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<span class="stb">Un peu d'histoire</span> Si l'on s'en tient à la définition académique, l'Orphéon est une fanfare composée de musiciens et de chanteurs issus de milieux sociaux modestes. Oui mais voilà un Orphéon n'est ni une fanfare, ni un chœur, ni une chorale, encore mois une harmonie, une clique, un orchestre, une pastourelle, une cantate, voire une goguette. Pour bien comprendre le phénomène, une petite révision historique s'impose. Le mot Orphéon, est un néologisme (mot nouveau) créé à partir du nom d'Orphée, héros de la mythologie grecque, poète et musicien, très souvent représenté avec sa lyre pour émouvoir les êtres et charmer les animaux sauvages. L'existence de ce mot est attribuée à Louis Bocquillon dit «<span class="ins"><span class="it">Wilhem</span><span class="ins">»</span></span> (1781-1842) qui le créa pour désigner le chœur formé par lui de tous les enfants, garçons et filles, qu'il avait initié au chant choral dans les écoles primaires de Paris. Compositeur de musique et avant tout pédagogue, il est considéré comme le restaurateur en France du chant populaire, qui avait disparu depuis la Révolution française. C'est également au début de ces années 1830, que l'on voit naître de nombreuses associations, comme celle du Conservatoire de Bagnères-de-Bigorre, fondée par le poète et compositeur Alfred Roland. En 1838, il crée le conservatoire de cette bourgade ainsi que l'Orphéon des Chanteurs montagnards. Il est l'auteur d'un grand nombre de chansons considérées comme des classiques du chant montagnard pyrénéen. 190 ans après<span class="ins">:</span> Halte là<span class="ins">!</span> Halte là<span class="ins">!</span> les montagnards sont toujours là, bien décidés à poursuivre l'aventure. À partir de cette époque de nombreux concours orphéonistes ainsi que des festivals régionaux sont organisés. Les Orphéons contribuent ainsi à l'émergence historique des festivals en France. Bien souvent, ils occasionnent de grands déplacements de foules. En 1867, pour l'exposition universelle de Paris, on répertoriait 3243 orphéons regroupant plus de 147.000 orphéonistes venant de toute la France. Ce nombre ne cessa d'augmenter jusqu'en 1900, pour atteindre plus de 600.000 membres. Dès leur origine les Orphéons présentent deux caractéristiques<span class="ins">:</span> ils sont à la fois musicaux et festifs. Ils donnent autant l'occasion de chanter que de faire la fête. Pour cause, la présence d'un Orphéon engendre une joyeuse ambiance. Pour bien comprendre l'importance patrimoniale de l'Orphéon toy, il faut savoir que l'association chorale la plus ancienne de France officie toujours à Bayeux (1846). Laurent CHENAUX, auteur de référence dans ce domaine, cite dans l'ouvrage Les chanteurs Montagnards de Bigorre: «<span class="ins"><span class="it">Par centaines, ces sociétés se retrouvaient dans une ville hôte pour se mesurer dans des concours musicaux où l'image des municipalités était fortement engagée. Ces concours jouaient un peu le rôle dévolu de nos jours aux confrontations sportives</span><span class="ins">»</span></span>. Il ajoute<span class="ins">:</span>«<span class="ins"><span class="it">Il existe aujourd'hui dans les Hautes-Pyrénées, une tradition de polyphonie chorale connue sous le terme générique de «<span class="ins"><span class="it">chant montagnard</span><span class="ins">»</span></span>. Cette spécialité, étroitement liée à l'identité pyrénéenne, s'est maintenue dans des sociétés plus que centenaires dont les membres ont adopté, en particulier à partir de 1900, une posture régionaliste à travers la promotion d'un répertoire local, en français ou en patois</span><span class="ins">»</span></span>. <span class="stb">L'Orphéon de Luz-Saint-Sauveur<span class="ins">:</span> histoire, chronologie et faits marquants</span> ※ <span class="bo">1888à1914</span> déplacements pour des concours locaux régionaux voire même internationaux comme en 1925 à Toulouse. Participation à des concentrations, surtout dans la vallée. Il y avait beaucoup de rigueur dans ces épreuves, des années de répétition et des concours validés par l'autorité préfectorale. Le groupe se contentait de participer à des festivals de chants pyrénéens comme celui de Luchon. Ensuite, il y eut des coupures liées aux événements comme les guerres. ※ <span class="bo">1914-1920</span> Après une interruption due à la Première Guerre mondiale, l'Orphéon reprend sous la direction de Pierre PLANTÉ, jusqu'en 1925. Ce dernier passe le relais à son fils jusqu'en 1930. ※ <span class="bo">1939-1948</span>, nouvelle interruption, avant la reprise en main par Louis BURET et Bernard LAFFONT dit Pouyé, jusqu'en 1959. ※ En <span class="bo">1968</span>, Marc CASTÉRAN et Bernard PUYO décident de relancer le groupe en faisant appel une nouvelle fois à Louis BURET et Bernard LAFFONT. L'Orphéon reprend alors un nouvel élan sous la direction musicale de Bernard LAFFONT. De nombreux membres vont contribuer à cette notoriété grandissante comme Madame HOURTANET, René VERGEZ, Mirtha ALCARAZ, Marc CASTERAN et Bernard DHOUDAIN qui rejoint le groupe en 1994, poste qu'il occupe encore à ce jour. ※ <span class="bo">1971</span> restera une année de renaissance. Les archives furent hélas détruites suite à la démolition de la mairie. Ce fut catastrophique pour l'histoire de cette fierté locale. Seul le regretté Ernest ARANJO réussit à récupérer la bannière de l'époque. 