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Hier, le Bastan a indignement abusé de sa fidèle compagne, aujourd'hui les Toys ne lui pardonnent toujours pas<span class="ins">!</span> S'il est deux dates qui sont bien ancrées dans notre mémoire parce qu'elles rappellent des épisodes essentiels de notre existence, ce sont le 18 juin 1940 et le 18 juin 2013. La première de portée nationale a acquis une dimension historique parce que la déclaration solennelle qui a été faite ce jour-là par la voix des ondes a redonné l'espoir à tous les concitoyens qui l'avaient perdu. Lancé de Londres où s'était retiré le Général Charles de Gaulle, ce fut un vibrant appel à la résistance qui fut adressé à tous les Français de la métropole et de l'Outre-Mer. Plus près de nous, en 2013, c'est aussi un 18 juin que se manifesta à l'autre bout de la France sur la chaîne des Pyrénées, un phénomène d'une rare intensité comme si le portier du ciel avait ouvert la plus grande vanne à un endroit bien déterminé au-dessus de ses trois chères vallées. Il en résulta des cataractes de pluie charriées par de lourds nuages qui étaient de véritables déversoirs passé la cime montagneuse, venant s'ajouter à la neige fondue et dévalant par tous les ravins en forte pente de chacun des versants jusqu'au lit du Bastan où les vagues se succédaient emportant les deux rives hier encore ombragées. On est en droit de se poser la question de savoir pourquoi notre pays, ce modeste réceptacle, formées de vallées harmonieusement disposées en étoile contre le rempart montagneux entre l'Espagne et la France, a été choisi comme destinataire d'un sombre cataclysme comme il s'en produit dans de lointains pays<span class="ins">?</span> Pourquoi tant d'acharnement pour déstabiliser un écrin de montagnes où la nature est souveraine<span class="ins">?</span> À l'heure où le printemps finissant tend la main à l'été prometteur, les habitants de la haute vallée de Bigorre ne demandaient rien d'autre à ce «<span class="ins"><span class="it">beau ciel des Pyrénées</span><span class="ins">»</span></span> que sa douce clémence et son rayonnement tant apprécié par tous y compris par ceux qui ne font qu'y passer. En venant de la plaine, à la sortie des gorges, on a l'impression d'entrer comme dans un sanctuaire où la montagne se montre accueillante, les fidèles continuateurs de l'héritage laissé par les aïeux ayant su faire persévérer l'intégrité de ce milieu regroupant trois vallées comme l'étoile du berger. Ainsi au Piedmont notamment, dans les prairies entourant la chaumière et la grange voisine destinée au bétail, les éleveurs ne renvoient jamais au lendemain la tâche qui leur incombe de faucher et engranger suffisamment de foin pour nourrir les bêtes en hiver, transformant ainsi les prairies encadrées de murettes en un tableau de peintre avec son tapis vert de pelouse arasée. En altitude, le domaine fait pour sa part l'objet d'une occupation très suivie. En période d'enneigement, ce sont les skieurs venus parfois de loin qui font la renommée des pentes qui se poursuivent jusqu'à La Mongie et le Pic du Midi. Quand viennent les beaux jours, ce sont les bergers qui prennent possession de ces mêmes lieux, devenus des alpages, pour y conduire leurs troupeaux. Au début de l'été, ce sont d'importantes bacades de vaches venant de la région de Lourdes et environs qui, s'ajoutant aux troupeaux en majorité de moutons en provenance de la vallée, vont envahir ces beaux pâturages aux limites lointaines depuis Boussie, les deux versants du Tourmalet jusque et y compris la forêt de l'Ayré et du Lisey. L'appréciation unanime d'un tel parc montagneux, tant pour son herbage recherché, que pour la facilité de son accès et la qualité du relief dénué de tout abime, est positive dans toute la région. Le randonneur pour sa part se complait à admirer l'image harmonieuse de ces colonnes de vaches à la robe claire évoluant sur les pentes à la recherche de l'herbe tendre ou d'un site rafraichissant. On peut dire sans le moindre chauvinisme que ce patrimoine dont s'enorgueillit la Commission Syndicale de la Vallée de Barèges et son Président qui le gèrent, constitue la mamelle du pays comme autrefois «<span class="ins"><span class="it">le labourage et le pâturage</span><span class="ins">»</span></span> étaient les deux mamelles de la France, ainsi que le proclamait le grand Sully. C'est dans les Coueylas de la haute montagne qui rassemblaient autant qu'un hameau rustique des basses terres et qui regroupaient plusieurs cabanes, qu'au temps jadis, les bergers consacraient tous les jours de la belle saison aux soins des bêtes et à la traite des vaches laitières en liberté qui en plus nourrissaient leurs veaux restés enfermés dans la journée. Ce bon lait de la traite qui avait lieu au petit jour et dans la soirée était ensuite conservé dans de larges récipients en cuivre «<span class="ins"><span class="it">les caountés</span><span class="ins">»</span></span> entreposés dans une cavité creusée dans le sol à proximité «<span class="ins"><span class="it">le Lodge</span><span class="ins">»</span></span>, constamment rafraichie par de l'eau courante de source. Grâce à ce froid qui la faisait monter en surface la crème était recueillie avec un cuiller à fond plat puis longuement battue dans une baratte d'où on extrayait le bon beurre dont l'arôme gardait le parfum de toutes les fleurs du pâturage. Modelé en motte souvent décorée, ce beurre exceptionnel était, suivant les besoins du moment, soit vendu à l'épicier local en échange d'autres produits, soit destiné à la consommation familiale ce qui était unanimement apprécié par tous. Pour