Accueil
Rechercher
Revues
Articles récents
Les plus lus
Tous les articles
Livre d'or
Participer
Qui sommes nous?
Nous contacter
Abonnements
Ils ont aimé ♥
Cookies et données personnelles
Mentions légales
C.G.U.
Ouvrir un compte
Mon compte
Administration
Se connecter
Se déconnecter
menu
Editer le texte
Il est une évidence de dire que le récit de cette grande famille de Luz mériterait la réalisation d'un ouvrage complet, tant les parcours de ses membres furent riches et passionnants. En effet, on y trouve tous types d'émigrés, qu'ils soient diplomatiques, administratifs, religieux, archéologues, mais surtout aventuriers. À chaque fois que je rendais visite à mes parents au magnifique cimetière de Luz, et que je levais mon regard en direction de la chapelle de Solférino, j'étais intrigué par une pierre à base quadrangulaire, surmontée d'un pyramidion, placée derrière la stèle de la pierre tombale familiale. Je me suis approché à plusieurs reprises pour savoir à quelle famille appartenait ce petit monument hors du commun. Aucune inscription n'était notée sur la façade. Un jour, j'eus la curiosité de contourner le petit monument. Le socle portait l'inscription suivante, gravée dans le ciment<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Raymond Baradère, Consul de Général de France à Barcelone.</span><span class="ins">»</span></span> Une plaque en marbre blanc occupe toute la face supérieure du socle. On peut facilement lire<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Tombeau de la Famille Baradere - À la mémoire de ses aïeux, de sa petite fille toujours regrettée Marthe Baradere, décédée à l'âge de 14 mois au Guatemala, Amérique centrale, transférée à Luz le 28 août 1848 - de son beau-père Joseph de Bejar, ministre des Finances de la république de Montevideo, décédé à Paris le 28 avril 1849, et transféré à Luz le 27 septembre 1849.</span><span class="ins">»</span></span> Quelle était donc cette famille dont la tombe mentionnait des inscriptions des Amérique, centrale et du sud<span class="ins">?</span> Le patronyme de Baradere était très présent dans nos vallées, dès le XVIIe siècle et jusqu'au début du XXe. Il a ensuite progressivement disparu du pays Toy. Il subsiste des descendants de Péré-Baradere, et aussi des maisons, notamment à Luz que l'on appelle encore maison Baradere. À partir du préfixe Barat, 9 occurrences de ce nom apparaissent pour la première fois, dans les recensements des feux de Béarn de 1385, comme Baradat, qui vient de Varadat, du terme varat (fossé) et qui signifie un espace entouré de fossés. Avec le suffixe er, ce recensement cite par extension Baradé, qui est un nom de métier. C'est un ouvrier qui creuse et cure les fossés (expression<span class="ins">:</span> mindhya coum'u baradé¹) Thomas Sarrat (1678-1748) était bourgeois à Luz, au sens de travaillant son bien. Il était le fils de Jean Sarrat et de Jeannette Baradere, nés tous deux aux alentours de 1610. Il épousa Jeanne, Marie Baradere (1684-1776). Un des sept enfants de cette famille, Henri Baradere dit «<span class="ins"><span class="it">Tripou</span><span class="ins">»</span></span> (1714-1782) épousa, à Luz le 7 février 1741, demoiselle Marie Cazaux Tripou, elle-même fille de Laurent Cazaux et Bernardine Tripou. De cette union, naquirent sept enfants dont les différentes descendances se distinguèrent par des carrières brillantes. On peut constater que Baradere peut se décliner avec un B conne bourgeois, mais surtout un B comme bougeotte. En effet on retrouve ces toys, un peu partout dans le monde. Certains firent des carrières brillantes, honorées par des titres de légionnaires, d'autres prirent la voie de la théologie. <span class="sm bo">Voir tableau photo 2</span> <p class="pbc">1) L'ainé <span class="bo">Raymond, Jean Baradere</span>, (1743-1823), propriétaire à Luz, épousa à Luz, le 7/02/1770, Jacquette Sarrat, dont 6 enfants. Le parcours de leur second fils, Jean, Bernard Baradere (1773-1863) est à rapporter ici. Il présente des états de service impressionnants. Conseiller d'état (1834-1849) et intendant militaire (1841). Il a été employé au Gouvernement de Rome