1971 est également la date d'entrée de «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY et Jean-Claude SANYOU, président et porte-bannière actuels. ※ <span class="bo">24.01.1972</span> la veille de la création de la station de ski de Gavarnie, inscription au Journal Officiel et dépôt des nouveaux statuts. ※ En <span class="bo">1973</span>, le bureau de la société est le suivant<span class="ins">:</span> Président<span class="ins">:</span> Louis BURET -Vice-Président<span class="ins">:</span> Jean-Pierre ARMARY et Bernard PUYO -Secrétaire<span class="ins">:</span> Jean-Claude MIQUEU et Secrétaire adjoint<span class="ins">:</span> Jean-Louis TREY -Trésorier<span class="ins">:</span> Charles JAUSSANS, Trésorier adjoint<span class="ins">:</span> Michel BALET -Directeur<span class="ins">:</span> Bernard LAFFONT -Responsable Technique<span class="ins">:</span> Marc CASTÉRAN -Chefs des Parties<span class="ins">:</span> 1ers ténors<span class="ins">:</span> Roger ADAGAS -2èmes ténors<span class="ins">:</span> Lucien NOGUERE -Barytons<span class="ins">:</span> Auguste FORGUES et Basses<span class="ins">:</span> Lucien GUILHEMTOY. Tout en restant très attaché aux traditions du Pays toy, les responsables de l'Orphéon resteront malgré tout toujours à l'écoute des progrès technologiques. ※ En <span class="bo">1974</span>, la première production musicale voit le jour sous la forme d'un disque 33 tours. Suivent d'autres enregistrements de chants de Noël et de chants traditionnels. Suivant l'évolution technologique, des cassettes sont réalisées puis des compact-disc (CD) et aujourd'hui des Digital Vidéo Disc (DVD) comme celui de 2017 «<span class="ins"><span class="it">150 ans de chant</span><span class="ins">»</span></span>. Au fil des décès on enregistre le renouvellement du bureau ainsi que des hauts et des bas, au rythme de quelques conflits de personnes. ※ 1980 décès de Louis BURET. Marc CASTERAN devient le 2ème président. «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY passe trésorier en janvier 1980, après avoir été secrétaire pendant 25 ans. ※ <span class="bo">Novembre 1988</span> est une date importante. L'Orphéon fête son centenaire et va commencer à développer une politique de voyages afin d'exporter l'expression locale que sont le patois et la culture du Pays toy. On fête le centenaire et «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY qui est aussi animateur, a voulu «<span class="ins"><span class="it">taper fort</span><span class="ins">»</span></span>. Pour cela, il a réussi à impliquer tous les cuisiniers de la vallée afin de réaliser un banquet à l'ancienne. Défi relevé par le cuistot BORD qui recruta de nombreux bénévoles et proposa un succulent civet de mouton. Des défilés furent organisés dans Luz. Lourdes et Tarbes étaient invités. Une fête épicurienne digne d'un centenaire réussi se déroula, malgré quelques tensions claniques survenues entre «<span class="ins"><span class="it">les traditionalistes conservateurs et les réformateurs progressistes</span><span class="ins">»</span></span>. Pour son travail de médiation afin de privilégier l'intérêt collectif avant tout, «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY gagnera définitivement ses galons d'animateur. ※ <span class="bo">1998</span>, célébration du 110ème anniversaire. ※ <span class="bo">30 janvier 2005</span>, décès du Président Marc CASTÉRAN. Suite à l'assemblée générale du 25 février 2005, <span class="bo">Jean-Louis TREY</span>, plus connu sous l'appellation de «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> prend en main les destinées du groupe<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Je suis passé président au décès de Marc en 2005, puis avec Daniel MADALLA (entré 1998) nous avons commencé à constituer des archives. De la période antérieure, nous n'avions pas grand-chose, sinon rien. Grâce à l'énorme travail minutieux de Daniel nous avons maintenant de véritables archives classées. Il est important de dire que nous avons aussi un devoir de transmission, on laissera des traces, c'est aussi l'une de nos missions. Il est vrai que comme dans beaucoup de lieux, le Pays toy est avant tout un pays de tradition orale, sans beaucoup d'archives ni de témoignages écrits.