ceux qui aimaient le dépaysement saisonnier, le choix du Coueyla pour les bergers, ou des granges d'altitude pour certaines familles, lors de cette migration temporaire, leur apportait un contentement total. J'en ai moi-même fait l'expérience au cours d'un trop bref séjour au Coueyla familiale de la Glarette, dans la vallée de Barèges, au pied du Tourmalet. Là, il m'est arrivé d'écouter avec une émotion persistante, dans le silence de la nuit estivale, la mélodie d'amour que quelque ermite, disciple d'Eros, me transmettait à travers forêts et mont, depuis un autre Coueyla où vibrait le cœur de ma bien aimée. J'ai voulu parfois l'entendre de plus près mais hélas la distance restait l'écueil que nos désirs redoutaient. Dans les méandres du parcours juvénile que j'ai suivi aux alentours de mon village natal, reviennent en mémoire des images se rapportant à des coutumes locales que le temps ne saurait effacer. Parmi les traditions qui avaient pour origine, l'une le monde pastoral, l'autre d'anciennes croyances, on trouve notamment<span class="ins">:</span> La tonte des moutons Elle se déroulait au village où parents et amis se retrouvaient pour pratiquer la tonte dans une prairie ombragée où le troupeau était retenu. Depuis le sommet des alpages, les moutons rassemblés et leurs gardiens faisaient le trajet aller et retour en pleine chaleur d'août ce que je considérais être, peut-être un plaisant divertissement pour les touristes de la station balnéaire, mais une bien grande fatigue pour tous les autres. Nous les jeunes sans disposition, étions là surtout pour la dégustation du dessert traditionnel, les fameuses «<span class="ins"><span class="it">truses</span><span class="ins">»</span></span> que nous dégustions sans rajouter du riz au lait plus commun; nous étions friands de ce plat chaud, préparé à base de boulettes de farine de sarrasin cuites à l'eau, finement émiettées et mélangées à du beurre chaud et du sucre en poudre. <span class="bo">LE FEU DE LA SAINT JEAN</span> Après le solstice de l'été, le 24 juin date de la fête de Saint Jean Baptiste, la soirée était réservée aux feux de la Saint Jean qui scintillaient aux abords de chaque village dès que, à part le ciel, tout était sombre. C'étaient habituellement des bûchers disposés tout en hauteur à l'aide de grosses branches de frêne sec que nous les jeunes étions chargés de rassembler; ils étaient allumés le moment venu par l'officiant au pied de la croix rituelle. Après la bénédiction du feu pendant laquelle les chants des assistants résonnaient dans la nuit aux quatre coins du pays les jeunes dansaient tout autour du feu jusque tard dans la soirée. Les fidèles quittaient ensuite à regret ce lieu des retrouvailles annuelles en manifestant leur joie, en emportant un petit tison à moitié consumé au feu qui avait été béni. Il avait la même destination que les minuscules croix façonnées artistiquement au logis, en bois clair de noisetier qui étaient fixées dans les granges abritant le bétail en vue de leur protection contre la foudre des orages et dans certains cas contre les avalanches. Les communications familières que j'échange avec vous, chers lecteurs, qui vous font revivre des moments du passé ne s'étendront pas davantage au-delà de son propos initial sur la crue de juin 2013 due à la saute excessive d'humeur du Bastan. Il a ménagé ses riverains ce qui l'exempte en partie par rapport à son voisin, l'Yse, qui a pris ce brave Monsieur Martinez. Bien qu'ayant transformé en chaos de blocs de granit ce lit douillet de tout temps respecté par les TOYS, je continue de croire à l'avènement d'un destin plus compatissant, dès lors, je lui dédie cette Ode<span class="ins">:</span> <span class="bo">ODE AU BASTAN, D'HIER, DE DEMAIN<span class="ins">:</span></span> BASTAN ô BASTAN d'hier, d'aujourd'hui, de demain Enfant altier d'Oncet et du Pic du Midi Tu passais chez nous tranquille, glissant vers ton destin Nous t'avions adopté, confiants comme on fait d'un ami. À la sortie du berceau je t'ai connu enfant sous les traits d'une paisible et nonchalante rivière d'où venait l'été un peu de fraicheur. À ton approche, mon imagination vagabondait depuis ce lac d'azur où tu naissais au pied du Pic du Midi jusqu‘au lointain Océan que je me représentais immense comme notre ciel<span class="ins">!</span> Où tes eaux allaient se perdre mêlées à celles du gave de Pau et de l'Adour réunies. Un vrai parcours de rêve …<span class="ins">!</span> C'est lui que tu as brisé soudain, à l'heure du Solstice de l'été en ce mois de juin 2013<span class="ins">!</span> Et, comme si tu étais le grand maître des forces de la Nature, tu as déployé les grandes eaux. Tu as tout envahi sur ton passage où on avait respecté de tout temps ton statut de Souverain<span class="ins">!</span> Tu as mutilé pour longtemps notre belle vallée, la vallée de Barèges<span class="ins">!</span> Ils ne restent plus aux TOYS, hébétés, meurtris, qu'à s'indigner pour tout ce que tu leur as pris, à se lamenter pour le spectacle affligeant que tu leur as laissé. MAIS ILS VONT RELEVER LE DEFI C'EST UNE TRADITION CHEZ EUX<span class="ins">!!!</span> BASTAN tu n'es pas répudié, mais tu seras muselé ou plutôt corseté, ainsi tes folles humeurs seront amadouées. Après tout on entourait bien au temps jadis, d'une jolie gaine, la taille des Elégantes au Siècle des Lumières et elles n'en étaient que plus belles<span class="ins">!</span> Ainsi, tu demeureras notre BASTAN toujours aussi fier et en plus élégamment vêtu<span class="ins">!!!</span> Luz-Saint-Sauveur<span class="ins">:</span> le 28-10-2019.
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