sous l'Empire, lors de la Restauration, il était Secrétaire général du Maréchal Soult, ministre de la Guerre (1834-1838), puis de la Guerre et de la Marine (1839-1840). Il a été Chevalier de la Légion d'honneur (29/06/1813), puis Officier (4/04/1814) et Commandeur (21/03/1831). Il épousa le 28/08/1817, Angélique Pulcherie-Monnaye (1786-1871). Le couple résidait au château de Saint Gabriel, dans le Calvados. Leur fille, Denise, Marie, Henriette Baradere (1818-1901) est enterrée au cimetière du Montparnasse, à Paris. Elle devint la vicomtesse de Perthuis à la suite de son mariage à Paris, avec Hippolyte, Hilaire, vicomte de Perthuis de Laillevault (1798-1877), commandeur de la Légion d'honneur. Leurs deux fils, Henri et Lucien, tous deux barons de Perthuis de Laillevault, ont été également chevaliers de la Légion d'honneur.</p> <p class="pbc">2) Le second <span class="bo">Jacques Baradere</span>(1745) est décédé à l'âge de deux mois. Son acte de naissance mentionnera le nom de Jacques Tripou. Le curé de Luz signait defabas.</p> <p class="pbc">3) <span class="bo">Jean Baradere</span>(1748-1811), sans descendance Il était clerc tonsuré et bachelier en théologie. Curé de Lannemezan, il est revenu par la suite, vicaire à Luz (1781). Décédé à l'âge de 63 ans, c'est son frère Henri, maire de Luz, qui signera son acte de décès.</p> <p class="pbc">4) La seule fille, <span class="bo">Marthe Baradere</span> (1760-1847) a épousé Barthélémy Soubervielle dit Courtade (1760-1822), agriculteur à Sassis. Leur fils Jean-Marie Soubervielle Courtade (1790-1876), a été maire de Sassis et Chevalier de la Légion d'honneur (11/09/1859). J'ignore totalement ce qui a motivé cette distinction. Il épousa Paule Vergé Sarrat, dont huit enfants. Le cinquième, Bernard, Jacques Courtade (1822-1872), émigra en Amérique centrale en 1846 où il épousa Dolorès, Lola Mercher, à La Unión, port maritime de la République du Salvador, jeune état devenu indépendant de l'Espagne en 1821. Il exerçait alors la fonction de vice-consul. Il était prêtre, professeur de grammaire et de philosophie et conservateur de la bibliothèque de Pau. Son parcours de 53 ans mérite bien un paragraphe, tant il fut riche et mouvementé. Il fut le premier curé de la paroisse Saint-Jacques de la rue Bernadotte, à Pau. Il était une figure ecclésiastique, un prêtre de l'Ancien Régime, qui à l'époque du Concordat, fut un des ouvriers de la restauration du culte catholique en Béarn.</p> <p class="pbc">5) <span class="bo">Jean-Jacques, Germain Baradere</span>² (1764-1817) L'abbé Baradere occupa une place de premier choix dans la société paloise, à la fin de la Révolution et pendant le 1er Empire. Il avait fait ses études dans le collège des Doctrinaires à Tarbes, puis à la Faculté de Théologie de Pau. Il fut ordonné prêtre en 1788. Sa mère, Jeanne-Marie Cazaux, veuve Baradere, lui constitua un titre clérical, à la date du 18 janvier 1788. Il prêta serment à la Constitution civile du clergé et fut nommé, en 1791, vicaire directeur du Séminaire constitutionnel de Tarbes. Il y professa la théologie morale jusqu'à la fermeture de la maison en 1793. Nous ignorons totalement le rôle et les occupations de l'abbé Baradere pendant la Terreur (chrononyme employé pour désigner une période de la Révolution française, entre 1793 et 1794) ni au cours des années 1794 et 1795. Par la suite, en 1796, la Convention nationale ayant décrété qu'il y aurait à Pau, une École Centrale, cet établissement fut placé dans l'ancien collège des Jésuites. Le citoyen Baradere fut nommé professeur de grammaire générale. Le Concordat fut signé dès le 15 juillet 1801. L'évêque nommé pour le siège de Bayonne, Mgr Joseph-Jacques Loison recevait la consécration épiscopale. Ayant sous sa responsabilité la ville de Pau, cet évêque joua un rôle important dans le parcours de l'abbé Baradere. Une confiance réciproque s'était installée entre les deux hommes. Baradere se rendit à Paris pour assister au sacre et au couronnement de Napoléon, qui eut lieu à Notre-Dame, le 11 frimaire an XIII (2/12/1804). Il fut également reçu en audience particulière par le Pape Pie VII. Durant toute cette