</span><span class="ins">»</span></span> Il ajoute<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Nous avons un Bureau avec lequel, je tiens à le mentionner, nous faisons un véritable travail d'équipe</span><span class="ins">»</span></span>. ※ <span class="bo">7 décembre 2006</span>, décès du vice-président Yves SALLABERY, en janvier 2007, il sera remplacé par Daniel MADALLA. ※ <span class="bo">9 novembre 2008</span>, messe mémorable des 120 ans en l'église de Gèdre. ※ <span class="bo">2012</span>, après un premier voyage en 1990, nouveau déplacement à Höchberg (Allemagne) pour fêter les 35 ans de l'anniversaire du jumelage entre Luz-Saint-Sauveur et cette ville de Bavière. Énorme fête avec une organisation germanique toute de rigueur et de convivialité. ※ <span class="bo">Novembre 2013</span> sera marquée par l'organisation d'un banquet historique pour la Sainte Cécile, patronne de la musique, un banquet à l'ancienne qui s'acheva tard dans la nuit. ※ <span class="bo">2018</span> l'Orphéon fête ses 150 ans, avec de nombreuses manifestations dans la vallée. <span class="stb">L'Orphéon de Luz gagne une première médaille dès 1867</span> Mais il est important dans cette chronologie de revenir sur l'année <span class="bo">2011</span>. Jusqu'à cette date il était convenu et approuvé que la date de création de l'Orphéon était 1888, bannière à l'appui. Pourtant cette dernière allait être remise en question. Au cours de cette année 2011 des échanges culturels eurent lieu avec l'Orphéon de Salies de Béarn. À cette occasion, «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY tombe sur le livre de Laurent CHENAUX, sociologue et surtout ethnomusicologue, originaire de cette cité. Passionné d'Orphéon, il s'occupe également de l'Orphéon de Lourdes, en tant que directeur de chant. Dans son dernier ouvrage, il relate l'organisation d'un concours à Tarbes le 30 mai 1867 auquel participe le groupe lourdais au cours duquel sera primé l'Orphéon de Luz «<span class="ins"><span class="it">les enfants de Barèges</span><span class="ins">»</span></span>. Dans l'excitation de cette découverte, Charly remet l'ouvrage témoin à «<span class="ins"><span class="it">Jeantou</span><span class="ins">»</span></span> PRISSÉ afin de conforter les opinions. La date de création de l'Orphéon de Luz est donc remise en question. Bien documenté, Laurent CHENAUX publie la preuve de son argumentation qui atteste que le groupe toy existait déjà en 1867. La question qui obsède «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> est la suivante<span class="ins">:</span> le groupe toy gagne une distinction renommée dès 1867, il est donc impossible qu'il n'ait pas existé avant. Peut-être n'avait-il pas été déclaré tout simplement<span class="ins">?</span> D'autant qu'une autre preuve d'existence circule avec une lithographie vue chez Nanou ARMARY qui atteste l'existence d'un groupe de chanteurs dès 1859. En effet, à deux reprises en août 1859, un mois et demi après la bataille de Solférino (25/06/1859) et en 1863, un groupe «<span class="ins"><span class="it">de montagnards chantant des airs nationaux</span><span class="ins">»</span></span> selon la légende du document, s'est produit devant «<span class="ins"><span class="it">Leurs Majestés</span><span class="ins">»</span></span> à savoir Napoléon III et la princesse Eugénie. La médaille obtenue en 1867 au concours musical et orphéoniste de Tarbes (2ème prix, 3ème division, 2ème section) validée par les autorités préfectorales de l'époque a été retrouvée. Elle a été nettoyée car elle était noire et illisible. Elle porte le sceau de Napoléon III et figure dorénavant sur la bannière et constitue un morceau d'histoire de l'Orphéon. Au lieu de 1888, l'année 1867, figurant sur la nouvelle bannière constitue dorénavant la nouvelle date de L'Empereur Napoléon III est très attaché aux Hautes-Pyrénées (on raconte qu'il aurait été conçu dans notre département, lors d'un séjour de sa mère à Cauterets). Napoléon III fit son premier séjour de cure à Luz-Saint-Sauveur en compagnie de l'impératrice Eugénie en 1859. Il est le premier à avoir utilisé le chemin de fer dans notre département, avec une arrivée à Tarbes. Sa grande œuvre à Saint-Sauveur sera la réalisation d'un pont reliant les deux rives du Gave, qu'on appelle aujourd'hui «<span class="ins"><span class="it">Pont Napoléon</span><span class="ins">»</span></span>. Les travaux dureront deux ans et seront terminés en juin 1861. Napoléon III viendra contempler le pont en septembre 1863. D'après ces documents, il n'est donc pas impossible de déduire que l'Orphéon existait avant et qu'il ne fut déclaré qu'en 1867, nouvelle date de création qu'il fut donc convenu de retenir. La guerre fraternelle entre Lourdes (création 1864), Argelès-Gazost (aucune archive de validation de date de création) et Luz au sujet de la formation la plus ancienne ne sera donc pas tranchée ici. La seule certitude est que le groupe toy devait être structuré avant 1867 pour avoir pu participer à un concours et offrir un concert à Napoléon III dès 1859. Cette lithographie, signée M.Moulin est donc un document exceptionnel pour les archives de Luz. Pour mémoire, Jean Baptiste Louis Moulin (1817-1876) était