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<p class="pb">« <span class="it">Institutrice retraitée, entre autres nouvelles activités, je me suis intéressée à la généalogie, car du côté de ma mère, je descends des PENETTE de Sers, ce qui a orienté mes recherches vers la vallée de Luz. Je suis adhérente à la SESV et à l'Association Guillaume Mauran. Je suis aussi active dans l'association ABAU pour les recherches concernant les Bigourdans ayant émigré au 19ème siècle, vers " les Amériques "</span><span class="ins">»</span>. Andrée Elicegui</p> <span class="st">LA TRANSMISSION FAMILIALE</span> (Lavedan et Pays Toy – n°50 - 2019) Dans ma famille on évoquait de temps en temps l'Argentine, pays où étaient partis les oncles Etienne et Laurent, deux frères et leur sœur, tante Claire, originaires du petit village de Sers (canton de Luz-Saint-Sauveur). Selon les informations que j'ai obtenues, les garçons ne sont jamais retournés en France, mais la fille, après un supposé passage par l'Uruguay, serait rentrée en France. On parlait aussi d'une autre sœur, tante Sophie qui avait été au service d'une famille anglaise pour s'occuper des enfants pendant leur séjour dans la région, et qui était partie avec eux en Angleterre, puis avait suivi cette famille en Russie où elle a rencontré un militaire de l'armée du tsar qu'elle a épousé. Elle est restée vivre en Russie. Les « <span class="it">Argentins</span><span class="ins">»</span> et la « <span class="it">Russe</span><span class="ins">»</span> ont correspondu pendant plusieurs années avec leurs frères et sœurs restés en France. Malheureusement nous n'avons aucune trace de ces lettres, seulement quelques photos. Captivée par ces rares informations j'ai voulu en savoir plus et espérais alors retrouver des cousins argentins ou russes. <span class="st">LES RECHERCHES</span> J'ai donc commencé les recherches généalogiques, pour reconstituer cette fratrie PENETTE et découvrir le parcours de chacun d'entre eux. Sporadiquement d'abord, puis plus régulièrement dès la première année de ma retraite. Ces recherches, menées principalement aux Archives départementales, m'ont permis de compléter mon arbre généalogique des PENETTE et donc de trouver d'abord des cousins restés en France. Le 18 novembre1857, à Sers Vincent PENETTE dit BORDENAVE 27 ans, cultivateur, épouse Rose CAYRE- COURRATYET alors âgée de15 ans. Ils vont avoir 11 enfants, entre 1860 et 1881. Au recensement de 1876, Vincent est chef d'une famille composée de son épouse, de leurs 8 enfants (de 17 à 2 ans) et de ses beaux-parents âgés de 72 et 58 ans. En 1887, d'après la monographie rédigée par l'instituteur, la principale activité dans le village de 276 habitants était l'élevage du bétail et volailles qui fournissent laine, beurre et œufs vendus au marché de Luz Saint Sauveur. Des ardoisières y étaient aussi exploitées. Tous les habitants ou presque savent lire et écrire. L'aîné de la famille, Henry, mon arrière-grand-père, quitte sa famille en 1880. Il est alors domicilié, selon sa fiche matricule, à Mirande (Gers) en tant que boulanger puis à Trie où il se marie en 1889. Il s'installera ensuite à Bordeaux où il exercera aussi son métier de boulanger. Une première piste a été la déclaration de succession de Vincent. Malheureusement, il est déclaré indigent à son décès en 1887, l'espoir de trouver les domiciles de ses enfants à cette date, s'envole. Puis recherche dans les registres matricules (pour les hommes) où je trouve les indices suivants pour Etienne et Laurent<span class="ins">:</span> - <span class="bo">Etienne</span> s'est présenté au conseil de révision en 1887 ; il est boulanger mais est dispensé car il a un frère au service. Il a accompli 2 mois d'exercices en novembre et décembre 1888, mais il n'a pas répondu à la convocation pour la 1ère période d'exercices de réserviste en 1891 ni à la suivante en 1894. Il est alors déclaré insoumis le 29 mai 1894, et à nouveau le 2 septembre 1909. Il sera rayé des contrôles de l'insoumission en 1913. En février 1889 il est noté résidant à Villecomtal (Gers) puis est dit « <span class="it">Parti en Amérique</span><span class="ins">»</span> en 1894. Je peux donc situer la date du départ d'Etienne entre 1889 et 1891. - <span class="bo">Laurent</span> est absent au conseil de révision le 10 décembre 1892. Il est déclaré insoumis le 11 juin 1893 et à nouveau le 2 septembre 1915. En mars 1905 il est noté résidant à Nueve de Julio, province de Buenos-Aires (République d'Argentine). Il est rayé des contrôles de l'insoumission le 22 décembre 1924. <span class="bo">Pour les oncles j'ai trouvé la preuve de leur émigration.