période, hormis d'être l'homme de confiance de l'évêque, Baradere s'était aussi ménagé de solides appuis en haut lieu. Mgr Loison, évêque de Bayonne, lui confia d'ailleurs la rédaction du «<span class="ins"><span class="it">Directoire ou Ordo</span><span class="ins">»</span></span>, selon le rite romain, à l'usage des ecclésiastiques des diocèses de Lescar et Oloron. Ce livre sera d'ailleurs publié à Pau (chez Vignancour). Lorsque l'évêque fut autorisé à constituer une bibliothèque épiscopale, en recouvrant une partie des livres confisqués par la Révolution dans les diverses maisons religieuses, c'est à l'abbé Baradere qu'il confia le soin de faire un choix utile. Clin d'œil de l'actualité, son rôle de mandataire dans la conservation de la maison de Bétharram, fut également essentiel. Il fut responsable de l'acquisition et de la conservation par l'autorité diocésaine de la maison des anciens chapelains de Bétharram. Une maison d'éducation fut ouverte dans le couvent de Bétharram, en novembre 1808. Agissant comme mandataire officiel, l'abbé Baradere y était représentant de l'évêque. Cet établissement attira un nombre convenable d'élèves dès son ouverture. De plus, il plaida en faveur d'un pèlerinage et rédigea un mémoire pour démontrer la nécessité de conserver cet établissement comme école de théologie. Sa voix fut entendue et Bétharram devint une annexe du grand séminaire de Bayonne. De nombreuses confréries ont été créées ou rétablies par Baradere, comme la Congrégation des Bourgeois et Artisans ou la Confrérie des Pénitents gris de Notre-Dame des Agonisants. La Confrérie du Rosaire réservée aux dames fut aussi une création de l'abbé Baradere. Précurseur des «<span class="ins"><span class="it">Restos du cœur</span><span class="ins">»</span></span>, il avait formé à Pau, en 1803, une «<span class="ins"><span class="it">Société pour l'amélioration du sort des pauvres</span><span class="ins">»</span></span>. Elle avait pour but la distribution de soupes économiques et de secours à domicile, en vue de l'extinction de la mendicité, laquelle avait été interdite à Pau, à partir du 21 floréal an XI (11/05/1803). La fin de sa vie fut compliquée, car il avait publié une étude théologique sur l'usure et le prêt à intérêt. La controverse autour de cette question fit grand bruit dans le monde ecclésiastique du temps. Des plaintes émanèrent également de curés de Lourdes. Toutes ces attaques contre la Dissertation sur l'usure visaient l'homme autant que la doctrine. En effet, au moment où ce livre parut, les ultra-royalistes tenaient les rênes du pouvoir. De tous les côtés, des violences et des représailles étaient exercées contre les hommes qui avaient pactisé avec la Révolution ou qui avaient manifesté trop leur attachement au régime bonapartiste. Le passé de l'abbé Baradere le rendait suspect au monde gouvernemental du moment. Alors que la rumeur grandissait, l'abbé Baradere s'éteignit le 13 juin 1817. Une concession gratuite de terrain, en faveur du premier curé de Saint-Jacques, fut accordée par la municipalité de Pau, comme l'atteste la délibération du 28 juin 1818. La demande de son neveu Henri Baradere, curé de Lons, aux fins d'obtenir la concession du terrain dans lequel fut inhumé Jacques Baradere, son oncle, premier curé de l'église des cordeliers (<span class="sm bo">gravure, photo 3</span>) de cette ville, érigée en paroisse sous l'invocation de Saint-Jacques, fut particulièrement remarquée.</p> <p class="pbc">6) <span class="bo">Hippolyte Baradere</span> (1767-1841) Deux mois avant la Révolution, il épouse le 13/05/1789, à Gèdre, Marie Soubervielle (1767-1832). Acte de Mariage signé par Baradere, curé de Sazos, dont 4 garçons. Trois d'entre eux vont se marier au pays Toy. <span class="pu"> </span>1- <span class="bo">Jean-Marie Baradere</span> (1790-1868) épouse Marguerite Vergez. Deux de leurs 5 enfants vont particulièrement se distinguer. L'ainé, Bernard, Marie Baradere (1811-1857), né à Gèdre, présente de beaux états de service dans l'armée. Il est enrôlé volontaire le 10/03/1831, au 6ème régiment de Hussards, qu'il quitte comme brigadier, un an après, pour