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Peu de visiteurs s'aventurent dans la vallée pourtant facile d'Aspé qui se termine par un rude cirque de montagne, depuis le plateau du Saugué. Pourquoi<span class="ins">?</span> Tout simplement parce qu'il n'y pas de lac dans celui-ci. Celui de Bastampe au-dessus de Luz avec son île et ses pins attirent l'œil si on le voit en photo, et les pieds aussi car il donne très envie d'aller le visiter ce qui n'est pas si simple que cela. Mieux vaut être quand même un bon randonneur et choisir une belle journée, pas trop chaude, le soleil peut taper dur, sans risque d'orage car c'est souvent par là qu'ils arrivent. «<span class="ins"><span class="it">U toy ...</span><span class="ins">»</span></span> c'est à dire un toy ne craint que Dieu, l'orage et l'avalanche, et c'est bien vrai. C'est une assez longue randonnée de 3 à 4 h aller et presque autant au retour. Dans le temps, on partait de Saint Sauveur par le chemin des cascades, nom trompeur car le «<span class="ins"><span class="it">Mensongé</span><span class="ins">»</span></span> est souvent à sec pour rejoindre d'abord l'Agnouède , sorte de plateau autrefois bien travaillé. Les paysans avaient d'ailleurs demandé qu'on leur fasse une route ce qui a été fait et elle a même été goudronnée ce qui permet de la garder en état car beaucoup de pistes comme celle de l'Estibe au-dessus de Luz sont quasi impraticables. Plus de paysans ou presque. La plupart des granges ont été transformées en résidences secondaires de locaux ou de touristes d'ailleurs. Il reste néanmoins quelques près entretenus au départ. On gagne aujourd'hui l'Agnouède pour partir à Bastampe en stationnant ce qui n'est pas toujours facile en période d'affluence, juste avant le pont mais on peut aller aussi au terminus et emprunter alors «<span class="ins"><span class="it">le chemin de Compostelle</span><span class="ins">»</span></span> qui un peu plus haut rejoint celui de Bastampe pour un petit trajet commun. Sinon, prendre à pied la piste qui vous emmènera jusqu'à une ferme habitée par un jeune couple( attention aux chiens). Suivez bien le chemin svp car faute de savoir sans doute manier comme il faut le GPS , certains se retrouvent dans les près. Après la ferme, tourner immédiatement à droite et délaisser le sentier qui file tout droit. Le sentier de Bastampe s'il est bon n'est pas toujours évident à trouver car il monte en deux grandes et longues écharpes mais il ne faut pas louper les bifurcations et filer tout droit. Certains panneaux quand il y en a ne sont pas non plus toujours visibles. Quand on est enfin sur la bonne route, on monte facilement dans une belle hêtraie sapinière, pas encore victime du réchauffement climatique. Au départ toutefois on trouve, signe de la déprise agricole des traces d'anciens prés ou poussent les noisetiers, arbres pionniers, d'anciennes murettes de pierres qui les délimitaient. On finit par arriver à la cabane d' Estarous. Il y a quelques années encore celle-ci était environnée de «<span class="ins"><span class="it">sarrous</span><span class="ins">»</span></span>, épinard sauvage, signes que la cabane était occupée par un berger et son troupeau. Aujourd'hui, on se fraie un chemin étroit dans les fougères, signe en revanche d'un appauvrissement de la terre. Attention donc aux tiques qui avec le réchauffement montent de plus en plus haut. Cette petite bête porteuse de maladie est dangereuse. À partir de la cabane, rude montée jusqu'à un canal en béton qui sert «<span class="ins"><span class="it">à la cueillette de l'eau</span><span class="ins">»</span></span> pour la centrale de Pragnères. Deux options, prendre par le droite sur le canal et a un cairn monter ensuite dans les rochers et pierriers qu'il faudra ensuite un peu redescendre pour retrouver le chemin du lac. C'est assez long et pénible mais c'est le chemin balisé en jaune indiqué sur la carte. Au canal, on peut aussi prendre, ce que la plupart font, à gauche mais il y a un passage avec un câble ou il faut être prudent et ne pas avoir le vertige même si ce n'est pas trop exposé. En début de saison, on peut se prendre aussi une douche avec l'un des ruisseaux qui coulent de la montagne. On arrivera enfin au joli lac de Bastampe précédé par une autre petite étendue d'eau. Bastampe avec son île et ses pins dont l'histoire est racontée par Michel Bartoli est enchanteur et si l'eau est bien calme et que vous montez un peu, les pins se miroitent dans celle-ci. Splendide<span class="ins">!</span> Magnifique aussi la saison des rhododendrons début juillet, et l'automne quand les myrtilles sont rouges. Deux autres lacs sont à proximité si on peut dire de Bastampe. Plus à droite , le lac sauvage de Badet que l'on atteint par de grandes croupes rocheuses et herbeuses comme on peut car il n'y pas ou plus de sentier et de rare visiteurs. On y trouve une petite cabane «<span class="ins"><span class="it">la cabane à toto</span><span class="ins">»</span></span>. Badet jadis était même en plein été recouvert de glace ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Les lacs glacés des cartes n' ont plus que le nom. Région déserte et sauvage mais aussi fleurie avec des pics qui avoisinent les 3000, Badet peut s'atteindre coté lacs de l'Ardiden par la Pourtère de l'homme, un énorme éboulis la aussi depuis qu'il n'y a plus de névé, et la descente sur le lac est bien raide. Autre voisin plus facile, le lac de Litouèse. Litouèse