</span> <span class="bo">Comment faire pour trouver la trace de tante Claire<span class="ins">?</span></span> Pas de mariage ni de décès sur l'État Civil des communes autour de Sers. Est-elle vraiment rentrée en France<span class="ins">?</span> En consultant le site du CEMLA (Centre latino-américain pour les études sur l'immigration) je lis<span class="ins">:</span> « <span class="it">PENETTE Claire arrivée à Buenos-Aires à compter du 01/02/1889, de Bordeaux dans le navire SANTA FÉ, 29 ans célibataire, catholique, ainsi que PENETTE Laurent 17 ans célibataire, catholique</span><span class="ins">»</span> Donc tous les deux sont arrivés ensemble en Argentine début 1889. Je trouverai ultérieurement le décès de Claire le 21 avril 1934 à Tarbes, toujours célibataire et cuisinière. Elle était donc revenue dans le département. À ce stade de mes recherches, tout en continuant la généalogie PENETTE, je prends contact avec Jean- Pierre PENETTE, un descendant d'une autre branche qui lui, a fait une bonne partie de son arbre dans les années 1990. Il me dit ne pas avoir été au courant de ces émigrants, jusqu'au jour de 1997 où il avait été contacté par une Argentine nommée Rosa PENETTE, fille de Laurent, qui cherchait les enfants des frères et sœurs de son père, restés en France, mais il n'avait pas pu l'aider dans sa recherche. Rosa était venue à Sers ainsi que d'autres membres de la famille, mais personne n'avait pu les renseigner. Et grande émotion quand je vais voir Jean-Pierre à Hasparren où il me montre son arbre généalogique et surtout les lettres envoyées de Buenos-Aires par Rosa, fille de Laurent, et sa cousine Ana, petite-fille d'Etienne où elles expliquent la descendance des deux frères. Et je réalise qu'il y a plus de porteurs du patronyme PENETTE en Argentine qu'en France. Rosa sait aussi qu'il y avait eu de la correspondance avec certaines sœurs dont Sophie partie institutrice en Russie, mariée à Minsk avec un colonel du tsar dont elle avait eu 4 garçons. Elle disait aussi que c'était impossible que les autres frères<span class="ins">:</span> Henri et Bernard n'aient pas eu de descendance. Elle confirme que Claire était bien revenue vivre en France. Quelle joie de lire ces lettres<span class="ins">!</span> Je n'en croyais pas mes yeux. Enfin j'allais pouvoir connaître mes cousins d'Argentine<span class="ins">!</span> C'était Noël avant l'heure<span class="ins">!</span>!!! En rentrant chez moi, je cherche dans l'annuaire le numéro de téléphone d'Ana et je l'appelle<span class="ins">:</span> « <span class="it">- Allo, Ana Penette<span class="ins">?</span> - Si - Parlez-vous français<span class="ins">?</span> - Oui, qui êtes-vous<span class="ins">?</span> - Je suis Andrée la descendante d'Henri, le frère de votre grand-père</span><span class="ins">»</span>. Elle était tellement émue qu'elle a préféré continuer la conversation par mail. Bien sûr elle a informé tous les descendants PENETTE d'Argentine de cette nouvelle. Elle me dit qu'elle était déjà venue à Sers, mais n'avait rencontré personne, alors je l'ai invitée à revenir et 3 mois plus tard, en février 2012, elle est arrivée. Échanges de photos, de souvenirs… Que d'émotion<span class="ins">!</span> J'ai souhaité qu'elle rencontre les cousins du Pays Toy avant de repartir. J'ai donc organisé une cousinade à Sers, berceau de nos ancêtres, dans la salle prêtée par M. le maire, avec l'arbre généalogique affiché autour de la salle. Cette rencontre a réuni plus de 60 descendants PENETTE, dont plusieurs ont découvert à cette occasion leur lien de parenté plus ou moins proche, et bien sûr l'existence de nombreux cousins argentins. D'autres se manifesteront plus tard par suite à des articles parus dans la presse relatant cette manifestation. Et en mai 2013, c'est Rosa qui est venue à Tarbes à 85 ans, pour faire notre connaissance. Toutes les deux ont été invitées à une réception de l'ABAU, à Séméac, où elles ont reçu leur certificat de « <span class="it">descendante d'émigré de Bigorre</span><span class="ins">»</span>. J'ai enfin rencontré deux de mes cousines d'Argentine<span class="ins">!