rejoindre le 1er régiment des Chasseurs d'Afrique comme maréchal des logis. Il rejoint le 3ème régiment en 1833 jusqu'en 1841 et assure les différents grades de sous-lieutenant, lieutenant et capitaine. De 1841 à 1854, il sera chef d'escadron du 2ème régiment des Chasseurs d'Afrique. Il réalise de nombreuses campagnes, livre combat aux troupes d'abd- el-Kader, en Algérie et fait l'expédition de Constantine en 1836. Il est grièvement blessé en 1850, dans l'expédition de l'Aurès algérien. Pour s'être particulièrement distingué au combat, il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur (20/08/1845), puis Officier (10/08/1853) Le cadet, Marie, Pierre (1830-1900), un garçon malgré son prénom, marié à Pau le 18/05/1870 avec Marie- Thérèse de Nux. École Impériale de Cavalerie, 21 ans de services, 18 campagnes. Sous-lieutenant de la 3ème compagnie cavaliers de remonte d'Afrique, puis lieutenant (1870) et Capitaine (1871). La remonte militaire est le service des différentes forces armées, chargé de fournir des montures pour les cavaliers. Il est nommé Chevallier de la Légion d'honneur (11/08/1869) <span class="pu"> </span>2- <span class="bo">Jean, Henri Baradere</span>, né à Luz le 13/09/1792. Il mérite toute notre attention, tant sa vie fut mouvementée. Il me semble donc important de rapporter ici, ce qui a été écrit dans la littérature le concernant. En effet, dans la tradition de la famille Baradere, il se déplaça beaucoup. Il est le plus souvent publié sous le nom d'Henri Baradere. Il est aussi décrit comme un personnage curieux. Officiellement, il était missionnaire. Henri Baradere était le neveu de Jean, Jacques, Germain, curé de St Jacques à Pau, frère de son père Hippolyte, décrit précédemment. Il fut ordonné prêtre le 21/09/1816 et nommé vicaire à St Jacques à Pau (1717-1718). Il part ensuite dans le doyenné de Lescar, à la cure de Lons (64). Le 1/01/1820, il obtenait de l'évêque de Bayonne un excat pour Paris et les colonies. Ainsi, après avoir été préfet apostolique au Sénégal, il fut nommé en décembre 1822, curé de Montmartre, à Paris, où il ne fit que passer<span class="ins">!</span> En effet, on le retrouve, le 1/11/1827, chanoine à Tarbes. Il partit alors sans congé régulier pour le Nouveau-Monde, probablement pour le Mexique. L'évêque de Tarbes, Monseigneur de Neirac, fit faire en 1828, sur son absence, une enquête qui se termina par une sentence épiscopale le déclarant déchu de sa place canoniale. Le contenu est le suivant<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Le chanoine de Tarbes, Henri Baradere, est absent de son lieu de résidence pendant 12 années. Après trois sommations successives, il est donc procédé à la privation de son traitement et à la nomination de son successeur.</span><span class="ins">»</span></span> Cette sentence resta sans effet et l'évêque de Tarbes, lassé des errances du curé nomade, abandonna l'affaire. En 1831, nous le retrouvons parmi les familiers de Grégoire, le fameux conventionnel, ex-évêque constitutionnel du Loir-et-Cher, au moment où ce prélat va rendre son dernier soupir. Les relations entre ces deux hommes dataient de quinze ans et Baradere en tirait honneur, même si Grégoire était fort mal noté, voire interdit par l'archevêché à Paris. L'abbé Baradere se dit «<span class="ins"><span class="it">un des principaux acteurs</span><span class="ins">»</span></span> dans les événements qui ont marqué la fin de Grégoire. Il fit toutes les démarches auprès de l'autorité ecclésiastique pour défendre le mourant. Il fut donc désigné par Grégoire comme l'un de ses exécuteurs testamentaires. Henri Grégoire mourut le 28 mai 1831 et il fut privé des honneurs de la sépulture ecclésiastique. L'abbé Baradere décida de passer outre et présida les obsèques et chanta la messe en présence d'une foule considérable. Ce qui est étonnant, est que même déchu de ses privilèges depuis 1828, c'est du titre de «<span class="ins"><span class="it">chanoine de Tarbes</span><span class="ins">»</span></span> que Baradere faisait suivre sa signature des différents documents sur les derniers moments de Grégoire. Très certainement lassé de