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Antoine, Dominique, Christian, Luc Péré est né le 18.10.1883 à Esquièze, dans la maison Hourcadet. Médecin, il est le fils de Joseph Péré (1852-1935), instituteur, domicilié à Villelongue et de Mathilde Cyprienne Nonon (1855-1930), institutrice, domiciliée aussi à Villelongue. Il épouse, à Luz, le 22.01.1913, Marie-Baptistine Castagné, fille de Jacques, Pierre Castagné, négociant, et de Catherine Fourtané. Deux enfants naquirent de cette union<span class="ins">:</span> Jeanne, Catherine Péré, décédée à l'âge de 9 mois et Pierre, Jean, Cyprien né à Luz le 2.01.1920, en la maison Cazaux. Il est décédé, dans sa 18ème année, des suites d'une maladie infectieuse pulmonaire de type tuberculose. Le Docteur Péré ne se consolera jamais de la disparition de son fils. Il se reprochait en effet, de n'avoir pu le sauver. Il se mit alors en retrait de la société et commença une sorte d'année sabbatique. Pendant plus d'un an, il loua le lac d'Ets Coubous au-dessus de Barèges. Une barque, montée à dos d'homme, lui avait été livrée au lac. Il vécut ainsi, plus d'une année dans une cabane près du lac. Avant cette dure épreuve, il exerça durant 5 ans (1909-1914), en médecine de ville à Luz, ainsi qu'aux thermes de Saint-Sauveur. Il avait également un cabinet secondaire à Barèges. Josette Planté, épouse Buisan, me confia que son père l'avait emmenée un jour en consultation chez le docteur Péré, à cause d'un état maladif chronique. Elle se souvient avoir 11 ans. C'était donc vers 1945, à la fin de la guerre et après le décès du fils du docteur Péré. En fin de consultation, le médecin répondit à Pierre Planté, le père de Josette : « <span class="it">Ne fais pas comme moi, sacrifie ses études, mais pas sa santé.</span> » Ces paroles étaient bien la preuve qu'il ne pourrait jamais surmonter le deuil de son fils. Un jour, au début de l'occupation, Antoine Péré était parti en visite auprès de ses malades à Barèges, son fidèle employé, un certain Nogaro, vit se présenter dans le cabinet médical, des Allemands ou peut-être des Autrichiens, rien n'est précis à ce sujet. Apeuré, il quitta le cabinet en toute hâte en criant<span class="ins">:</span> « <span class="it">Los alemanes, los alemanes</span> ». Informé de cette présence chez lui, Antoine Péré ne reviendra jamais dans son cabinet et il entra en résistance. Il prit alors le maquis, à l'Agnouède tout d'abord, puis à Chèze. Il deviendra même le chef de la résistance en pays Toy, en même temps que Gérard de Clarens le fut en Lavedan. Son action est d'ailleurs inscrite au service historique de la Défense, à Vincennes. Au titre des Forces Françaises Combattantes (FFC), il est cité comme étant l'auteur de faits de résistance. Le réseau Toy appartenait au fameux réseau Andalousie. Ce que l'on sait moins, c'est qu'Antoine Péré figure sur les tablettes du Conseil Général des Hautes-Pyrénées de 1925 à 1937. Comme l'a magnifiquement rapporté André Baget, dans le numéro « <span class="it">En Baredyo</span> » de juin 2024 : « <span class="it">Le nombre de candidats, refusant le service travail obligatoire (STO), candidats à l'évasion vers l'Espagne devint exponentiel après l'invasion des Allemands. Avec les docteurs Georges Cazaux et Antoine Péré, les gardes-forestiers Mounat et Lavigne du Cadet, un certain Marty, et Jean Baget, un réseau de « réfractaires » fut constitué. Ils furent vite rejoints par André Seguin et Gérard De Clarens d'Argelès-Gazost.</span> » Hormis d'être un excellent médecin, il était décrit comme un homme bon. Mon grand-père Salvador Nérin était ami avec lui, ils étaient de grands complices de pêche à la truite, dans le Bastan. Le Dr Péré soignait aussi efficacement avec les premiers rayons UV ma mère Zoé sujette à des crises d'asthme répétitives. Le Café du Lienz que possédait Salvador, sur le parking actuel face au magasin de sports Marcou, était en fait un chalet en bois qui était démonté avant tous les hivers. À partir de 1935, il était ouvert l'été et aussi l'hiver. Hélas la terrible avalanche du 24.03.1939 le détruisit définitivement. Le Dr Pèré voulait limiter ses activités, notamment à Barèges. Il possédait un cabinet médical, construit « <span class="it">en dur</span> » qu'il proposa à mon grand-père Salvador. Ce dernier lui répondit qu'il ne possédait pas l'argent nécessaire à cette acquisition. Antoine Péré lui répondit alors<span class="ins">:</span> « <span class="it">Tu me paieras quand tu auras les sous</span> ». Ainsi est né le Café du Funiculaire, face au fleuron de la station, qui fut, après de rapides travaux, opérationnel, dès l'été 1939. Cette nouvelle installation marqua aussi le début de croustillantes querelles de voisinage avec les barégeois, tant l'emplacement était convoité. La maison de Luz du Dr Péré, qui était aussi son cabinet médical, fut la première maison du pays à avoir le chauffage central. C'est dans celle-ci qu'à la veille de Noël, le 10.12.1952, Antoine Péré est décédé. <span class="sm"><span class="un">Bibliographie</span> : Archives André Baget, Luz - Publication En Baredyo, juin 2024 Archives départementales 65. <span class="un">Photographies</span> : collection privée André Baget</span> <span class="sm"><span class="un">Légendes complètes</span><span class="ins">:</span> 2 - En haut<span class="ins">:</span> Monsieur Marty, au milieu Jean Baget (père d'André) et le docteur Antoine Péré avec son inséparable chapeau. 3 - Chèze - Octobre 1943 - le «<span class="ins"><span class="it">maquis de Nat</span><span class="ins">»</span></span> - Réseau «<span class="ins"><span class="it">Andalousie</span><span class="ins">»</span></span>. De gauche à droite<span class="ins">:</span> Docteur Péré (debout avec le chapeau), André Seguin (pull blanc et pistolet), Jean Baget. Assis<span class="ins">:</span> Mr Nogaro employé chez le docteur Péré, Mr Lavigne du Cadet et Monsieur Mounat, gardesforestiers, Monsieur Marty et docteur Georges Cazaux </span>
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