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Lorsqu'au printemps 2020, l'équipe de rédaction d'«<span class="ins"><span class="it">En Baredyo</span><span class="ins">»</span></span> retenait l'idée d'un article à propos de l'Hospitalet de Barèges, nous n'imaginions pas que cela nous conduirait à devoir en étaler la publication sur plusieurs numéros. Il est utile, ici, de préciser que ma contribution est d'un témoin depuis le début des années 1980 jusqu'à la cession du bâtiment à la ville de Barèges l'automne 2014, il y a 7 ans. Entre les aléas de ma mémoire et la relativité des témoignages qui m'ont été rapportés, les lectrices et lecteurs auront noté des imprécisions, des erreurs, des oublis. La rédaction ayant décidé d'ouvrir un courrier des lecteurs, c'est l'occasion pour chacune et chacun d'apporter son éclairage et d'enrichir la mémoire de ce lieu. Nous nous étions arrêtés sur le départ des Sœurs Hospitalières de Niort (Ursulines) après la saison d'été de 1963. Monseigneur THÉAS, évêque de Tarbes et Lourdes et, es qualités, Président de la Fondation de la Maison de Secours Sainte Eugénie, cherchait une solution pour assurer la pérennité de la mission de cet établissement, telle qu'elle avait été définie à sa création (cf. article «<span class="ins"><span class="it">En Baredyo</span><span class="ins">»</span></span> de juin 2021). À cette époque, il y avait à l'accueil Pie X à Lourdes, un groupe de jeunes militants bénévoles très actifs au sein du mouvement Pax Christi mais peut-être un peu remuants à son goût. Leur leader, Jean LEMANCEAU, était un angevin quelque peu charismatique, objecteur de conscience, dont il lui apparut qu'il pouvait répondre à la situation. Il lui demanda, avec ses amis, de faire vivre cette maison toute l'année en y accueillant curistes, gens de condition modeste et vacanciers. Jean LEMANCEAU et ses compagnons, Jean FERRAND, dit «<span class="ins"><span class="it">Soune</span><span class="ins">»</span></span>, Bernard SPIESSER, Marcel FLORY et Gaston PINEAU, relevèrent le challenge et se mirent au travail dès le 2 novembre 1965. L'effervescence de l'année 1968 trouva en ce lieu un espace à sa mesure et, rapidement, nos compères réussirent à mobiliser bénévoles et vacanciers de tous les coins de France et d'Europe pour redonner à cette maison une fonctionnalité et un confort conformes à sa destination. En 1969, l'Association Rencontres de Barèges était créée, la maison rebaptisée «<span class="ins"><span class="it">Hospitalet de Barèges</span><span class="ins">»</span></span> et un commodat (prêt à usage) était signé entre la Fondation Maison de Secours Sainte Eugénie et l'Association Rencontres de Barèges pour une durée de 18 ans renouvelable, c'est à dire que le bâtiment était mis gratuitement à la disposition de l'Association, à charge pour elle d'en assurer l'entretien, la fiscalité et les améliorations. Leur projet s'enrichit d'une dimension culturelle très importante et de l'ouverture à l'accueil de familles avec des enfants présentant de lourds handicaps pour les périodes de vacances. Leur organisation donnait beaucoup d'importance à la convivialité et aux partages des tâches. La Maison, située sur le GR 10, était également gîte d'étape. Chacun contribuait au bon fonctionnement de la maison<span class="ins">:</span> mettre le couvert et débarrasser sa table, faire le ménage de sa chambre, garder les enfants des parents en randonnée, etc… Il s'installa entre ces murs une ambiance chaleureuse, conviviale. Entre les curistes qui avaient connu la maison du temps des Sœurs de Niort, les intellectuels idéalistes post soixante-huitards</span><span class="ins">»</span></span>, les vacanciers de condition modeste qui parfois restaient de longues périodes en échange de leur ont marqué à vie celles et ceux qui ont séjourné dans ces murs. La famille NOGUÉ de Sers a constitué la colonne vertébrale l'année qui assuraient la fonction