ses excès, le nouvel évêque de Tarbes, Mgr Double, lui signa l'autorisation de rester à Paris, pour effectuer des recherches sur les antiquités mexicaines. Il collabora en effet à un grand ouvrage d'art et d'histoire. Il avait d'ailleurs dû effectuer des voyages au Mexique, car une note datée de Mexico, le 7 novembre 1828, l'autorise nommément à recueillir des antiquités du pays et d'exécuter des fouilles, depuis qu'il a été rendu une loi pour les défendre aux étrangers. Un contrat a été passé entre Baradere et le gouvernement mexicain. Isidore Icasse, conservateur du musée de la Fédération, figure également dans cet acte. Trois articles de ce contrat semblent surprenants<span class="ins">:</span> Art.1<span class="ins">:</span> M.Baradere est autorisé à faire dans l'intérieur de la République toutes les recherches ayant pour but la découverte de monuments qu'il jugera dignes de figurer dans un musée. Art .3<span class="ins">:</span> Lorsque M.Baradere croira devoir discontinuer ses recherches, il se rendra à Mexico, où il lui sera délivré la moitié de la collection envoyée par lui, et le gouvernement l'autorisera à transporter en Europe tous les objets qui lui seront cédés en vertu de ce contrat. Art.4<span class="ins">:</span> Mr Icasse reconnaît avoir reçu en échange de M.Baradere, une collection de cent quarante-cinq dessins. En 1834, plusieurs expéditions furent effectuées par le capitaine Guillermo Dupaix, pour récupérer «<span class="ins"><span class="it">les sculptures et monuments antiques dans toute la Nouvelle-Espagne</span><span class="ins">»</span></span>. Il était accompagné d'un dessinateur et de soldats du régiment des Dragons. Les résultats de ces expéditions, après avoir fait l'objet de rapports écrits au roi Charles IV d'Espagne (1748-1819) seront publiés en Europe, après sa mort, dans différentes versions, dont celle en français, intitulée<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Antiquités mexicaines</span><span class="ins">»</span></span> imprimées à Paris en 1834 par l'abbé Henri Baradere (ouvrage comprenant une version originale en espagnol, qui a servi pour la traduction en français par Ch.Farcy) En 1835, l'abbé Baradere demeurait encore à Paris, mais il partit dans le courant de cette année pour une destination inconnue. On enquête alors de Tarbes. La nouvelle de sa mort à La Nouvelle-Orléans n'est pas confirmée, on le croit en voyage d'études au Mexique. Puis on perd complètement sa trace. En 1840, date officielle de son décès, sa stalle de chanoine fut déclarée vacante et attribuée. <span class="pu"> </span>3 - Le troisième <span class="bo">Thomas Baradere</span> (1794-1876) se marie le 2/08/1822 à Sazos avec Jeanne, Marie Armessen-Soubie <span class="pu"> </span>4 - le dernier, <span class="bo">Hippolyte, Henri</span> (1813-1873) épouse, à Esquièze le 1/02/1859, Marie Thérèse Chalan</p> <p class="pbc">7) <span class="bo">Henri Baradere</span> (ca 1772-1811) Encore un autre personnage énigmatique de cette famille. Il semble qu'Henri (prénom usuel des actes officiels) soit né à Luz vers 1772 (ca<span class="ins">:</span> est l'abréviation de circa, qui veut dire en généalogie «<span class="ins"><span class="it">environ</span><span class="ins">»</span></span> ou «<span class="ins"><span class="it">aux alentours de…</span><span class="ins">»</span></span>, très utilisée pour signifier que la date exacte n'est pas connue). En effet les registres paroissiaux consultés aux Archives de Tarbes sont soit très endommagés, soit ne sont pas encore microfilmés. Ce qui est certain, c'est qu'il est le sixième garçon de cette famille et très certainement le dernier. Il s'est marié, durant les années administratives difficiles de l'Histoire de France, soit avant 1793, avec Claire Lapeyrade Couettes (1772-1853), native d'Ayzac-Ost, mais là aussi pas de registre disponible. Enfin, pour parfaire le tout, son décès n'a pas été enregistré à la mairie de Luz. Pourtant, il se produisit le 28/12/1811, comme il est signalé dans l'acte de mariage de l'une de ses filles, Jeanne, Marie, Rosalie Baradere avec Jean-Pierre Naude, le 11 avril 1834, à Ayros-Arbouix. Le