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Georges, Louis-Marie NGUYEN, de son prénom vietnamien Van Hoa a été pharmacien à Barèges de 1968 à 1976. Le prénom Van Hoa signifie en vietnamien « <span class="it">placide</span> ». Né à Long Xuyên le 5 avril 1939, dans le delta du Mékong, ce petit fils de mandarin, gouverneur de la province, était le fils d'un riche industriel pharmacien, formé dans les années 30 à Bordeaux, et d'une riche héritière, descendante du plus célèbre philosophe des Lumières vietnamien, le grand érudit Pétrus Truong Vinh Ky. Van Hoa, aussi connu dans la vallée sous le surnom de Mao, n'a pas choisi le pays Toy par hasard. Arrivé en métropole à l'âge de 15 ans pour éviter la conscription et faire ses études, Van Hoa passait régulièrement ses vacances en villégiature à Biarritz dans l'appartement de la cousine de sa mère sur la pointe du phare. En 1956 il visita pour la première fois le pays Toy et le site de Gavarnie. C'est à cette occasion qu'il découvrit le col du Tourmalet et le village de Barèges, repérant une prochaine destination de vacances possible pour sa maman avec l'opportunité de venir y prendre les eaux. Grand sportif, amoureux de l'immensité des espaces et de la nature, après avoir brillamment obtenu son doctorat, Van Hoa commença à rechercher une petite officine éloignée des grandes villes et qui soit idéalement située en montagne, dans les Alpes ou dans les Pyrénées. Il souhaitait pouvoir gérer son emploi du temps à sa guise et fermer l'officine au moins 4 mois dans l'année, afin de retourner voir sa famille au Viet Nam, en prévision de la reprise, à terme, des industries pharmaceutiques de son père. L'Histoire et la destinée en ont décidé autrement. Sa rencontre à Barèges avec Yvonne Dufilho, la sœur du célèbre comédien, le convainquit de reprendre la pharmacie de Barèges. Un télégramme et un virement cash plus tard (merci papa…), Van Hoa put organiser sa relocalisation de Paris à Barèges et progressivement se faire adopter par l'ensemble des habitants du village, en particulier les notables et ses confrères du milieu médical et paramédical dans le pays Toy avec notamment le professeur en médecine Fourment, le docteur Pierre Foyer, les pharmaciens Hervé Leroux et Mlle Flor, le dentiste Jean-Claude Defigeas, les différents médecins et kinésithérapeutes des établissements thermaux… Une amitié forte et déterminante le lia avec « <span class="it">l'homme de Barèges</span> », Urbain Cazaux, éternel maire du village de 1946 à 1979 qui lui survécut. Urbain Cazaux nourrissait l'espoir de convaincre Van Hoa de s'investir un peu plus en politique. C'est dans ce cadre que Van Hoa accepta la présidence du syndicat d'initiative et développa plus spécifiquement les activités tennistiques où il excellait, ainsi que le lobbying près de la fédération française de cyclisme afin de maintenir le col du Tourmalet comme étape incontournable du Tour de France, aujourd'hui encore avec le 86ème franchissement du col en 2025 (un record absolu, aucun autre col des Alpes ou des Pyrénées n'égale cette fréquence). Les grands sportifs de l'Avalanche ont initié et fait progresser Van Hoa dans la découverte des joies de la montagne. Au-delà du ski alpin, ce fut l'escalade et le ski de randonnée. Grand intellectuel, Van Hoa commençait toute discipline par la lecture exhaustive et annotée de plusieurs manuels avant de s'équiper puis de se mettre à la pratique, où il finissait par exceller. À la fin des années 60, Barèges comportait un grand nombre de figures et personnalités fantasques et truculentes, sans omettre des curistes réguliers issus de très grandes familles de l'ensemble de la région. Le thermalisme très actif et la riche fréquentation des stations ont encouragé l'installation de grands professionnels du secteur médical. Cet écosystème autoporteur contribuait lui-même aussi à la réputation des stations thermales. Van Hoa imposa son « <span class="it">rythme loisir</span> » aux habitants et curistes, la pharmacie étant ouverte en saison hivernale en fonction de l'état d'enneigement et de la météo tout au long de l'année. Pourvu qu'une journée soit propice à une sortie en ski alpin, du ski de randonnée ou une virée en escalade, la pharmacie fermée ne rouvrirait que « <span class="it">vers 15h30</span> », voire plus tard… une indication « <span class="it">le pharmacien est sur les pistes</span> » pouvait venir apporter une petite précision ambiguë… Était-il aller porter les premiers secours ? Van Hoa ne prêtait aucune attention aux aspects matériels et matérialistes. Été comme hiver il circulait en jeans, chemise et claquettes-sabots style Birkenstock. Son anorak bleu roi était raccommodé avec du sparadrap, sans que sa femme, très bonne couturière au demeurant, ne puisse l'en faire déroger, le pharmacien déclarant qu'avec le sparadrap, il se rendait évidemment plus visible dans la cadre de sa fonction… Parfois, les années psychédéliques aidant, Van Hoa s'est essayé à quelque forme de créativité pour agrémenter la vitrine de la pharmacie, notamment au moment des fêtes de fin d'année, en écoulant les eaux de Cologne maison dont il a conservé secrète la formule… : un bon moyen de donner envie d'acheter quelques cadeaux originaux, mais aussi d'arrondir le chiffre d'affaires de la pharmacie avec la vente des produits de parapharmacie. Privilégié de naissance Van Hoa était foncièrement altruiste et généreux. Tout comme humainement il souhaitait être convivial et accessible, il concevait l'exercice de sa profession comme un moyen de prendre soin des autres. Il dispensait donc aux habitants des soins dépassant ses attributions, de manière gracieuse (prélèvements, injections, préanalyses ou prédiagnostics…). Il pouvait cependant être un peu plus filou vis à vis des personnes de passage, notamment en automne à l'époque de la cueillette des champignons… Fin mycologue et très bien documenté, il préconisait la plus grande prudence aux cueilleurs mal avertis et n'hésitait pas à conserver, pour lui-même et ses nombreux amis de passage, le produit d'une cueillette un peu moins ordinaire mais néanmoins totalement comestible, afin de régaler la cantonade d'une bonne omelette cuite dans l'âtre de la cheminée, accompagnée des incontournables côtelettes de chez Sabathié… Van Hoa a donc profité et su faire découvrir et aimer le pays Toy à l'ensemble de sa famille et de ses innombrables amis pendant 8 longues années. C'est en souhaitant initier un de ses amis, parrain de son fils, et sa propre femme, au ski de randonnée, qu'une belle matinée ensoleillée, le 24 février 1976, il y aura prochainement 50 ans, il a trouvé la paix dans le couloir d'avalanche qui part du col de l'Ayré vers le plateau lumière. « <span class="it">Mao</span> » était parti en toute confiance, la veille, un groupe de 15 skieurs de randonnée de l'UCPA ayant fait la course sans encombre. Étant le plus expérimenté c'était donc lui qui faisait la trace. Plus exposé il dévissa sur une plaque à vent, emporté sur 1000 mètres de dénivelé abrupt dans le couloir d'avalanche. Rencontrant une souche d'arbre dans la chute, il mourut le crâne défoncé par un choc violent. Sa femme et son ami furent très rapidement arrêtés dans leur chute par des sapins. Une messe commémorative des 50 ans du décès de Van Hoa aura lieu en l'église de Barèges le mardi 24 février 2026 (horaire à préciser), ainsi que le dimanche 22 février précédent en l'église de Luz-Saint-Sauveur à 11h.
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