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<span class="st">L'hospitalité</span> Dans la maison Hourcadet, l‘hospitalité a toujours été le mot d'ordre. Paysans de Gèdre-Dessus, soumis à une nature difficile comme les autres familles du hameau, Germain Hourcadet me narra plusieurs anecdotes concernant la vie quotidienne des montagnards. J'étais venu le voir à la recherche du guide Henri Marc Sesqué (1797-1875) qui engagé par Philippe d'Orléans, duc de Nemours fit, en 1846, la première ascension du pic Long. Germain me raconta l'histoire de Louis Marc-Sesqué né en 1875 d'Antoine et Marianne Périssère, dans la maison Ignacio. Sans plus aucune famille, ce vacher de Gèdre-Dessus avait perdu l'usage de son œil. Il était dépressif et fut accueilli chez Hourcadet comme une vraie famille. Il y resta toute sa vie en rendant des services. Il était habile de ses mains<span class="ins">:</span> il faisait de paniers d'osier et découpait de grands pans de laine qu'on faisait sécher. Ensuite, on en couvrait les chevreaux pour les garder de l'humidité (La famille Hourcadet possédait 18 chevreaux en complément des brebis et des vaches). Louis Marc-Sesqué était sur les nerfs quand le vent se levait au Campbielh et emportait le regain<span class="ins">:</span> c'était un brave homme se rappelle Germain. En 1943, Germain et Louis voient passer les allemands et leur jeep, leur GMS. Germain s'exclame<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Plus tard quand je serais grand j'achèterai une jeep, je prendrai mon élan et Hop enta Pas de Calais.</span><span class="ins">»</span></span> Louis Marc-Sesqué a laissé son nom gravé en 1927 dans le plat avant d'arriver à Saoucet. La maison Hourcadet accueillit aussi la famille Arruhàt après l'incendie de leur maison, ils restèrent 33 ans dans une maisonnette des Hourcadet. Pendant de nombreuses années, la famille dera Pène a entretenu des liens de profonde amitié avec les Hourcadet<span class="ins">:</span> Pipirou (Jean-Jacques Cazaux-Lapeyre) venait les aider pour le pèle-porc et prolongeait l'après-midi par des parties de belote endiablée. <span class="st">Une jeunesse en montagne</span> Habitué comme les jeunes enfants à travailler rude, Germain participe aux travaux de la ferme dès son plus jeune âge. Il participe au foin jusqu'à la grange de Cap de Sarrat où l'on remontait le foin à la force des saoumettes. L'on restait longtemps dans ses granges d'altitude de février à Noel. Germain se souvient être resté seul 8 jours alors que la tempête grondait. Pour l'entretien des rigoles contemporaines, Germain portait le sac de ciment sur son dos d'enfant. Une fois, son tour d'arrosage fait, il fallait encore remonter à la prise d'eau pour enlever la bifurcation. Plus récemment, il fallait démonter et porter la faucheuse à dos de sa mule blanche. Germain travaillait d'arrache-pied<span class="ins">:</span> sur la proposition de transport d'Edf. Germain monta le soir même avec sa mule les différents éléments du pylône. <span class="st">L'esprit de Barèges</span> Germain aimait beaucoup discuter. Il évoque le curé originaire de la maison Palu à Sazos et le commandant Sabatut qui dans une discussion s'entretenait de la religion. Le truculent commandant s'exclamait<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Je ne suis ni à Dieu, ni au Diable</span><span class="ins">»</span></span>. Le curé lui répondait sagement<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Tais-toi<span class="ins">!</span> Sabatut</span><span class="ins">»</span></span> en lui tapotant l'épaule. Germain se souvenait aussi du paysan Mouré qui n'osait pas prendre de l'argent pour la location de sa grange aux Scouts, il craignait de demander trop d'argent. Puis, le jour, où il y vit un serpent, il décida de jamais demander son dû. Germain évoque aussi les tailleurs comme Icco, de Luz qui affichait sur sa porte un écriteau «<span class="ins"><span class="it">Fermé pour cause d'ivresse</span><span class="ins">»</span></span>. <span class="st">Le chant</span> Comme de nombreux jeunes gens de son époque, Germain adorait pousser la chansonnette. Il me racontait avec son esprit truculent sa jeunesse où avec deux jeunes de son âge, ils chantaient à tue-tête. «<span class="ins"><span class="it">Ah, Pimené beau point de vu […] les plus jolis hommes sont les oiseaux et ceux de la montagne</span><span class="ins">»</span></span>. Ce jour-là, il me fit promettre de revenir le voir pour l'enregistrer<span class="ins">:</span> je n'en ai pas eu le temps.
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