registre est rédigé comme suit<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Par devant nous Paulin Laffourcade, maire de la commune d'Ayzac, sont comparus Jean Symphorien Naude Marracou, 28 ans, né à Pontacq (o 1806), fils légitime et majeur de Jean Naude Marracou cultivateur et d'Antoinette Poque, ci présents et consentants domiciliés de la commune de Pontacq, département des Basses-Pyrénées et de Jacquette Baradere, âgée de 36 ans (o 1798), née à Luz, fille légitime et majeure de feu Henri Baradere, décédé à Luz le 23 décembre 1811, sans qu'il fût enregistré dans les registres des décès de la ville, lequel décès nous a été affirmé par la future et les quatre témoins ci-présents et consentants sous signés et de Claire Lapeyrade, veuve Baradere, ménagère, domiciliée de la commune d'Ayzac. D'autant que l'acte de mariage de sa sœur Jacquette Baradere, née en 1810, mariée à Jean-Pierre Naude, frère du précédent, stipule la même chose. Henri Baradere serait donc décédé jeune. Certains écrits rapportent qu'il était atteint d'un rhumatisme goutteux et qu'il fut dispensé de service militaire, ce que je n'ai pu démontrer. Ce qui est certain est qu'il était propriétaire cultivateur à Luz. Également validé, il fut maire de Luz, de 1805 à 1811. Il était, après la Révolution française, le 6ème maire dans la hiérarchie. Il a succédé à Jacques Gradet (1800-1805). C'est Jean Cornen (1811-1815) qui prendra la suite. Tous les actes de la commune certifient ces dates. Au début de son mandat, en 1805, il signait comme ceci<span class="ins">:</span> <span class="sm bo">(voir signature du haut, photo 4)</span> Pour les naissances, il parapha tout le registre de 1810, celui de 1811 l'est par Jean Cornen. Le dernier acte de mariage signé par lui est daté le 25/07/1811 (mariage d'Antoine Theil dit Trescazes, garde national avec Jacquette Sabatut). Ceux de 1812 sont signés par Jean Cornen. Enfin, en ce qui concerne le registre des décès, le dernier acte signé est celui du 15/08/1811 et concerne le décès de Augustion Augié, directeur des postes de la ville de Nérac (47), 65 ans, décédé dans la maison Borderolle. Il signait alors, Baradere, maire, comme ci-contre<span class="ins">:</span>(voir signature du bas, photo 4)</span> Sûrement malade, il laissa Jean Cornen signer le décès suivant, soit celui de Henriette Haurine dite Santourens, 72 ans, épouse de feu Santourens, tisserand. Avec son épouse, Claire Lapeyrade, ils eurent 8 enfants, dont trois décéderont très jeunes<span class="ins">:</span> <span class="pu"> </span>1 - L'ainé <span class="stb sm">Jean, Marie, Raymond Baradere</span> (<span class="sm bo">Voir ses décorations photo 5</span>) (1793-1871) a fait l'objet de l'introduction de cet écrit. C'est très certainement le plus illustre de tous les Baradere. Une carrière brillante, qui mérite une place de choix dans ce dossier sur l'Émigration des Toys. Je me contenterai ici de ne rapporter que les dates qui ont jalonné son parcours, car il fut très dense. Pour être complet, un chapitre lui sera consacré dans le prochain «<span class="ins"><span class="it">En Baredyo</span><span class="ins">»</span></span> de décembre 2025, notamment sur le procès des 4 sergents de La Rochelle, qui fut un point crucial dans sa vie. Il fait ses études à Pau, très certainement parce que son oncle est curé de Saint-Jacques. En 1813, grâce à la descendance de son autre oncle Raymond, Jean, il entre dans l'administration militaire comme adjoint au commissaire des guerres. Il fait la campagne de France, puis de Belgique, il est présent à Waterloo. Par la suite, il continue ses études de droit à Paris et devient avocat. Il fut arrêté comme conspirateur après l'Empire et figure comme principal accusé dans la lourde affaire des 4 sergents de La Rochelle, épisode qu'il nous est indispensable de raconter dans le prochain numéro. À la suite de cette lourde affaire, les 4 sergents furent décapités et Baradere sauva sa tête. Il fut acquitté, mais rayé du barreau en 1822. Il part alors en Espagne, puis pour l'Uruguay où il fait du négoce et travaille pour divers avocats parisiens. En 1831, nouveau