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Je suis né en 1929, à la maison, au quartier du Saussa qui dépend de Gèdre. Mon arrière-grand-père Pierre Périssère Plan était venu s'établir dans la maison de la famille Adagas désignée sous le nom de «<span class="ins"><span class="it">so de Pelat</span><span class="ins">»</span></span>. Nous étions 7 enfants dans la famille dont 2 filles. Paysans comme nos voisins du Saussa, nous avions à côté de la maison deux granges. Des moutons, oui, nous en avions presque 200, des vaches au moins 16. Nous avions aussi un âne que l'on prendrait pour un mulet. Depuis notre enfance, nous étions habitués à travailler et à beaucoup marcher. Pour aller à Saoubé, Saugué, c'était rapide, mais l'hiver, impossible, il y avait des avalanches. Au printemps, il fallait aller réparer les rigoles d'arrosages, en avril. De toutes façons, tout se faisait à la main, c'était difficile comme métier. Lorsqu'il était temps de mener au pacage les brebis, nous les lâchions au pountet<span class="ins">:</span> elles filaient connaissant par cœur leurs chemins de transhumance. Puis, nous restions là-haut une fois finis les foins et le regain au Saussa. Nous avions le droit d'arroser pendant 6 h de temps l'aprèsmidi, le plus souvent. Il y avait trois rigoles pour tout le plateau de Saugué. Nous nous y mettions à trois pour faucher et tout ramasser<span class="ins">:</span> c'était long et fatiguant. Puis, ensuite,nousredescendionstoutenpailhères juchées sur des ânes. Nous avons eu la route dans les années 60 comme notre première faucheuse. C'est à cette époque que Philippe Dumoulins a dû nous prendre en photo avec mes frères ( on me voit avec le bracelet montre, je crois) . C'était la fin d'une époque avant la mécanisation à outrance. Au début de l'hiver, nous resdendions les bêtes à la grange de la maison, les vaches partaient en dernier. Nous pouvions compter sur les voisins. Plus tard, à Luz, j'ai retrouvé le berger Estèbe de Gavarnie, il habitait la dernière maison au fond de Saugué. Et, puis, j'ai abandonné, mon frère venait de mourir, j'étais tout seul après 60 ans passés à entretenir la propriété. Voilà, c'est comme cela, c'était dur comme métier. Mon meilleur souvenir me demandes-tu<span class="ins">:</span> c'est toute ma vie, ma vie passée entre Saussa et Saoubé.
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