un dessinateur et un lithographe. Après avoir enseigné le dessin au collège, il commence à partir de 1853 une carrière itinérante. Paysagiste rigoureux, il collabore à deux journaux «<span class="ins"><span class="it">L'illustration</span><span class="ins">»</span></span> et «<span class="ins"><span class="it">Le monde illustré</span><span class="ins">»</span></span>. Introduit par relation à la cour impériale, il célèbre la cour de Napoléon III et fait à cette occasion de nombreux croquis sur le parcours et les nombreux voyages princiers. Correspondant de guerre, c'est un reporter témoin de son époque qui laisse œuvre d'intérêt documentaire. La médaille obtenue en 1867 au concours musical et orphéoniste de Tarbes (2ème prix, 3ème division, 2ème section) validée par les autorités préfectorales de l'époque a été retrouvée. Elle a été nettoyée car elle était noire et illisible. Elle porte le sceau de Napoléon III et figure dorénavant sur la bannière et constitue un morceau d'histoire de l'Orphéon. Au lieu de 1888, l'année 1867, figurant sur la nouvelle bannière constitue dorénavant la nouvelle date de création de l'Orphéon de Luz. Comme pour le Testament, on peut constater qu'il y a eu un Ancien et un Nouvel Orphéon. Quelques anciens avaient jusqu'alors quelque peu résisté aux changements et à la nécessaire et inévitable mutation qui devait s'effectuer. La nouvelle Présidence se chargea de procéder à ces changements. Elle mit notamment en place une politique de voyages dans le but initial d'échanger, de partager et de faire connaître cette culture toy louée par le chant. Avant 1990, l'ancien Orphéon faisait des déplacements uniquement à travers des concours. Il y avait certes de véritables compétitions et une très grande rigueur. Ces différents concours étaient validés par le Préfet en personne. Les sorties étaient finalement rares. L'une d'entre elles restera dans les mémoires, comme celle effectuée au Grand Théâtre de Bordeaux. Tous étaient «<span class="ins"><span class="it">grisés</span><span class="ins">»</span></span> par l'aventure, si bien qu'ils sont rentrés en faisant un crochet par Barcelone<span class="ins">!</span> Certains parlent d'une mémorable «<span class="ins"><span class="it">chimarre</span><span class="ins">»</span></span> avec un retour à la base, complètement «<span class="ins"><span class="it">rôtis</span><span class="ins">»</span></span>. Le groupe avait donc effectué jusque-là peu de grands déplacements. «<span class="ins"><span class="it">Nous avons élargi notre champ d'action avec les voyages dont le premier but était d'échanger, de communiquer et de partager. En 1990, notre premier voyage fut une rencontre avec Höchberg, bourg de la Bavière allemande, ville jumelée avec Luz, grâce à l'action de l'ancien maire, le docteur Foyer. C'était un beau voyage, nous avons été reçus comme des rois. Nous sommes revenus par le Tyrol. De nombreux autres voyages ont succédé<span class="ins">:</span> Allemagne, Autriche, Suisse, Ecosse, Corse, Sardaigne, Italie, Grèce, Espagne, République tchèque, Hongrie, Irlande et bien d'autres</span><span class="ins">»</span></span> précise «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY. <span class="stb">L'apothéose vécue en deux voyages (2011 et 2018)</span> Mais le voyage le plus abouti fut incontestablement celui de Rome, du 20 au 25 mai 2011. C'est le voyage dont rêve tout croyant ou pèlerin convaincu. Il a nécessité plus d'un an de travail. «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> devient intarissable. «Nous l'avons effectué, en famille. Une centaine partie de Pau, malgré la décision d'exclusivité des voyages à Rome à effectuer depuis l'aéroport de Lourdes. Le vol depuis Pau avait été malgré tout maintenu avec un avion pour nous seuls uniquement. Nous étions accompagnés par l'abbé Jean-François DUHAR, prêtre de Lourdes, curé à l'ancienne, portant la soutane. Nous avons été de rebondissement en rebondissement, un parcours rempli d'embûches et de demandes de renseignements permanents. J'ai en souvenir une demande urgente du Vatican, nécessitant une réponse dans la journée. Or le message est arrivé en pleine cérémonie d'enterrement célébrée par le père DUHAR. Je me revois avec lui, à la sacristie, en pleine cérémonie, en train de faire une réponse, les cachets à la main</span><span class="ins">»</span></span>. Le pape aussi chef d'État du Vatican était à l'époque Benoît XVI. «<span class="ins"><span class="it">L'audience initiale qui nous était accordée était de 2 minutes et il n'y avait qu'une seule séance par semaine. Nous, groupe d'amateurs, nous étions positionnés au premier rang de l'audience publique, avec les invités d'honneur. Il y avait un professeur de New York, un footballeur célèbre, un prince</span><span class="ins">»</span></span>. Chaque invité devait remettre aux cardinaux présents un présent pour le Saint-Père, qui était immédiatement retiré de la vue du destinataire. «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">J'eus