tournant, il entre dans la carrière diplomatique et conclut de nombreux accords qui font entrer la France dans des relations de commerce avec de nombreux pays d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale. En Uruguay, il rencontre sa future épouse, Antonia, Josefa, Francesca Just de Bejar, née à Montevideo le 15 juin 1815. Elle est la fille de Joseph de Bejar et de Françoise de San Vicente, originaires de Murcie et d'Andalousie. Aussi étrange que cela puisse paraître, le beau-père de Raymond Baradere, alors ministre des Finances en Uruguay, est enterré au cimetière de Luz. ◼ 1831-1839<span class="ins">:</span> Consul de France à Montevideo, Chevalier de la Légion d'honneur (30/04/1835). Quand il arrive au consulat, il rencontre un autre bigourdan, né à Bazet, déjà sur place. Il s'agit de François Ducasse, alors commis-chancelier au consulat de France, mais aussi un homme de grande culture, surnommé «<span class="ins"><span class="it">le professeur</span><span class="ins">»</span></span>. Ce n'est autre que le père d'Isidore Ducasse, né à Montevideo en 1846 et qui publiera de nombreuses poésies. Il est plus connu sous le pseudonyme du comte de Lautréamont. ◼ 1839<span class="ins">:</span> Consul Général et chargé d'affaires au Chili ◼ 1840<span class="ins">:</span> Consul Général et chargé d'affaires à Lima au Pérou ◼ 1842-1848<span class="ins">:</span> Consul Général au Guatemala, Officier de la LH (11/11/1848) ◼ 1843<span class="ins">:</span> Il devait être nommé Consul de France en Haïti. Cette nomination fut ajournée à cause de la Révolution populaire débutée dans ce pays en 1843. Cependant, Baradere fit d'autres déplacements en Haïti. C'était l'époque où l'île était prospère avec l'exportation du café et de la canne à sucre. Je n'ai pu établir pourquoi, à l'ouest de la capitale Port- au-Prince, il y a une ville qui se nomme Baraderes et aussi une rivière Baraderes qui prend sa source dans les montagnes au-dessus de la ville. ◼ 1844<span class="ins">:</span> Mission comme Consul de France au Salvador ◼ 12/03/1848<span class="ins">:</span> Il signe un traité d'amitié de commerce et de navigation avec le Costa-Rica, le traité Toledo-Baradere qui conclut des premières relations diplomatiques entre la France et le Costa-Rica ◼ 1848<span class="ins">:</span> Consul général à Anvers (Belgique) ◼ 1849-1854<span class="ins">:</span> Consul Général à Barcelone, Commandeur de la LH (10/08/1854). En 1855, il fonde la compagnie Générale Transatlantique qui va assurer les premières liaisons entre Bordeaux et Puerto Limón. La région est en pleine expansion, car c'est le début de la construction du canal de Panama. Il est mis à la retraite en 1859, il rentre «<span class="ins"><span class="it">au pays</span><span class="ins">»</span></span>. ◼ 1861-1870<span class="ins">:</span> Il succède comme Conseiller Général au Monarchiste, ancien député et sénateur, Raymond, comte de Ségur d'Aguesseau, propriétaire du château d'Oléac-Debat. Il meurt à Paris le 22/03/1871, à l'âge de 77 ans. Son épouse décédera à 90 ans, le 14/08/1904 au château de Tour-en-Bessin, dans le Calvados. À leur demande, leurs corps seront transférés à Luz-Saint-Sauveur, où ils seront inhumés dans le caveau familial. À ma connaissance, ils eurent 4 enfants<span class="ins">:</span> <span class="pu"> </span>1) <span class="bo">Marie, Antoinette, Pilar Baradere</span>, née le 4/03/1845 au Guatemala, mariée le 25/03/1867 à Paris avec le député-maire de Saint-Gabriel (Calvados) Denis, Albert Delacour (1825-1890), dont c'est le second mariage. <span class="pu"> </span>2) <span class="bo">Marthe Baradere</span> (selon inscription figurant sur la tombe de Luz), née en 1847, décédée à l'âge de 14 mois au Guatemala, transférée à Luz le 28/08/1848. Aucune mention ne figure sur les registres d'état-civil de la mairie de Luz. <span class="pu"> </span>3) <span class="bo">Ange, Hippolyte, Henri, Raymond Baradere</span>, né au Guatemala (2/10/1846), sans profession, demeurant à Paris avec sa mère, marié le 26/06/1884 à Paris (18e) avec Adelaïde, Léontine Baillet, née le 27/04/1851 à Poinsenot (Haute-Marne). <span