</span> Et c'est ainsi que grâce à elles nous avons pu connaître des détails de la vie de ces 2 frères. <span class="st">LA VIE EN ARGENTINE</span> <span class="bo">La branche d'Etienne</span> Sur un article de journal local à l'occasion du centenaire de sa naissance, nous pouvons lire<span class="ins">:</span> « <span class="it">…Séduit par les promesses d'espoir de l'Amérique, Etienne arrive en Argentine en 1889…</span><span class="ins">»</span> À Buenos-Aires il travaille comme maréchal-ferrant, puis attiré par une communauté française importante, il s'installe à Nueve de Julio, cette ville naissante, à 250 km de la capitale où il vend de la farine dans la meunerie d'un Français, Taurel. Il entre ensuite au service d'un boulanger Louis Ferran, puis s'associe avec lui et enfin achète son commerce qui deviendra la « <span class="it">Boulangerie française Etienne Penette</span><span class="ins">»</span>. En 1905, à Dennehyà 25 km de Nueve de Julio, il achète une parcelle de terrain et construit son habitation et une boulangerie, la première dans cette localité qu'il exploitera jusqu'à la fin de ses jours en 1931. Marié en 1902 avec Graciana Ardanch, d'origine basque, ils auront 10 enfants, 24 petits-enfants, 48 arrière-petits-enfants et 49 arrières-arrières. Deux de ses 4 fils sont devenus boulangers. Ayant compris l'importance de l'instruction, il avait accroché un écriteau derrière le comptoir de sa boulangerie à l'intention de ses clients, sur lequel on pouvait lire<span class="ins">:</span> « <span class="it">No malogre el porvenir de sus hijos envielos a la escuela</span><span class="ins">»</span>. Etienne ne s'est jamais inscrit au consulat et Ana le dit anarchiste, car pour défendre les droits des habitants du village, avec l'aide de son beau-frère, il dynamitait des barrages construits par de gros propriétaires terriens pour éviter d'être inondés, détournant ainsi l'afflux d'eau vers les terres des petits exploitants. Devant ses enfants il évoque son enfance quand il gardait les troupeaux de chèvres, le brouillard qui les retenait parfois dans la montagne, et la façon de communiquer avec les autres bergers en sifflant. Il leur parle aussi du 14 juillet qu'il continue à célébrer sous la forme d'une réunion entre hommes<span class="ins">:</span> chansons, Pernod, vin français et Cognac, qu'il commandait en France et se faisait livrer à Nueve de Julio. À ses enfants, il apprend la « <span class="it">Marseillaise</span><span class="ins">»</span>. L'envie de revoir sa mère ne le quitte pas, mais il lui faut attendre que la provision de farine soit suffisante pour quelques semaines, condition exigée par sa femme pour accepter de régir seule la boulangerie en son absence. Il n'a pas le temps d'arriver au port que la nouvelle du décès de sa mère lui parvient, c'était en 1923. Il rentre chez lui et s'enferme dans sa chambre pendant 24 heures, et à partir de ce jour et jusqu'à sa mort, il portera autour du cou un foulard noir en signe de deuil. Il a transmis à la génération suivante la fidélité à son pays natal. Pendant l'occupation allemande en France, en 1943, son fils Vicente (le père d'Ana) contribue à l'aide financière collectée en Argentine, envoyée à Londres et destinée à soutenir la Résistance. Une petite broche représentant la Croix de Lorraine dans un entourage tricolore, gage de reconnaissance, est religieusement conservée par la famille. Quand la nouvelle de la Libération de Paris parvient à Dennehy, les télégrammes affluent et repartent dans la communauté française, porteurs de la joie de tous. Etienne décède le 6 août 1931 et la boulangerie est vendue dans les années 60. Elle est maintenant détruite, mais la municipalité a donné à la rue qui la bordait, le nom d'Estéban Penette. Ses descendants et d'autres parents, à l'occasion du centenaire de sa naissance, découvrent une plaque commémorative à l'endroit où reposent ses restes dans le cimetière local, en