est bien peu visité aujourd'hui surtout que le sentier n'est plus sur les cartes et c'est très long si on le fait par l'itinéraire normal. Il est moins joli sans doute que Bastampe mais c'est néanmoins un beau lac en revanche une rude course depuis le bas puisque l'on part en principe de Sia. Il peut s'atteindre facilement et rapidement depuis Bastampe en 45 minutes. Monter à la crête sud qui permet de voir les deux étendues d'eau sans compter Labatsus, la vallée de Barèges et bien sûr le Pic du midi. Le vrai sentier de Litouèse encombré par d'énormes troncs de pins n'est plus entretenu par l'ONF . Si on veut redescendre par-là, mieux vaut passer par la droite pour rejoindre le Castillon, haut de la centrale de Pragnères. Attention toutefois car une bergère avec des patous a été installée. On coupe aussi le chemin de Compostelle qui peut vous ramener (pour tout cela mieux vaut être bon marcheur) à L'Agnouède. Le chemin passe dans une sombre forêt de conifères et vous trouverez peut être des caméras automatiques. C'est que l'ours passe par là mais vous avez peu de chance de le voir. La cabane à «<span class="ins"><span class="it">Toto</span><span class="ins">»</span></span> , de son vrai nom Olivier, en allant vers Badet est un abri sous roche qui a été agrandi et amélioré par des jeunes de la vallée dans les années 80. «<span class="ins"><span class="it">Toto</span><span class="ins">»</span></span> comme on l'appelait même s'il n'était pas originaire du Pays Toy était l'un d'entre eux. Il a malheureusement était emporté par une coulée de neige lors de l'installation d'un catex, appareil à gaz pour déclencher les avalanches à distance, vers le tunnel d'Aragnouet- Bielsa, laissant une veuve et un orphelin Thomas. Amoureux de sa vallée malgré un bon bagage, celui-ci habite à Luz. La ferme au départ de Bastampe constituée d'une grande grange et d'un grand corps de logis appartient aujourd'hui au jeune (40 ans) Christophe Chauvin qui lui aussi n'a pas beaucoup connu son père Bruno, victime d'une rupture d'anévrisme. Lui aussi après avoir travaillé sur Bordeaux a décidé de vivre même si difficilement en Pays Toy et suivre les traces de son père. Arrivé comme quelques autres mais sur le nombre il en reste peu (il y a encore Jean Michel Gabriel à la ferme des cascades), celui-ci malgré un brillant bagage avait choisi le dur métier d'éleveur d'une époque où il n'y avait pas de tracteur et où tout ou presque se faisait à la main. C'est justement dans cette ferme qui appartenait à la famille Bourguine qu'il s'était installé avec son petit troupeau. Christophe a lancé une petite entreprise d'éco pâturage avec des moutons AOP Barèges-Gavarnie dont il augmente le nombre petit à petit. Ses bêtes sont, l'été, installées moyennent finances mais cela demande du travail et c'est une formule écologique, sur des terrains communaux ou chez des particuliers. Sa compagne se lance dans le gardiennage de chiens ce qui manque dans la vallée car nos amis à quatre pattes ne sont pas admis partout. Pour revenir à Bourguine, ont dit aussi «<span class="ins"><span class="it">Caoussilet</span><span class="ins">»</span></span> car ici comme en pays basque, il y a toujours le nom de maison qui souvent domine le nom de famille, Caoussilet donc habitait aussi une maison place Saint Clément qui appartient aujourd'hui à sa fille. La grange familiale voisine a longtemps été la base du GVA, là où les paysans venaient acheter du grain, de la farine etc. souvent le lundi, jour de marché à Luz qui se tenait alors sur place un peu éloigné du centre-ville. Les paysans allaient aussi souvent boire «<span class="ins"><span class="it">un blanc limé</span><span class="ins">»</span></span> chez Mathilde, là où il y a les infirmières, où ils se retrouvaient. Petite histoire que l'on m'a racontée<span class="ins">:</span> Caoussilet père qui était venu boire un coup en espérant qu'on lui en offre un, avait demandé pourquoi il y avait un tas de jeunes au café «<span class="ins"><span class="it">ce sont ceux qui partent à la guerre en Algérie. Oh bah avec ceux de 14, ça aurait été vite réglé</span><span class="ins">»</span></span> . Caoussilet emmenait ses vaches du côté de Bastampe avec un dénommé «<span class="ins"><span class="it">six doigts</span><span class="ins">»</span></span> qui habitait l'Agnouède plutôt vers Badet, mais aucun de ses trois enfants ne lui a succédé, comme souvent. <p class="pb"><span class="stb">Le canal de Badet</span><span class="ins">:</span> Dans son écrit, Michel Bartoli parle d'une rigole dont on aperçoit les vestiges le long du chemin de Bastampe. C'est le canal de Badet qui avait été créé en 1908 à la demande de paysans lesquels s'étaient constitués en syndicat, comme c'était souvent le cas. Jadis, le bien le plus précieux, c'était le troupeau et l'herbe, car il fallait bien nourrir celui-ci à la mauvaise saison plus longue que maintenant. Le Pays Toy possédait un vaste réseau de rigoles d'irrigation, un énorme travail fait par les anciens qui servait à arroser les près pour permettre une seconde coupe d'herbe, «<span class="ins"><span class="it">le regain</span><span class="ins">»</span></span>. La concession de cette rigole a été renouvelée plusieurs fois mais on ne sait pas trop quand elle a été abandonnée, peut être à l'occasion des chantiers EDF qui ont fait qu'il n'y avait peut-être plus assez d'eau.</p>
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