alors l'idée de lui remettre en main propres, deux CD de l'Orphéon, dont l'un était l'enregistrement de la messe des 120 ans de l'Orphéon célébrée dans l'église de Gèdre en 2008. Tout le groupe était en tenue montagnarde, en pleine chaleur. Un groupe des deux villes jumelées avec Luz, Höchberg et Bastia Umbra en Italie nous a rejoints, donnant un côté fraternel à cet échange culturel. Avant de rencontrer Benoît XVI, nous avions chanté la messe dominicale à l'église Saint-Louis des Français, puis concert traditionnel et religieux au Panthéon, vaste et antique rotonde, devant une foule immense. Sur le parvis de la place Saint-Pierre, juste en dessous de nous, l'Orphéon au grand complet a entonné sur la sonorisation du Vatican, ce merveilleux chant de messe «<span class="ins"><span class="it">Tollite hostia</span><span class="ins">»</span></span> qui a résonné dans la place Saint-Pierre. Tout le groupe avait revêtu la tenue traditionnelle, devant plus de 15.000 fidèles médusés. À son départ, le Pape debout dans son automobile d'apparat, entouré de ses gardes suisses s'est arrêté quelques instants devant le groupe de l'Orphéon, qui lui proposait la belle harmonie du merveilleux chant montagnard, Vierge de la montagne. Je suis fier de ce voyage, où se sont mêlés spiritualité, chant choral, tourisme et jumelage. Il a été fort en émotions, car nous avons tous vécu ensemble un moment historique. C'était magique, nous avions tous une véritable fascination pour le Pape, de plus un véritable chef d'État</span><span class="ins">»</span></span>. En ce sens ce fut un sommet, une apothéose. Beaucoup plus que tous les autres voyages, malgré leur attrait et leur réussite, Rome fut un gros support pour passer à la vitesse supérieure. «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> conclut<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Je reste conscient que nous avons mis la barre très haut et qu'il est difficile de faire mieux</span><span class="ins">»</span></span>…..tant que l'Orphéon ne sera pas allé chanter sur la lune<span class="ins">!</span> Pourtant, un deuxième déplacement somptueux a marqué les mémoires. Il s'agit de la réception en privé à l'Assemblée Nationale (Palais Bourbon) et au Sénat (Palais du Luxembourg), à Paris. «<span class="ins"><span class="it">Après avoir emmené le groupe dans de nombreuses capitales, il ne restait plus qu'à se produire dans la nôtre</span><span class="ins">»</span></span> Ce fut chose faite en octobre 2018. À cette occasion et à l'initiative de la députée Jeanine DUBIÉ et des deux sénatrices Viviane ARTIGALAS et Maryse CARRÈRE, le groupe de l'Orphéon a remonté le tapis rouge et chanté dans ces deux prestigieuses enceintes. C'était là aussi un grand moment, les élues ont assuré la visite et elles ont porté très haut ces jours-là, la représentation de leur territoire. Du très haut de gamme. On imagine l'importance du grand écart entre la salle de répétition de Luz et les vestibules de ces deux monuments nationaux. La députée pyrénéenne remit à cette occasion à nos amis toy, un document reprenant les 12 couplets de la célèbre Marseillaise, ou figure aussi le couplet des enfants. Tout ce long parcours est sillonné d'anecdotes toutes aussi «<span class="ins"><span class="it">croustillantes</span><span class="ins">»</span></span> les unes que les autres. Comme cette ouverture de rideau, à Saint Lary, qui dévoile d'un côté un parterre hilare, et de l'autre Jojo GUILHEMTOY, célèbre voix basse du groupe, dont le pantalon mal assuré baissait au fur et à mesure que le rideau montait pour dévoiler au final, un magnifique sous-vêtement de style kangourou. L'homme ne se démonta pas, et dans un grognement dont il avait le secret, il remonta son uniforme pour continuer sa participation au chant. Comme Jojo, le Pays toy nous a donné un certain nombre de «<span class="ins"><span class="it">figures</span><span class="ins">»</span></span> toutes caractérisées par une bonhomie, mais surtout une grande humanité. Je pense spontanément à de véritables personnages de Pagnol comme Pipirou, Poupou Da Siva, Zonzon et bien d'autres, tous bien connus au pays. De nos jours, tout est devenu plus lisse, les individualités, grands personnages gascons pittoresques, ont disparu. Le Président Charly TREY se doit aussi d'être un animateur, rôle qui lui va à merveille. Lors d'une représentation, à une dame qui lui demandait pourquoi les chanteurs arboraient des pompons autour du cou, il répondit sans ambages<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Dans les Pyrénées les glaciers remontent, chez nous ce sont les pompons</span><span class="ins">»</span></span>. Il lui arrive même de présenter son vice-président aux moustaches impériales comme un cadeau laissé par Napoléon III en souvenir de sa garde rapprochée. Pas étonnant qu'à la fin du spectacle, des passionnées se précipitent sur lui pour obtenir un paraphe de son passage. Il raconte