hommage à celui qui était un voisin laborieux, à la droiture et l'esprit d'un homme bon, aux nombreux amis qui se souviendront de lui. Ce pays plein d'espoir d'une vie meilleure a connu une période particulièrement difficile, pendant la dictature militaire de 1976 à 1983, et la famille d'Etienne n'a pas été épargnée. En effet Alejandro, arrière-petit-fils d'Etienne, fils de la sœur aînée d'Ana, marié et père de 2 enfants disparaît, enlevé à son domicile en juillet 1978. Il avait 25 ans. Sa mère a consacré le reste de sa vie à essayer de retrouver sa trace. Par suite de cet enlèvement d'autres personnes de la famille ont dû s'exiler. Ana nous explique<span class="ins">:</span> « <span class="it">En 1974, je pars de l'Argentine pour un exil qui durera 10 ans. Je suis la première à quitter le pays après avoir été arrêtée en 1968 (pendant la dictature d'Ongania) et je suis allée travailler au Paraguay en 1974, avec les Indiennes. A ce moment les militaires paraguayens m'ont enlevée à Asuncion. Et j'étais « <span class="it">disparue</span><span class="ins">»</span>. Ma famille n'a rien su par les autorités de ce pays. Mon père a appris mon enlèvement par des amis (Frères franciscains allemands) avec lesquels je travaillais avec mon mari. Nous avons été enlevés ensemble. Mes neveux, fils et filles de Mabel PENETTE (ma sœur aînée), tous les quatre étaient aussi militants politiques. - Ana Claudia quitte l'Argentine en raison du meurtre de son beau-frère et de la persécution de son mari en 1976 quelques mois avant le coup d'État de Videla. - Alejandro a été enlevé en 1978 et il reste disparu jusqu'à aujourd'hui. Il était plus politiquement engagé que ses sœurs. Alejandro a laissé une femme et deux enfants</span><span class="ins">»</span>. Aujourd'hui, son fils aîné, Ramiro, a deux enfants<span class="ins">:</span> Lara et Alejandro. • Nora a quitté le pays après l'enlèvement d'Alejandro, elle n'est plus rentrée et s'est installée en Espagne où elle vit actuellement à Barcelone et où Ana Claudia était déjà. • Gaston a quitté l'Argentine pour travailler en 1981, d'abord au Mexique, puis aux États-Unis où il vit à ce jour. Je suis revenue en Argentine en 1984 avec le retour de la démocratie, après avoir passé mon exil au Danemark, en Espagne et au Mexique. Mabel a commencé à chercher son fils dès qu'ils l'ont emmené. Elle faisait partie de l'une des organisations de défense des droits de l'homme<span class="ins">:</span> Familiares de Detenidos y Desaparecidos por Cuestiones Políticas. Elle était présidente de cet organisme au moment de sa mort, sans avoir trouvé son fils. La seule information obtenue sur Alejandro, par des personnes qui l'ont vu en vie, était qu'il était dans un camp de concentration appelé Banco. Quand ils ont fermé ce camp, certaines personnes ont été « <span class="it">blanchies</span> » et reconnues comme des prisonniers. D'Alejandro nous n'avons plus rien su. Depuis 2006, le nom d'Alejandro est inscrit sur le Mémorial aux Disparus (30 000) dans le Parc de la Mémoire au bord du Rio de La Plata, face à la mer où de nombreux « <span class="it">disparus</span><span class="ins">»</span> ont terminé leur vie. <span class="bo">La branche de Laurent</span> Laurent est donc parti de Bordeaux avec sa sœur Claire sur le bateau « <span class="it">Santa Fé</span><span class="ins">»</span> et arrive à Buenos Aires le 12 février 1889. Il a 17 ans et Claire 20 ans. Il s'est inscrit au Consulat à Buenos-Aires en 1891 avec un certificat de « <span class="it">Bonne vie et mœurs</span><span class="ins">»</span>. Après quelque temps, il trouve de l'aide et un emploi de cocher grâce à un autre émigré de Pontacq<span class="ins">:</span> Bernard ARCOS, sabotier, arrivé récemment avec son épouse Jeanne Marie Calestremé (native de Paréac) et leurs enfants. Bernard qui a créé une entreprise de transport de voyageurs, lui prête une voiture. Mais au bout de 5 à 6 ans, il part à travers le pays, sac au dos et travaille au fur et à mesure de ses besoins. Après avoir erré une dizaine d'années dans la Pampa, faisant des petits travaux dans les champs, il rejoint son frère Etienne. Il ouvre un négoce à côté de celui d'Etienne, en s'associant avec un Italien<span