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<p class="po">Après la belle investigation réalisée par Aline Louyat dans notre numéro précédent, nous en savons plus sur le surnom familier utilisé à l'encontre des habitants d'Esterre, «<span class="ins"><span class="it">éts de Cayéno</span><span class="ins">»</span></span>. Certaines de ces appellations sont très anciennes, mais elles n'étaient pas utilisées par hasard. Notre ambition n'est pas ici de dévoiler la vérité, mais de porter à votre connaissance toutes les hypothèses. Pour ce numéro d'été, nous avons demandé à Denise Sabatut, que tout le monde connaît et apprécie au pays, d'en savoir davantage sur la double dénomination des habitants d'Esquièze et de Sère. Nous tenterons d'expliquer les utilisations des autres villages dans les numéros suivants. Si vous souhaitez faire profiter la communauté «<span class="ins"><span class="it">En Baredyo</span><span class="ins">»</span></span> de votre savoir en ce qui concerne l'utilisation d'un sobriquet pour un village, n'hésitez pas à vous rapprocher de notre rédaction.</p> <span class="stb">Plusieurs sobriquets pour un même village</span> Nous avons recueilli des témoignages écrits ou oraux. Si les lecteurs ont d'autres propositions, n'hésitez pas à nous faire profiter de vos connaissances. Ceci n'est qu'une ébauche d'étude qui pourra être enrichie. <span class="bo un">Esquièze</span><span class="ins">:</span> <span class="pu"> </span>1) «<span class="ins"><span class="it bo">Era aouséraillo</span><span class="ins">»</span></span> «<span class="ins"><span class="it">Jeantou</span><span class="ins">»</span></span> Prissé<span class="ins">:</span> Le village d'Esquièze, par son exposition, est tourné vers le Sud-ouest, donc bien ensoleillé, adossé au flanc du Sardeilh donc abrité des vents, il attire les oiseaux. Ils trouvent refuge dans les buissons<span class="ins">:</span> buis, mûriers, houx, arbousiers…Des noms de maisons<span class="ins">:</span> Couloum (colombe), Guit(canard) rappellent les oiseaux. «<span class="ins"><span class="it bo">Pierrot</span><span class="ins">»</span></span> Nadau <span class="ins">:</span> Esquièze est connu pour la présence d'oiseaux de plusieurs espèces, «<span class="ins"><span class="it">Pierrot</span><span class="ins">»</span></span> habite cami deths Aouseths, (chemin des oiseaux). Cami deths Parrous (chemin des moineaux), Carrerot deth Pouey Garie (Chemin du point haut des poules) rappellent la présence des volatiles. <span class="bo">Roger Theil</span><span class="ins">:</span> (Viella) Les habitants d'Esquièze, comme les oiseaux, n'avaient pas grand appétit, ils se contentaient de peu. Or, citons Jean-Pierre Rondou<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Minjar coma un osèth, c'est-à-dire manger peu. Comparaison inexacte s'il en fut, car, si l'on mangeait proportionnellement à un oiseau, il faudrait, dans un repas, manger environ le sixième de son poids<span class="ins">:</span> ce serait exagéré<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span> <span class="bo">François Pujo</span> donne plusieurs versions. Il nous rappelle que le suffixe «<span class="ins"><span class="it">aillo</span><span class="ins">»</span></span> est péjoratif. Eth aouseth=l'oiseau, plutôt un passereau ; eth aousérou = oiseau juvénile ; era aouseraillo = groupe d'oiseaux sans intérêt. 1) Les gens d'Esquièze fuyaient devant le danger comme le font les nuées de moineaux. Ils n'étaient donc pas courageux<span class="ins">!</span> 2) Ils mangeaient à tous les râteliers comme le font les pigeons. (En ce temps-là, il y avait des pigeonniers partout. On connaît surtout celui de Chèze. Leurs fientes sont fertiles. Les pigeonneaux constituent un plat de choix.) 3) Dans les années 1800, pas de pont, peu de gués. Les gués<span class="ins">:</span> Sassis, Sia, Bert à Gèdre, n'étaient franchissables qu'en période sèche. C'est pour cela que les gens d'Esquièze se sont «<span class="ins"><span class="it">envolés</span><span class="ins">»</span></span> puis installés rive droite du Gave<span class="ins">:</span> Pragnères, le Barrada et Héas. Ils ont occupé ces territoires où ils avaient encore l'habitude, il y a quelques années, d'y couper du bois, d'y emmener leurs troupeaux, etc.… <span class="bo">Laurent et Danièle Majesté</span><span class="ins">:</span> À l'époque, de nombreux champs de céréales attiraient les oiseaux qui nichaient là, trouvant couvert et nourriture, abri et chaleur dans cette végétation accueillante. <span class="bo">Marie-Louise Menvielle</span><span class="ins">:</span> Nous vivions dans une belle cage, nous avions toutes les commodités<span class="ins">:</span> hôtels, restaurants, campings, épiceries (la Ruche), journaux, etc.