aussi, que deux des chanteurs, l'un grand et l'autre de petite taille, sont de redoutables chercheurs de champignons. L'un, Robert est le chercheur «<span class="ins"><span class="it">de base</span><span class="ins">»</span></span>, redoutable au niveau des fougères et l'autre plus grand travaille de façon plus panoramique. Il cherche plus haut, pour preuve son béret en forme de girolle. Ou enfin de rappeler qu'un maire de Luz de l'époque portait le nom de FORCAMIDAN. Ce dernier accueillit Napoléon III lors de ses visites à Luz. Depuis l'affaire des Louis d'or découverts à la mairie de Luz, «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> ne manque pas de mentionner que le dénommé FORCAMIDAN de l'Orphéon actuel n'est autre qu'un descendant de l'illustre premier. Aussi quand ils se rendent chez lui, ils ne manquent pas de taper discrètement sur les murs ou sur le plancher pour voir s'il n'y aurait pas d'autres Louis d'or dissimulés. L'ambiance est donc à la rigueur et au sérieux durant chaque prestation, mais elle n'exclut pas l'humour de bonne intention. La cerise sur le gâteau, me dit «Charly</span><span class="ins">»</span></span><span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">À la fin du spectacle, nous invitons le public à chanter avec nous. Nous proposons un chant connu sur lequel nous mettons des paroles sur la vallée, comme l'air de «<span class="ins"><span class="it">Fleur d'épine, fleur de rose</span><span class="ins">»</span></span>. Les paroles sont distribuées et les personnes gardent la feuille en souvenir. Les gens aiment beaucoup et la plupart du temps ils viennent communiquer après le concert. On peut rencontrer alors des gens divers comme un chef de chœur ou un jour, une personne du conservatoire de Toulon</span><span class="ins">»</span></span>. <span class="stb">Les trois valeurs de l'Orphéon </span> Tout d'abord une grande solidarité. Une grande famille dans les bons et les mauvais moments. Ensuite la volonté de perpétuer les traditions, les valeurs de la montagne et le patrimoine culturel, c'est sacré. «<span class="ins"><span class="it">À travers les chants on exprime les valeurs de la montagne. J'ai coutume de dire qu'avec les guides nous sommes complémentaires, on chante la montagne et nous donnons envie d'aller la côtoyer, et eux poursuivent cette idée jusqu'à la réalité de la découverte</span><span class="ins">»</span></span>. Enfin la volonté de rester authentique pour être des passeurs de traditions. «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY ajoute<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Tu ne peux pas transmettre si tu n'es pas authentique. Cela est aussi nécessaire pour montrer l'exemple</span><span class="ins">»</span></span>. Pour cela, deux éléments revêtent une très grande importance. <span class="stb">La tenue </span> Le costume revêt une grande importance. Il a évolué au fil des ans. «<span class="ins"><span class="it">Pour le centenaire nous n'avions pas de tenue officielle. Je me suis rendu au Musée de Lourdes et j'ai proposé une nouvelle tenue au groupe, car nos décisions sont collectives. Cette tenue avait l'avantage de rappeler la montagne, proche de la tenue des guides et de la tenue pyrénéenne des bergers, avec la ceinture rouge portée le dimanche et le double pompon. Il ne restait plus qu'à la réaliser. Elle a été faite sur mesure par un tailleur, et depuis peu une couturière de Luz a pris le relais. Le travail réalisé par Daniel MADALLA a été là aussi déterminant. La tenue c'est le respect, c'est l'unité du groupe. Elle lui donne une autre dimension et une certaine fierté d'appartenance</span><span class="ins">»</span></span>. Cette nouvelle tenue a été inaugurée le 11 novembre 2006. <span class="stb">La bannière</span> Il me faut souligner aussi, l'importance de la bannière. Elle est de velours grenat avec un écu aux armes de Luz, et la date de la première médaille obtenue en 1867. C'est un élément de reconnaissance, de ralliement. Porter la bannière reste avant tout un honneur. Bien entendu l'ancienneté est importante dans le choix. Aujourd'hui cette mission est confiée à Jean-Claude SANYOU, car avec le Président Jean-Louis TREY, il figure dans ce groupe depuis 1971, soit depuis 50 ans. Respect<span class="ins">!