class="pu"> </span>4) <span class="bo">Henri, Joseph, Eugène Baradere</span>, né à Paris 1er, le 30/09/1848, prêtre, demeurant à Santeuil (Seine-et-Oise). En 1846, il est répertorié comme diacre, dans le recensement de Jouy-en-Josas (78). Il apparaît aussi dans l'acte de mariage de son frère, Ange, Hippolyte, Henri, Raymond le 26/06/1884. <span class="pu"> </span>2 - <span class="stb sm">Hippolyte</span> (17/07/1798 [29 messidor an 6] est le second, frère du consul Jean-Marie, Raymond. La mairie du Vauclin, dans l'île de la Martinique, enregistre son acte de décès, le 26/11/1818. <span class="pu"> </span>3 - <span class="stb sm">Louis, Barthélemy</span> (1801-1899), maire de Cadaujac. Selon les passeports retrouvés, il fit des déplacements en Uruguay. Mariage 1, avec Joséphine de Bejar (†1861) - 1 enfant<span class="ins">:</span> Marie, Joséphine, Eustachie Baradere, née à Montevideo, le 2/11/1843, mariée à Paris 7ème le 30/11/1861, avec Charles, Ernest Jacquet, auditeur au Conseil d'état Mariage 2, avec Maria, Bernarda Perez de la Rosa (1834-1902) - <span class="un">2 enfants</span> <span class="pu"> </span>4 - <span class="stb sm">Eleonor, Germain Baradere</span> (1802-1890). C'est un autre neveu du curé de Saint-Jacques, et en même temps son filleul. Il fit ses études au Saint-Esprit à Paris. Ordonné prêtre à Tarbes, le 22 décembre 1827, il fut nommé directeur du Grand Séminaire. Depuis 1834, Il y professa la philosophie, puis le dogme et enfin la morale jusqu'en 1850. Le 14 mai 1850, il fut installé comme chanoine titulaire de la Sède et mourut le 21 février 1880, à l'âge de 78 ans. L'auteur de la notice nécrologique signalait «<span class="ins"><span class="it">l'air de distinction, de cachet aristocratique que chacun put toujours remarquer dans la personne, les goûts et la nature de l'ancien directeur du Grand Séminaire de Tarbes. Il eut été digne de mitre.</span><span class="ins">»</span></span> <span class="pu"> </span>5 - <span class="stb sm">Jean-Marie</span> (1805 - † 1809 à 4 ans) <span class="pu"> </span>6 - <span class="stb sm">Bernard</span> (1809 - † Luz 1809) <span class="pu"> </span>7- <span class="stb sm">Jacquette</span> [Jeanne, Marie, Rosalie] (ca 1798). La signature de son acte de naissance est de la main de son père, Baradere maire. Elle se marie, le 25/06/1834 Ayzac avec Jean Symphorien Naude Marracou (28 ans) <span class="pu"> </span>8 - <span class="stb sm">Françoise, Marie-Jeanne Baradère</span> (1810 - † Ancizan 14/07/1879). Elle était l'épouse de Jean-Pierre Naudes.</p> <span class="sm"><span class="un">Sources</span><span class="ins">:</span> mindhya coum'u baradé¹, dictionnaire patois de Haute-Bigorre, Pierre, Simone et François Pujo, 2024 - Dictionnaire étymologique des noms de famille gascons, Michel Grosclaude, ed.Per Noste 2011 - Cercle généalogique du Languedoc n° 75, 1997 - Vue extérieure de l'ancienne église de St Jacques, reconstitution due au RP Mignou, lazariste, vers 1850 - Ministère de la Culture, fichier Léonore, index des titulaires de l'Ordre de la Légion d'honneur - Dictionnaire en ligne des noms de famille, Jean Tosti - Antiquités mexicaines, par le capitaine Duâix, A.lenoir, Ch Farcy, Baradere, Paris, Jules Didot, 1834 - L'abbé Jean-Jacques Germain Baradere, Revue historique et d'archéologie du Béarn, JB.Laborde, 1931 - Archives départementales des Hautes-Pyrénées - Fichiers Geneanet et Filae</span> <span class="sm">Publié sur Facebook en Décembre 2024 </span>
Plus petit
Espace insécable
Séparation
• Puce
Titre parag.
Titre parag.
Pavé bleu
Pavé orange
Pavé blanc
Publié FB
Voir le résultat (les modifications seront enregistrées)
Liens
Loucrup65
Patrimoine-Lourdes-Gavarnie
Archives 65
O.T. de Luz-Saint-Sauveur
Vallées de Gavarnie
Société d'études des 7 vallées
Infos
Actualités
Infos légales
Les cookies
et données personnelles
Mentions légales et crédits
CGU
Nous soutenir
Participer
Livre d'or
Nous contacter
Ils ont aimé ♥
Nous trouver
La revue papier
Abonnements à la revue
Qui sommes-nous ?
Facebook
Tous droits de reproduction et de diffusion réservés aux auteurs - En Baredyo : siège social : Mairie de Luz-Saint-Sauveur