…les voisins nous enviaient<span class="ins">!</span> «<span class="ins"><span class="bo"><span class="it">Lili</span><span class="ins">»</span> Accornéro</span></span><span class="ins">:</span> Partout, on entendait de belles voix, (deux chanteurs chez Cazaous, deux chez Chalan, un chez Santagnére, un chez Poués, etc.…). Il n'était pas rare que des voisins se répondent en chantant, leurs voix mélodieuses rythmaient les travaux. Version entendue récemment d'un Toy lors de cette interrogation à propos d'Esquièze<span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it">Les filles d'Esquièze étaient à la fois jolies mais aussi rusées. Dès qu'elles voyaient de drôles d'oiseaux tourner autour de la place de l'Arole et si l'un d'entre eux récoltait leur préférence, elles n'hésitaient pas à le capturer et à le mettre en cage<span class="ins">!</span></span><span class="ins">»</span></span> J'ignore si cela est vrai, mais c'est romantique et délicieux. <span class="pu"> </span>2) «<span class="ins"><span class="it bo">Eths abarcats</span><span class="ins">»</span></span> D'après Rondou, «<span class="ins"><span class="it">le sobriquet des gens d'Esquièze était «<span class="ins"><span class="it">Eths abarcats</span><span class="ins">»</span></span>, ils portaient jadis des abarques, des chaussures constituées de cuir de vache. «<span class="ins"><span class="it">Abarca</span><span class="ins">»</span></span><span class="ins">:</span> d'origine préromane, était présent en Espagne. «<span class="ins"><span class="it">Aparka</span><span class="ins">»</span></span>, en basque<span class="ins">:</span> chaussure primitive faite d'un morceau de peau relevé et rattaché à la jambe par une courroie</span><span class="ins">»</span></span>. Certains disent que c'était à Sère que l'on s'appelait les abarcats. <span class="pu"> </span>3) <span class="it bo">Origines du mot Esquièze</span> Blasonnement<span class="ins">:</span> D'argent à une tour de sable sur une terrasse de sinople (vert), accostée de deux sapins du même, surmontée d'une croisette aussi de sable accostée de deux soleils du même. <span class="bo">François Pujo</span><span class="ins">:</span> a) Esquièze viendrait de «<span class="ins"><span class="it">esquio</span><span class="ins">»</span></span> (dos). Les deux églises sont sur un point haut, à l'abri des crues du Bastan et du Gave. b) Quiés = tranquille, exemple «<span class="ins"><span class="it">damourot quiés</span><span class="ins">»</span></span> = reste tranquille (pas de danger) quiétude. Le radical EXSK basque est possible. Plusieurs mots de la vallée viennent du basque. <span class="bo un">Sère</span><span class="ins">:</span> «<span class="ins"><span class="it bo">éts Hiélo prim</span><span class="ins">»</span></span> hièlo<span class="ins">:</span> file prim<span class="ins">:</span> mince, hièlo prim dé Sère<span class="ins">:</span> file (et non pas fille) mince de Sère<span class="ins">:</span> ils étaient timides et peureux parait-il<span class="ins">?</span> D'après le dictionnaire de la famille Pujo, «<span class="ins"><span class="it">Sobriquet des habitants de Sère<span class="ins">:</span> Carrotés, venant de «<span class="ins"><span class="it">carroto</span><span class="ins">»</span></span>, cultivée au bord du gave dans les prés sableux (comme à Asté au bord de l'Adour). Nous n'avons pas trouvé de champs de carottes<span class="ins">!</span><span class="ins">!</span><span class="ins">!</span><span class="ins">!</span> Ou plus vraisemblablement, «<span class="ins"><span class="it">carroutés</span><span class="ins">»</span></span>, habitants du carrot (rocher) Il est vrai que le village est posé sur des rochers. D'après Jean-Pierre Rondou, «<span class="ins"><span class="it">un goi de Cèra, c'est une flambée de buis.</span><span class="ins">»</span></span> À Sère, cet arbuste est rare. Aussi, l'hiver, quand on voulait faire plaisir à un visiteur, on se faisait un goi, un plaisir de brûler des buis.</span><span class="ins">»</span></span> Sur les photos jointes, toujours pas de buis (maladie de la pyrale<span class="ins">?</span>), en revanche, les rochers affleurent, les maisons sont construites sur un éperon. <span class="sm"><span class="un">Sources</span><span class="ins">:</span> Texte Denise Sabatut - Photographies<span class="ins">:</span> Denise Sabatut et Séverine Souberbielle</span>
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