class="ins">:</span> « <span class="it">Magasin Général PENETTE-BURATI</span><span class="ins">»</span>. Puis il en montera un second. Quinze ans plus tard il revient à Buenos-Aires chez Arcos, avec lequel il était toujours en contact. Il y retrouve Rose qui allait en vacances chez Etienne. Elle avait 5 ans quand il était parti de chez son père, et maintenant elle a la trentaine et est encore célibataire. Laurent, toujours commerçant se pose enfin et se marie en 1922 avec Rose. Ils auront cinq enfants, quatre petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants. Rosa leur dernière fille âgée de 85 ans est venue nous rendre visite au mois de mai 2013, et nous a raconté sa vie d'enfant d'émigré. Dans la famille installée dans le petit village de Chacras, après quelques années passées à Nueve de Julio, Rosa entend parler français et patois par sa mère et sa grand-mère maternelle (ARCOS), mais quand on s'adresse à elle c'est en espagnol. Laurent, lui, s'exprime plus facilement en italien car ils vivent entourés d'émigrés italiens. Laurent a ouvert un magasin général et son épouse est couturière. Il aime chanter des romances en italien, mais après le décès de sa fille Sofia à l'âge de 7 ans il cessera de chanter. Les repas sont empreints des influences des divers pays d'émigration<span class="ins">:</span> de la soupe à tous les repas, suivie d'une côte de bœuf, et le dessert provient de leur magasin. Le dimanche, c'est poulet, pâtes avec des tomates et crème maison (île flottante) ou tarte. Le cochon de lait, la saucisse, et le pan dulce sont réservés au repas de Noël. Après le décès de Laurent le 21 janvier 1944, le commerce est fermé et la famille revient à Buenos-Aires. Rose ouvre pendant quelque temps un magasin de mode, puis un magasin de glaces dans lequel sa fille Rosa travaillera à la vente. Quand ils ont appris la libération de Paris en juin 1944 par la radio et les journaux, la grand-mère s'est empressée de fabriquer un drapeau français puis ils l'ont hissé, comme ils avaient l'habitude de le faire à chaque 14 juillet. En résumé parmi les 11 enfants de Vincent et Rose, seule Marie Victoire est restée à Sers, les 10 autres ayant quitté définitivement leur village natal. Où sont partis les frères et sœurs d'Etienne et Laurent<span class="ins">?</span> • Henry boulanger à Bordeaux; • Bernard employé des Chemins de Fer dans divers départements; • Marie Victoire est restée à Sers; • Laurence s'est mariée à Saint-Créac; • Claire en Argentine et retour à Tarbes; • Marie employée de maison à Bordeaux; • Louise mariée à un douanier l'a suivi dans ses postes; • Victorine Sophie en Russie; • Bernardine après quelques mois en Algérie où elle a eu un fils, est revenue à Luz Saint Sauveur. Dans la parenté on trouve d'autres départs pour « <span class="it">les Amériques</span> »<span class="ins">:</span> - Un cousin au grand-père d'Etienne et Laurent, Jacques PENETTE BORDENAVE, né à Saligos en 1828 était parti pour Buenos Aires en 1859 depuis Le Havre sur Le « <span class="it">Natalie</span><span class="ins">»</span>. - Un de leurs oncles<span class="ins">:</span> Laurent PENETTE né à Sers en 1839 était revenu « <span class="it">des colonies</span><span class="ins">»</span> en 1882 à Luz pour faire son testament. Il est décédé célibataire, à Montevideo en 1922. - Une autre cousine de ces 2 frères, Jeanne Marie SOUBERCAZES, mariée à Chèze avec Thomas JEANSALLE est partie en Argentine avec ses 5 enfants, après la naissance du dernier en 1886 et avant 1891, car ils n'apparaissent plus sur ce recensement. En 1896 au conseil de révision, leur fils aîné Jean Henri âgé de 20 ans, est domicilié, avec ses parents à Al-Puente Alsina, Buenos-Aires. Mes aïeuls, fils de la Terre bigourdane, plus précisément du pays Toy, émigrés en Argentine ont toujours gardé en eux et transmis à leurs enfants, l'amour de la France et de la liberté. Forts de ces idéaux, certains de leurs descendants, pendant la dictature, ont été contraints à l'exil et l'un d'entre eux a payé de sa vie son engagement. Autres arrivées du 65 sur le Santa Fé le 12/02/1889<span class="ins">:</span> Quessette Justin de Germs et Lavigne François de Labastide.
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