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À l'ère numérique, alors que tout est à la portée d'un «simple clic», alors que les réseaux sont censés connecter les gens et nous orienter vers un monde automatisé, nous observons un phénomène grandissant récemment décrit par un économiste sachant<span class="ins">:</span> «Dans ce monde hyperconnecté qui est le nôtre, la solitude semble être un bien curieux paradoxe». En effet, que l'état soit choisi ou subi, on se trouve seul, sans compagnie. Il y a alors une évolution lente mais irréversible, du rapport que l'individu entretient avec le collectif. On assiste au délitement du lien social, celui qui désigne le désir de vivre ensemble, de relier les individus dispersés. Quelle qu'en soit la raison, la plupart du temps imposée par la vieillesse, cette solitude est vécue comme une défaite. Au sens de psychologie sociale, le fait d'être seul, ou éventuellement entouré physiquement d'autres personnes avec lesquelles nous n'interagissons pas, ce nouveau monde nous apparaît de plus en plus absurde, incompréhensible, voire hostile. Lentement, on assiste au triomphe forcé de l'individu sur le collectif. «<span class="ins"><span class="it">Si un arbre tombe dans la forêt et que personne n'est là pour l'entendre, est-ce que sa chute fait du bruit quand même<span class="ins">?</span></span>» interroge une vieille question philosophique. Pourtant avec le smartphone et les médias sociaux, nous transportons en permanence nos réseaux dans nos poches. Nous nous devons d'être toujours joignables. Nous avons des réactions réflexes, avec le besoin de répondre immédiatement aux messages reçus. Les téléphones portables, font partie intégrante de notre vie quotidienne et l'usage en devient de moins en moins conscient. Dans un horizon tout proche, le nombre de personnes de plus de soixante ans aura doublé. Désormais, on ne peut plus envisager le vieillissement sous l'angle unique du médico-social. Quand les enfants partent travailler «<span class="ins"><span class="it">en ville</span><span class="ins">»</span></span>, que les familles s'atomisent, les conditions de vie des populations âgées deviennent très difficiles, qui plus est en montagne. Même si l'entraide et la solidarité prennent alors le relais, nous devons changer notre regard. On doit pouvoir nommer le vieillissement sans qu'il ne fasse systématiquement référence à des notions d'isolement, de dépendance, de coût et de charges pour les générations à venir, mais comme une richesse et un facteur de développement.
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