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Saint-Sauveur possède deux sources. La plus connue se trouve dans le bourg, mais on trouve sur la hauteur, à quelques minutes des thermes, une autre source sulfureuse froide, dite de la Hountalade, connue depuis le XVIe siècle. On parle aussi de la source de la fée oude la source « puante ». Son eau était déjà prescrite par le docteur Fabas, médecin thermal de la station, au début du 19e siècle, en complément à la cure. Dans les années 1830, elle était surtout administrée en boisson. Pendant longtemps, on a cru à la multiplicité des sources. Il s'est avéré après les travaux de 1830 qu'il n'y avait qu'une seule source avec plusieurs résurgences. En 1855, il est établi un important rapport de l'académie de médecine par Henry Ossian. Cette source est analysée par MM les professeurs Berard, Filhol et Henry, tous membres de l'académie de médecine. La source possède une réputation qui augmente chaque année et qui est fondée sur des guérisons consignées dans les ouvrages documentés des médecins qui ont employé cette eau minérale. Il est noté que les maladies traitées dans cet établissement sont<span class="ins">:</span> les maladies de l'utérus,les maladies nerveuses, les différentes formes de dyspepsie, les affections catarrhales, soit des organes respiratoires, soit du tube digestif. On trouve dans cet établissement<span class="ins">:</span> une buvette qui reçoit l'eau de la source à sa sortie du griffon, des bains, des douches locales ou écossaises et des pulvérisateurs. Un piano est à la disposition des abonnés. Il faut préciser que l'eau de la Hountalade s'expédie aussi en caisses de différentes tailles, jusqu'à 50 bouteilles, à 75 centimes le litre. Une analyse précise et détaillée de l'eau est établie par le Pr. Filhol. Il est conclu enfin dans ce rapport, que l'eau de Hountalade a été comparée avec celle des Eaux-Bonnes pour les effets thérapeutiques qu'elle produit ainsi que pour sa composition. En raison de sa température peu élevée (22°), elle se prête donc à l'expédition au loin et elle peut être conservée sans altération. Outre ses propriétés curatives, le site jouissait d'un environnement bucolique apprécié en plein succès du romantisme. C'est pourquoi, un établissement de bains est édifié sur cette propriété de Henry Forcamidan en 1859 (matrice cadastrale), notaire et maire de Luz. La source aurait fait l'objet de captation par l'ingénieur Jules François,comme la plupart des résurgences pyrénéennes. Ce bâtiment de style néoclassique est conforme à l'architecture thermale bâtie entre la fin du XVIIIe et le milieu du XIXe. Son allure générale rappelle, en des proportions moindres, les thermes de la Raillère érigés à Cauterets quelques décennies plus tôt. Le nouvel établissement est visité par Napoléon III et l'impératrice Eugénie lors de leur célèbre séjour en 1859. L'édifice se trouve à l'emplacement d'une buvette, qui vante les bienfaits de ces sources froides, pour la circulation sanguine et toutes les formes de pathologies respiratoires et digestives. Le bâtiment apparaît ensuite dans les cartes postales du début du 20e siècle. Cette source n'est donc plus exploitée au début des années 1930 et l'établissement est remanié en habitation privée. La résurgence de la source Hountalade avec ses bâtiments situés en hauteur sont aujourd'hui fermés. Il ne subsiste alors qu'une fontaine.Entre les années 1940 et 1950, des travaux sont donc entrepris par l'ingénieur Fernand Artigalet de Luz avec accord de la propriétaire pour acheminer la source vers la fontaine située place des tilleuls. Le bâtiment principal reçut alors le nom de Bains des Dames, pour être par la suite intégré aux thermes de Saint-Sauveur. L'édifice conserve de nos jours sa vocation privée quoique la fontaine soit toujours accessible. Le secteur d'Hountalade, où se déploie la promenade éponyme, a fait l'objet de travaux d'embellissement en 2021. Très belle, agréable et instructive, la balade des Cascades passe par les anciens thermes de Hountalade fermés et sa fontaine. On ne trouve pas à foison des livres sur les légendes du pays Toy. Celui-ci s'intitule « Contes de la montagne ». Il a été écrit par Vincent Raymond Riviere Chalan, en 1987, pour ses deux petites filles. <span class="sm"><span class="un">Sources</span><span class="ins">:</span> Site Patrimoine du Pays des Vallées des Gaves, de Lourdes à Gavarnie - Contes de la Hountalade, VR Riviere Chalan, 1987 - Rapport de l'Académie de Médecine 1855 - Bains ou thermes de Hountalade, Recensement du patrimoine thermal, Viviane Delpech, Région Occitanie, 13/12/2024 - Vallée de Barèges, Louis de Campus, tome I (pages 1 à 12) - Analyse des contes et légendes de la vallée de Varèges, JP Rondou 2019 (pages 137-138) - Crédits photos<span class="ins">:</span>Jean Omnès - Collection privée M.Pélégry</span> <p class="pb"><span class="stb">La légende de la Hountalade</span> Cette légende, rapportée par le curé Louis de Campus, veut que la station de Saint-Sauveur ait pour origine l'aventure d'une jeune bergère, mariée depuis peu, et qui ne pouvait avoir d'enfant. Un jour, elle fut visitée par un ange qui lui conseilla d'aller boire à la source où ses chèvres avaient l'habitude de s'abreuver. « Elle en conçut tant d'enfants » que la renommée de la source fit le tour de la région et attira tant de monde que les autorités durent fermer la dite source. En 1750,l'évêque de Tarbes, informé par ces événements, la fit rouvrir et édifia une chapelle dédiée à Saint-Sauveur. Cette légende intitulée Ellen la chevrière fut reprise par l'instituteur du village de Gèdre, JeanPierre Rondou, sous le titre de Hontalade, qui, d'après lui signifierait la source ailée en rapport avec l'apparition. Cette signification a été revue par le linguiste Jean-Louis Massoure. Pour lui, il ne s'agirait pas de<span class="ins">:</span> alade (ailée) mais de làdo (mauvaise odeur), celle de l'eau sulfurée.</p>
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