hôtelière quotidienne. des années 80. De nombreux artistes, plasticiens, musiciens commencèrent à devenir des habitués de la maison et toute l'année des expositions, concerts, animations étaient organisés. Régulièrement, certains venaient en résidence. Au début des années 80, pendant 18 mois, Gustavo GRÜNIG et Emma GARGIULO, artistes argentins, vécurent entre ces murs et y laissèrent plusieurs œuvres. En quelque sorte, l'Hospitalet était devenu la maison de la culture de Barèges. Elle faisait fonction de garderie d'enfants pendant la saison des sports d'hiver, de bibliothèque municipale et c'est là que se déroulaient de nombreuses expositions et concerts. Lorsque le festival «<span class="ins"><span class="it">Pianos aux Pyrénées</span><span class="ins">»</span></span> mis en œuvre par Christophe BAILLET et Pierre RÉAC avait sa base à Barèges, la plupart des musiciens étaient hébergés à l'Hospitalet, 23 pianos étaient répartis dans Barèges pour les masters classes et tout le monde mangeait ensemble à l'Hospitalet. Les plus grands noms du piano partageaient la table avec les vacanciers de l'été. Une année, à l'occasion d'une étape du Tour de France, François-René DUCHÂBLE avait installé son piano au bord de la route du Tourmalet et avait joué tout l'aprèsmidi. Un document intitulé «<span class="ins"><span class="it">L'HOSPITALET à travers ses acteurs … 1965… 1985… et après…</span><span class="ins">»</span></span> rédigé par les membres de l'Association à la fin des années 80 a recueilli le témoignage de nombreuses personnes passées par cette maison. Un exemplaire sera déposé auprès des ressources patrimoine de la mairie de Luz. C'est à cette époque, fin des années 80, que l'Hospitalet connaît une évolution majeure. Le 18 août 1986, l'Association Rencontres de Barèges signe l'acte d'acquisition de l'Abbaye de l'Escaladieu. Découvrant ce bâtiment à l'état d'abandon, Jean LEMANCEAU, enthousiaste, réussit à mobiliser 250 membres de l'Association qui s'engageaient à verser 100 francs/mois pendant 5 ans pour financer l'acquisition de l'abbaye. La famille FROSSARD, propriétaire des lieux, acceptait un paiement échelonné. Les membres de l'Association se mobilisèrent sans réserve pour entreprendre le nettoyage de ce lieu et préparer le terrain à une restauration conséquente, dans le but d'y implanter la même dynamique qu'à l'Hospitalet. Le matin, nous partions tôt de Barèges pour rejoindre l'abbaye par le Tourmalet. Nous rentrions tard le soir, bien fatigués mais heureux de cette nouvelle aventure. Las, la tâche était magnifique mais le versant financier ne suivait pas. Ce sont la caisse de l'Hospitalet, son matériel de chantier, sa lingerie et ses réserves alimentaires qui faisait tourner l'activité de l'Escaladieu, au détriment des travaux d'entretien nécessaires à l'Hospitalet. La rupture avec Jean LEMANCEAU était inéluctable si nous voulions sauver la maison de Barèges. Jean LEMANCEAU créa l'Association «<span class="ins"><span class="it">Rencontres de l'Escaladieu</span><span class="ins">»</span></span> qui récupérait l'abbaye et devint autonome vis à vis de l'Association Rencontres de Barèges. Sous la houlette de Jacques NAVECH qui assure la présidence de l'Association Rencontres de Barèges à partir de 1990, une équipe d'Administrateurs redressera les finances de l'Hospitalet et lui permettra de poursuivre son action jusqu'à la fermeture du 31 mars 2012. Dès la fin des années 90, conscients de prévoir une rénovation de fond du bâtiment afin de répondre aux règles de sécurité et aux contraintes techniques et de confort de ces lieux d'accueil, les Administrateurs engagent une négociation avec la fondation Maison de Secours Sainte Eugénie et son Président es-qualités, l'évêque de Tarbes et Lourdes. Envisager un chantier de rénovation en profondeur exige un budget conséquent (3 millions d'euros en 2012) et, en conséquence, des emprunts bancaires. Le fonctionnement de la Maison (12 000 nuitées par an) permettait d'envisager un autofinancement, mais les organismes bancaires exigeaient une garantie hypothécaire. Le propriétaire étant la Fondation et le bâtiment étant par nature un bien inaliénable, il n'existe que deux solutions<span class="ins">:</span> ou bien l'évêché se portait caution de l'emprunt, mais ce n'est pas sa vocation, ou bien, la Fondation transférait la propriété du bâtiment à l'Association Rencontres de Barèges, ce qui autorisait la garantie hypothécaire. Il a fallu 10 ans et de nombreuses démarches juridiques pour qu'au début des années 2010 la propriété du bâtiment de l'Hospitalet soit acquise par l'Association Rencontres de Barèges pour un euro symbolique. Les Administrateurs n'avaient pas attendu cette signature pour faire réaliser un projet de rénovation complet et conforme aux exigences réglementaires actualisées. Un programme de travaux était défini et une fermeture de fin mars 2012 au printemps 2023 programmée, ce qui exigeait de mettre en œuvre un licenciement économique du personnel avec engagement de reprise de celui-ci à l'issue des travaux. Il ne manquait pour clore le dossier que l'autorisation de Conseil Régional, préalable indispensable à un tour de table des banques et à une ouverture des appels d'offre. Malgré l'appui de la Mairie de Barèges et du Conseil Départemental, en dépit de l'anticipation des démarches de l'ensemble des autorités territoriales et bien que la fermeture pour travaux de la maison ait été programmée pour le 31 mars 2012, cette autorisation n'arriva jamais. L'Association ne demandait pas de subvention pour ces travaux, seulement l'agrément de la Région et de ses instances vouées au tourisme en Hautes Pyrénées, conditions exigées par les banques. Face à cette situation, les Administrateurs de l'Hospitalet, sollicités par la Mairie de Barèges, décidèrent de lui céder le bâtiment au prix coûtant (solde des emprunts engagés pour le changement des huisseries et autres frais courants d'entretien), soit 100 000 € en novembre 2014. 7 ans après, il semble que des projets concrets puissent enfin devenir réalité. C'est notre souhait le plus cher. Pour conclure, je reviendrai rapidement sur cette période 2012-2014 où il a fallu nettoyer et vider la maison pour que puissent s'y dérouler les travaux projetés. Nous avons choisi alors l'option de céder souvent gratuitement ou alors à des tarifs très symboliques l'ensemble des matériels et mobiliers à des associations, des communes ou de jeunes professionnels en démarrage d'activité économique. Entre les personnes de la vallée qui sont venus travailler à l'Hospitalet quelques semaines, quelques mois ou quelques années et celles qui ont bénéficié de ces petits coups de pouce pour leur activité, la liste est finalement conséquente. Lorsque je me promène à Luz et environ, je croise chaque jour plusieurs personnes qui nous ont fait bénéficier de leurs compétences à l'Hospitalet ou pour lesquelles nous sommes heureux de voir qu'elles ont fait fructifier notre soutien. Je n'oublie pas les lieux divers où se retrouvent les plus beaux éléments du mobilier de l'Hospitalet ou l'une des œuvres que les artistes, amis de la maison, y avaient laissé en signe de remerciement. L'exemple le plus visible est la pharmacie de l'Hospitalet qui a trouvé sa place dans l'espace muséal de la Mairie de Luz. Comme je l'ai dit en introduction de cet article, les témoignages complémentaires ou correcteurs sont les bienvenus. <p class="pb"><span class="bo">QUI DE NOS ADHÉRENTS SAURA RECONNAÎTRE LE LIEU OÙ A ÉTÉ PRISE CETTE PHOTO
?
<span class="bo sm">(photo 5)</span></span> La personne donnant la première bonne réponse gagnera un gâteau à la broche, ça motive, non?</p> <p class="po"><span class="bo">VOUS, LECTEUR, QU'EN PENSEZ-VOUS<span class="ins">?</span></span> (Photos Jean-Louis Louyat) <span class="sm bo">(Photo 6)</span></p>
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