</span> En règle générale, les Orphéons sont dotés d'une bannière qui revêt une grande importance et surtout une grande fierté de ralliement. Autant dire que celle de Luz est conservée comme une relique. Une expression du début du XXème siècle fait souvent référence à cet élément majeur<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Il allait, majestueux, comme le porteur d'une bannière d'Orphéon</span><span class="ins">»</span></span>. <span class="bo">Photo 6</span><span class="ins">:</span> 2021. Dernière photo du groupe prise à Solférino, avec le pic de Viscos en arrière-plan. Elle est composée de 28 orphéonistes. De gauche à droite<span class="ins">:</span> Rosalie CARRÈRE, directrice adjointe de chant (Luz) Jean CASTAGNÉ, baryton (Luz) Fabien SOUBERCAZES, basse (Vizos) Christophe DUROCHER, basse (Luz) Alain BORDENAVE, basse (Esterre) Michel POMMIES, 1er ténor (Argelès-Gazost) Philippe SABATUT, 1er ténor (Gèdre) Franck SAJOUS, baryton (Sazos) Joël CAUSSIEU, 1er ténor (Barèges) Noël FOURTINE, baryton (Esterre) Jean-Paul FOURTINE, baryton (Esterre) André SOUBERCAZES, basse (Luz) Jean-Claude ROUDET, 1er ténor (Gèdre) Laurent MAJESTÉ, 1er ténor (Esquièze-Sère) Urbain LUBY, baryton (Viscos) Jean PRISSÉ, 1er ténor (Esquièze-Sère) Robert CASTEYDE, 1er ténor (Pierrefitte) Romain ESTRADE, 1er ténor (Esterre) Jean-Claude FORCAMIDAN, 2ème ténor (Adé) Patrick HEBRARD, 2ème ténor (Luz) Raymond ALÉAS, premier plan, baryton (Pierrefitte) Fabrice ACOSTA, second plan, 1er ténor (Viscos) Lucien DUROCHER, 2ème ténor (Luz) Jean VIDALON, 2ème ténor (Lau-Balagnas) Daniel MADALLA, 2ème ténor (Luz) Bernard DHOUDAIN, directeur de chant (Luz) Jean-Louis TREY, 2ème ténor (Loubajac) Jean-Claude SANYOU, 2ème ténor et porte-bannière (Esterre). Absents de la photo<span class="ins">:</span> Roger NOGUÈRE, 1er ténor (Luz) Romain SABATUT, baryton (Gèdre) Une question est souvent posée<span class="ins">:</span> pourquoi dans cette province de Bigorre ce sont surtout les hommes qui chantent, notamment dans les zones de montagne<span class="ins">?</span> «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> répond<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Le chant fait partie de nos gênes, en montagne les bergers s'exprimaient par le chant. Le chant c'est le plaisir de se retrouver de partager. Lors de la date incontournable de la foire des côtelettes pour la Saint-Michel, en septembre, il y a d'abord la vente du troupeau. A l'époque, les femmes venaient à la foire et repartaient avec l'enveloppe, elles laissaient les hommes se retrouver autour du chant. Tout cela a aussi évolué puisqu'il y a maintenant des bergères<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span> Alfred ROLLAND l'avait déjà notifié à l'époque<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Il y a un phénomène vocal dans les Pyrénées difficile à expliquer, en particulier chez les hommes qui ont une couleur de voix bien spécifique. Ce timbre de voix est souvent même très spécifique à une vallée</span><span class="ins">»</span></span>. L'Orphéon de Luz est généralement constitué d'une trentaine de personnes<span class="ins">:</span> 4 basses, 8 barytons, 11 ténors et 7 seconds ténors. Les plus durs à trouver sont les basses. Les «<span class="ins"><span class="it">basse</span><span class="ins">»</span></span> sont le fond du chant, les seconds ténors et les barytons sont des voix intermédiaires et les ténors mettent en valeur la trame du chant. C'est le global qui donne la réunion de tous. Du plus jeune Fabien SOUBERCAZES âgé de 28 ans au doyen Raymond ALÉAS 88 ans, l'Orphéon est un véritable phénomène sociétal. Fortement représentatifs de la vallée, ils sont issus en grande majorité des villages du Pays toy. Que peut-on dire sur votre répertoire de chant<span class="ins">?</span> «<span class="ins"><span class="it">Nous pouvons globalement diviser notre registre en deux volets<span class="ins">:</span> religieux avec les messes, comme celle en latin de Ziegler et un autre plus populaire avec une variante de chants de montagne. Au total une centaine de partitions environ. Nous programmons nos concerts en début d'année. Pour cela, nous réalisons l'affichage et nous publions des informations sur le site. Mais, nous nous produisons aussi à la demande des villages, au cours des fêtes patronales, des messes ou de concerts. Il y a beaucoup de demande. Nul n'ignore que quand l'Orphéon est présent, l'église est pleine<span class="ins">!</span> Enfin nous pouvons également participer à d'autres cérémonies mémorielles du canton. Nous avons, lors d'une année «<span class="ins"><span class="it">de pointe</span><span class="ins">»</span></span>, réalisé 60 prestations dans l'année. En permanence, nous restons vigilants, par exemple pour pouvoir intégrer de nouveaux jeunes qui ont la volonté et l'envie de s'investir</span><span class="ins">»</span></span>. Peux-tu me parler du fonctionnement<span class="ins">?