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Fernand, Pierre, Edmond, Henri Laurain, était issu d'une famille parisienne aisée. Il est né le 12/08/1894 à Paris (4ème), fils d'Emile, Jean Laurain, attaché principal au Conseil d'Etat, né à Paris 4ème le 13/11/1861, et de Charlotte, Madeleine Bosselut, née à Melun (Seine-et-Marne) le 2 avril 1871, fille mineure de Pierre Bosselut, capitaine en retraite, chevalier de la Légion d'honneur et d'Anne Marie, Emilie Baudais. Les parents de Fernand Laurain, s'étaient mariés le 15/06/1891 à St Maur des Fossés (Val de Marme). Fernand fera ses études de Médecine à Paris. Très jeune, dès l'âge de 20 ans, il est incorporé le 19/12/1914, comme médecin-infirmier au 6ème bataillon des Chasseurs à pied, puis il rejoint le service de santé du 26ème régiment d'artillerie. On le retrouve ensuite au 5ème bataillon des Chasseurs Alpins, ce qui lui valut très certainement son penchant pour la montagne. Le 12/09/1919, il est mis en congé de démobilisation. Par la suite, il rejoint l'armée par décret de mobilisation générale et la section des infirmiers militaires. Puis les certificats de bonne conduite se multiplient et il est nommé directeur du service de santé au 229ème régiment d'artillerie lourde à Bourges, puis au 5ème corps d'armée. Il est alors promu médecin lieutenant en 1932 à l'hôpital militaire Dominique Larrey à Versailles. En 1939, il rejoint la 1ère légion de la garde républicaine de marche. En 1940, il est affecté au centre d'organisation de l'artillerie automobile à Nemours. Ce sera son dernier poste. Après 26 années de carrière comme médecin militaire, il quittera l'armée le 20 février 1940. Ce qui est étonnant, c'est que le célèbre guide Rosenwald, annuaire de tous les médecins du territoire français, enregistre son domicile en 1925, au 134, rue de Rennes à Paris. Il n'exerçait pas à cette adresse. En revanche, il est ajouté que l'été, il était à Barèges. Fernand Laurain était donc à Barèges, et son cabinet était mitoyen de l'église. Il consultait également aux Thermes du village. Il était un homme de petite taille, un béret toujours vissé sur la tête et une moustache sombre taillée « <span class="it">a bisto de nas</span> ». Son côté bien souvent absent et original intriguait. Il vivait en marge, dans son monde, qui n'était pas forcément le monde des Barégeois. Mais tous l'aimaient. Quand on le sollicitait, il répondait lentement avec un accent fortement parisien. Sa gentillesse était légendaire et l'attention accessoire qu'il portait à la propreté aussi. J'ai le souvenir de le voir, devant l'établissement de mon grand-père, s'asseoir sur le trottoir, dégager sa longue cape et ouvrir une boîte de sardines qu'il mangeait à même le trottoir avec un quignon de pain. Si j'en crois le récit de Charles Lapeyre, il ne jetait jamais ces boîtes vides et il avait pour habitude de vacciner les enfants de Barèges, après avoir fait tremper l'aiguille dans une des boîtes de sardines remplie d'alcool. Charles ajoute<span class="ins">:</span> « <span class="it">Tous les enfants de cette époque ont été vaccinés comme cela, et on n'est pas morts</span> !</span><span class="ins">»</span></span> À l'endroit où se trouve actuellement la résidence de l'Ayré, en contrebas de la route, il avait réalisé un petit parc pour les enfants qui pouvaient utiliser toute sorte de jouets en bois. Il avait même confectionné un téléphérique qui partait du petit parc et rejoignait la route. En face, il y avait le préventorium du docteur Laurain, un établissement de cure pour les personnes menacées de tuberculose. Comment était-il arrivé à Barèges ? Deux versions s'opposent. La première est qu'il souffrait moins à cette altitude de ses fragiles poumons. La seconde est qu'il avait quitté Paris, car il avait été éconduit par une célèbre scientifique, devenue prix Nobel de physique, dont il était tombé amoureux durant ses études. Toutefois, cette dernière hypothèse semble peu probable. Contemporain du général De Gaulle, il se plaisait raconter qu'il avait été à l'école avec lui, mais qu'il ne l'appréciait pas beaucoup. À Barèges, il avait soigné Claude Trey (hôtel Teinturier devenu hôtel Central) alors qu'il était soldat et ce dernier lui était grandement reconnaissant. Cela dit, même s'il s'accommodait d'une prophylaxie la plupart du temps douteuse, il était un excellent médecin au redoutable diagnostic avec un sens de la prescription des plus performants. Avec un petit accent parisien malicieux et rieur, il conseillait à un patient inquiet<span class="ins">:</span> « <span class="it">Mettez un chapeau au pied du lit, quand vous en voyez deux, c'est que vous êtes gueri.</span> » , simple la médecine dans le temps ! À son décès, on retrouva le sous-sol de sa maison, rempli de journaux qu'il conservait soigneusement. Une anecdote vraie était connue de tous les Barégeois. « <span class="it">Didi</span> » Lons, le propriétaire de l'hôtel de l'Europe à Barèges, rêvait de « <span class="it">monter à Paris</span> ». À la fin de l'année 1959, le Docteur Laurain proposa à l'inoubliable « <span class="it">Didi</span> » Lons de l'accompagner au cours d'un rapide aller-retour à la capitale. Ce dernier accepta, ravi de la proposition. Le départ décidé, « <span class="it">Didi</span> » entra dans la voiture et demanda au Docteur Laurain, pourquoi il y avait autant de journaux empilés à l'arrière. Fernand Laurain lui avoua qu'ils servaient à dissimuler sa mère, Charlotte, Madeleine, décédée la veille à Barèges. Les dernières volontés de cette dernière étaient d'être enterrée à Paris. « <span class="it">Didi</span> » avait immédiatement bondi hors du véhicule. La maman Charlotte, Madeleine Laurain, née Bosselut, sera inhumée au cimetière du Père Lachaise, dans le 20ème arrondissement. Resté célibataire, Fernand Laurain est décédé à Barèges, le 5/05/1972. <span class="sm"><span class="un">Sources</span> : Archives départementales des Hautes-Pyrénées - Site Geneanet - Site Filae<span class="ins">:</span> recrutement militaire de la Seine-Guide médical et pharmaceutique Rosenwall 1925 - Cartes postales M.Pélégry Photographie : Famille Lapeyre, Barèges.</span> <span class="sm"><span class="un">Légendes complètes</span><span class="ins">:</span> 5 - Arrivée d'uns course de ski à Barèges. Derrière le docteur Laurain (dossard 102), Pierre Marcou (111), père de Ginette Passet (Modern Hôtel), Laurent Honta (112), Jean Cazaux Palu (10)</span>
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