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Notre «<span class="ins"><span class="it">patou</span><span class="ins">»</span></span> était bien triste à l'ouverture de cette Assemblée Générale du 11 avril 2026, il nous manquait deux fidèles adhérents, disparus le mois précédent notre réunion annuelle. <span class="bo">André Baget</span>, nous perdons là une sacrée pointure, à la fois érudit Toy et témoin important de l'histoire du XXème siècle de ce petit pays. J'ai eu avec lui une grande complicité, des nombreux moments rares de partage, dans son bureau feutré et perché au carrefour des trois avenues<span class="ins">:</span> d'Esquièze, de Saint-Sauveur et de Barèges. Passionné par les heures de la résistance, il excellait dans de très nombreux domaines. Dès qu'il nous manquait une information, nous étions nombreux à aller le solliciter. Toujours accueillant, apprêté avec goût, son élégance vestimentaire allait de pair avec celle de ses propos. Il était rare et toujours passionnant. Je ne me lassais jamais de ses récits, de sa finesse, de ses conseils et de sa vision. André avait aussi une grande pudeur et il me prévenait souvent, le doigt pointé<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Promets-moi de ne jamais parler de moi de mon vivant<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span> Le dernier souvenir que je garderai de lui, c'est quand je lui ai porté la photo de la première équipe de rugby de Luz (1911), trouvée par Anne-Marie Marchand, pour lui demander s'il reconnaissait des joueurs. Ensemble nous avons rapidement identifié son père Jean, qu'il a de suite reconnu. Difficile d'oublier son émotion, car il l'ignorait que son père avait participé à cette aventure ovale du début du siècle dernier. <span class="bo">Francis Castéras</span> se considérait avant tout comme un «<span class="ins"><span class="it">Barégien</span><span class="ins">»</span></span> et non un Barégeois, la différence est réelle et très souvent ressentie par les natifs hors du bourg des bains. Francis représentait l'archétype du lien, du partage et de la franche camaraderie. Je l'ai côtoyé de très nombreuses années, tout d'abord pour le ski, avec le club des sports de l'Avalanche de Barèges pour lequel il était passionné et toujours disponible, puis le Comité Pyrénées-Ouest pour les nombreuses courses passées, à se geler, dans une rustique cabine de chronométrage en haut du Castillon. Le ski toujours, lors de la traditionnelle élection annuelle de la Fédération Française de Ski. Nous avons eu de très grands moments, dont certains récits trop croustillants, selon la coutume consacrée, ne sortiront pas des vestiaires. Je peux simplement rapporter que les Bretons d'un estaminet de La Trinité-sur-Mer se souviennent encore du défi qu'ils nous avaient lancé, très tôt, le matin de l'élection du nouveau Président de la FFS, lors de l'assemblée de Carnac, élection que nous avions loupée par ailleurs, trop occupés à défendre l'orgueil de notre petit territoire, là-bas en haut sur les rives gaéliques d'Armorique. Sans doute, avaient-ils mal évalué les 110 kilos de notre gaillard sociétaire. Ensemble nous en rigolions longtemps après, très fiers d'avoir osé rivaliser avec des marins pêcheurs, convaincus qu'ils allaient ridiculiser des montagnards égarés aussi loin de leurs bases. Grâce à Francis, nous avons aussi été dans les premiers à rejoindre Jacques Dhoudain, dans la nouvelle aventure du Cyclo-Toy. Cette inauguration fut ponctuée par la participation à une mémorable course cyclotouriste, plus touriste que cyclo, où quelques coups de pédale après le départ de Bayonne, Francis avait déjà faim<span class="ins">!</span> Il s'agissait de la célèbre Bayonne-Luchon, avec l'ascension de tous les cols, durant laquelle notre arrêt musette agrémenté d'une soupe à l'oignon fut aussi un grand moment après avoir escaladé l'Aubisque en pleine nuit au milieu de nombreux concurrents en perdition. Mais Francis m'a appris, il y a très longtemps, un autre art de vivre, celui de la procrastination. Ce mot barbare ne figure pas dans le dictionnaire Gascon. C'est la capacité de remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même. Comme il était plombier de profession, je vous laisse imaginer les Barégeois qui l'appelaient en urgence, pour une fuite de leur évier<span class="ins">!</span> La réponse était cocasse<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Il n'y a pas d'urgence. Mettez un seau dessous et quand il est plein, vous le videz.</span><span class="ins">»</span></span> Le bon sens près de chez soi, garanti par une tranche de rigolade à la simple vue de la mine du sinistré, foudroyé devant les dégâts de sa canalisation, mais aussi par une aussi grande clairvoyance. Merci Messieurs pour tout ce que vous m'avez apporté et loin de moi l'ingratitude de ne pas l'avoir rapporté ici. <span class="sm"><span class="un">Photographies</span><span class="ins">:</span> Collections privées Mireille Castéras et Orphéon Luz - Photographies M.Pélégry</span>
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