et de sauts par-dessus les braises. En outre à ces feux de villages s'associaient parfois ceux allumés à titre personnel par des bergers sur les hauteurs des estives où ils passaient l'été. Enfin deux villages, Sère et Gavarnie, continuent à célébrer la Saint-Jean de façon solennelle car il est le patron de leur paroisse<span class="ins">:</span> la cérémonie de la haille est évidemment au centre, suivie le dimanche d'une messe réunissant villageois et invités. De telles flambées étaient suivies de loin par bien des habitants, elles étaient d'autant plus visibles qu'elles n'étaient pas concurrencées par l'éclairage public alors faible sinon inexistant. La réalisation de la haille était, en principe, effectuée par les employés de la commune car elle nécessitait une préparation spécifique eu égard à sa mission ; elle était en effet élevée en hauteur, environ deux ou trois mètres, bâtie avec du bois sec et menu, le tout ajusté autour d'un tuteur arboré sur lequel était placé un bouquet dit de la Saint-Jean (cliché n°3). «<span class="ins"><span class="it">La haille devait, en effet, répondre à trois impératifs<span class="ins">:</span> brûler en vingt-cinq ou trente minutes sans avoir à l'activer, faire la plus grande flamme possible et peu de fumée et surtout laisser peu de braises. C'est la sécurité en montagne qui l'exigeait.</span><span class="ins">»</span></span> (note 4) par V.R. Chalan «<span class="ins"><span class="it">Une République pastorale</span><span class="ins">»</span></span>, T.II, p. 200 et suivantes). La bénédiction du feu Cette tradition qui assemblait les villageois était, à la fois, religieuse et profane. Elle commençait par la bénédiction du feu par le curé, venu en procession parfois au son des cloches. L'embrasement était accompagné par des cantiques et le crépitement des flammes. Certaines paroissiennes apportaient un bouquet dit de Saint-Jean lequel était confectionné de fleurs champêtres, des astrances, caractérisées par de petites corolles et des fines tiges donnant des fleurs blanches, roses ou pourpres. Le prêtre bénissait aussi les bouquets apportés dont un était destiné au bûcher. Ainsi préparé et béni, le feu éclatait dans la nuit devant une couronne de villageois plutôt jeunes, émerveillés, complices et joyeux comme, sans doute, actuellement, sont suivis les feux d'artifices successeurs de ces rites d'antan et qui illuminent les cieux en cours d'année, lors des fêtes ou commémorations annuelles. Ensuite, devant cet embrasement, des scènes profanes pouvaient être organisées, danses ou sauteries avec cris et chansons ; les garçons, les plus grands, tentaient de sauter par-dessus les braises ou bien cherchaient à en retirer quelques brandons qu'ils faisaient tournoyer dans la nuit ou qu'ils destinaient à tracer des croix sur les murs des granges pour les préserver surtout de l'incendie. Et de nos jours... Les feux de la Saint-Jean ont disparu dans la plupart des villes et villages, du moins en Pays Toy depuis plusieurs décennies sauf en quelques rares sites, tel à Sère (voir cliché n°1) et Gavarnie ou Grust. La sécularisation les a progressivement éteints... En outre, les années covid ont interdit toute réunion publique y compris évidemment les festivités de juin. On espérait que l'année 2022 permettrait la reprise de ces manifestations. Ainsi, la municipalité d'Esquièze-Sère, pour la Saint-Jean-Baptiste, avait programmé une soirée autour de la Haille lorsqu'en juin, une exceptionnelle canicule s'est abattue sur notre pays laquelle a conduit les préfectures à déconseiller ces feux par précaution. Toutefois, Gavarnie dont, rappelons-le, Saint-Jean-Baptiste est le protecteur, semble l'avoir maintenue comme le démontre le cliché d'une belle haille traditionnelle (photo en début d'article) <span class="sm">*<span class="un">Notes</span><span class="ins">:</span> 1- La haille de Sère était montée derrière une haute croix en bois. Selon Jean Gérard, géologue, c'était l'emplacement précis d'une ancienne carrière de diabase une pierre verdâtre. La photo ci-jointe indique le site de la haille ; la croix portait les cinq instruments de la Passion, mais elle a été, pour vétusté, remplacée vers la décennie 1950/60 par une croix plus réduite en fer forgé fixée sur socle maçonné. On ne sait ce que devinrent les symboles qu'elle supportait. 2- «<span class="ins"><span class="it">Henri Fédacou raconte</span><span class="ins">»</span></span> Georges Buissan, éd. Cairn, 2001 3- «<span class="ins"><span class="it">Le livre de Constance</span><span class="ins">»</span></span>, J-L Massoure, 2000 4- «<span class="ins"><span class="it">Une République pastorale valléenne</span><span class="ins">»</span></span> éd SESV, 1989, p.100.</span>
Plus petit
Espace insécable
Séparation
• Puce
Titre parag.
Titre parag.
Pavé bleu
Pavé orange
Pavé blanc
Publié FB
Voir le résultat (les modifications seront enregistrées)
Liens
Loucrup65
Patrimoine-Lourdes-Gavarnie
Archives 65
O.T. de Luz-Saint-Sauveur
Vallées de Gavarnie
Société d'études des 7 vallées
Infos
Actualités
Infos légales
Les cookies
et données personnelles
Mentions légales et crédits
CGU
Nous soutenir
Participer
Livre d'or
Nous contacter
Ils ont aimé ♥
Nous trouver
La revue papier
Abonnements à la revue
Qui sommes-nous ?
Facebook
Tous droits de reproduction et de diffusion réservés aux auteurs - En Baredyo : siège social : Mairie de Luz-Saint-Sauveur