</span> «<span class="ins"><span class="it">Côté fonctionnement, nos finances sont saines et nous avons une bonne gestion. La vente de nos CD est une ressource importante. Nous gardons également la fierté de pouvoir bénéficier en grande majorité de notre auto-financement. Tout cela nous permet de pouvoir rester autonomes, sans devoir solliciter d'importantes subventions. Pour notre communication, nous sommes également présents sur les réseaux sociaux</span><span class="ins">»</span></span>. Les répétitions s'effectuent tous les jeudi soir (21h à 23h), sous la responsabilité du directeur et de la directrice adjointe de chant. La 1ère heure, les 1ers et 2èmes ténors travaillent avec Bernard DHOUDAIN, pendant que les barytons et les basses sont avec Rosalie CARRÈRE. Les deux groupes se rejoignent pour la 2ème heure. Par le passé, l'Orphéon a eu de grandes figures avec des chefs talentueux<span class="ins">:</span> Jean Planté, Moncassin, un dénommé Cabarrou, Pierre Planté, des figures de proue<span class="ins">:</span> comme Fourment, «<span class="ins"><span class="it">Cametto</span><span class="ins">»</span></span>, Jean Bernard, Nille Guilhemtoy, Armand, et des solistes réputés<span class="ins">:</span> Henri Pratdessus alias Planté. Grâce à un travail minutieux de patience et de recherche, le vice-président Daniel MADALLA a reconstitué un musée dédié à ce groupe. De nombreuses photos et souvenirs de concours et de voyages ont été regroupés. Ce travail d'archivage reste permanent, aussi si vous possédez des souvenirs, des photographies, des témoignages qui pourraient alimenter cette histoire, vous pouvez les contacter, ils se feront un plaisir de collecter vos apports afin de compléter un patrimoine déjà bien documenté. Vous pouvez également, sur simple demande, visiter ce musée et admirer un magnifique orgue médiophone de la célèbre manufacture Dumont-Lelièvre des Andelys, datant de 1900. Cet orgue à appartenu au grand Jean PLANTÉ, ancien chef de chœur en 1910 qui s'en servait vraisemblablement pour diriger le chant. En 2014, ses arrière-petites-filles, Marie Noëlle et Marie, l'ont amené depuis l'Angleterre où elles résident, dans le coffre de leur voiture et l'ont offert au musée de Luz. Un grand moment de souvenir et un trait d'union émouvant avec l'histoire<span class="ins">!</span> L'Orphéon de Luz-Saint-Sauveur représente l'un des groupes les plus anciens de la chaîne des Pyrénées. Sa notoriété et son rôle d'ambassadeur du pays Toy sont incontestables. Durant tout ce long parcours, ce sont 17 médailles qui résonnent tout en haut de la hampe, à côté de deux palmes, témoins des lauriers cueillis lors des concours de chant du Sud-Ouest. Raymond RITTER, avocat et pyrénéiste convaincu écrira en 1950<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Il est heureux que l'on puisse ainsi conserver une des dernières traditions encore vivantes dans nos Pyrénées, dans tout ce qu'elle a de pur et de naturel</span><span class="ins">»</span></span> Pour vous en convaincre, la production régulière de CD et DVD permet d'offrir au public et aux curieux, le témoignage d'une passion, d'un talent de d'un amour. En conclusion voici quelques paroles de l'hommage aux Orphéons écrit en 1863 par l'avocat Amiénois Emile de la Bédollière, qui se définissait comme journaliste-écrivain goguettier<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Honneurs à vous joyeux chanteurs, En maints concours triomphateurs, Le cœur est content, Et les oreilles sont charmées, Le cœur est content, Chaque fois que l'on vous entend. Orphéons bravo, vos voix sont toujours aimées, Orphéons bravo, Portez haut votre bannière, Orphéons bravo, Toujours un bienfait nouveau...</span><span class="ins">»</span></span> Je tiens à remercier le Président actuel <span class="bo">«<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY</span> qui a eu la gentillesse de m'accorder ce très long entretien, ainsi que <span class="bo">Daniel MADALLA</span> pour l'avoir organisé dans les locaux qui respirent la mémoire. Nous sommes en décembre 2021. Il y a tout juste 50 ans, Jean-Claude SANYOU l'historique porte-bannière et «<span class="ins"><span class="it">Charly</span><span class="ins">»</span></span> TREY ont rejoint l'Orphéon. Ce sont les deux plus anciens de cette magnifique institution. Bon anniversaire Messieurs et longue vie à ce joyau d'âge fort respectable. <span class="bo">Photo 8<span class="ins">:</span></span> 2021<span class="ins">:</span> Le bureau de l'Orphéon (de gauche à droite)<span class="ins">:</span> Jean-Claude SANYOU, responsable 2nds ténors et porte-bannière (Esterre) Alain BORDENAVE, second plan, trésorier adjoint (Esterre) Daniel MADALLA, vice-Président (Luz) Christophe DUROCHER, second plan, responsable basses (Luz) André SOUBERCAZES, secrétaire (Luz) Philippe SABATUT, second plan, secrétaire adjoint (Gèdre) Rosalie CARRERE, directrice adjoint de chant (Luz) Jean-Paul FOURTINE, second plan, responsable barytons (Esterre) Jean-Claude FORCAMIDAN, trésorier (Adé) Romain ESTRADE, second plan, responsable 1ers ténors (Esterre) Jean-Louis TREY, président (Loubajac) Bernard DHOUDAIN, directeur de chant (Luz) <span class="sm"><span class="un">Bibliographie</span><span class="ins">:</span> Laurent CHENAUX<span class="ins">:</span> les chanteurs montagnards de Bigorre. Anthropologie d'une tradition orphéonique en Pays d'Oc. Classiques Garnier. 2021 -Les Orphéons Wikipédia -Le site de l'Orphéon de Luz (www.orpheondeluz.com) -Loucrup 65 – Le plus vieux Orphéon de France par Tendance Ouest -www.patrimoines<span class="ins">:</span> Orphéons, pastourelles, chorales et chansons </span>
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