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L'USL, 50 ans de bonheur (1) modifier

1ère partie

par Maurice PÉLÉGRY

Avant de vous livrer quelques repères de l'histoire de ce club de football de Luz Saint-Sauveur, je tenais à remercier Maurice Courtade à Gèdre, Jean-Pierre Soré à Esquièze-Sère et Alain Lescoules à Luz, sans qui je n'aurai pu écrire ce témoignage. Leur mémoire et leurs archives sont tellement impressionnantes et surtout présentes, qu'il faudrait laisser une plus grande trace écrite de ces 50 ans de football pratiqués dans un club de montagne. L'un d'entre eux, Jean-Pierre Soré est toujours sur le pré, puisqu'il est co-président du Football Club Pyrénées Vallée des Gaves. Il faut vous dire que lui et son épouse sont des extraordinaires bénévoles, maintes fois récompensés. S'il n'y avait plus des gens de cette trempe dans notre pays, il n'y aurait tout simplement plus aucune vie associative.
Jean-Pierre et son épouse, qui l'a épaulé tout au long de ce parcours, ont été justement médaillés par la ligue d'Occitanie pour 45 années consacrées au sport foot. Il était donc légitime que je m'adresse à lui pour qu'il me raconte l'aventure de l'USL. Mais avant de commencer cet entretien, je lui demande pourquoi on le surnomme «Pépelle»: il me répond: «Cela remonte il y a bien longtemps, à l'école d'Esquièze, avec l'institutrice Marie-Hélène Hourcadet. J'avais du mal à dire mon prénom, et je bredouillais quelque chose plus proche de Jean Pelle. Avec le temps, c'est devenu «Pépelle». Alors l'USL? «À Luz, il y a d'abord eu la création d'un premier club de foot après la guerre, dénommé Union Sportive des Chantiers de Luz (USCL). Cette équipe était essentiellement constituée de joueurs espagnols. Dans leur fonctionnement, deux joueurs de nationalité française pouvaient jouer avec eux. Nous ignorons quand ce premier club a été créé. Il semble que «Poupon» Prissé, des Ponts et Chaussées avait été accepté dans cette formation. La date clé pour le club de Luz est 1954, avec la création de l'Union Sportive Luzéenne (USL). Beaucoup de présidents ont œuvré pour ce club. J'ai en mémoire Gilbert Leborgne et Michel Balet jusqu'en 2000. J'étais vice-président depuis 1996. Suite au décès de Michel Balet, j'ai été élu à la présidence de l'USL, en 2001. Je suis resté président jusqu'aux 50 ans du club, en 2004. Cette dernière année, nous avons eu du mal à regrouper un financement pour mettre en place un bon fonctionnement. Les infrastructures étaient celles d'un club des champs. Par exemple, il nous fallait nous adapter à des conditions de jeu et d'entraînement avec un terrain sans éclairage. En juin 2004, nous avons fait alors la fusion avec le club voisin de l'Amicale Laïque Pierrefitoise (ALP), sous le nom de l'Entente Luz Pierrefitte (ELP). En 2006, l'association d'Arrens, alors en sommeil, rejoint cette entente ELP et le club jouera alors sous la dénomination Entente Luz Pierrefitte Arrens (ELPA). Ce club fut alors géré par 3 co-présidents: Jean Berdé pour Pierrefitte, Gérard Fourpomme pour Arrens et moi-même pour Luz. Il y avait alors 250 Licenciés. Depuis 2001, nous avions déjà certaines catégories de jeunes en entente avec Pierrefitte. En 2014, nous avons été confrontés à un manque d'effectif, chez les jeunes notamment. Nous avons alors effectué un premier rapprochement en entente avec le club d'Argelès, pour les catégories de jeunes. C'est tout naturellement que par la suite, en 2018, les deux clubs ont fusionné, car ils évoluaient en championnat régional Midi-Pyrénées. Le Football Club Pyrénées Vallée des Gaves (FCPVG) a alors vu le jour. Fort de ses 410 licenciés et de ses 40 dirigeants, il évolue actuellement sous la double présidence de Douglas Valens et de moi-même».

Le club de Luz a donc fonctionné durant 50 ans (1954-2004). Beaucoup se souviennent encore de «l'énorme» fête, comme Luz sait les faire, sous le chapiteau du fronton regroupant ce jour-là, plus de 500 personnes. Pendant de longues saisons, de nombreux clubs voisins, au-delà d'Aygue-Rouye ont été des clubs «ennemis». En effet contre Pierrefitte, Arrens, Argelès sans oublier St Pé de Bigorre, le spectacle était garanti et la fierté de mise, «C'était la guerre!» C'est la raison pour laquelle il est important de souligner que cette longue et inévitable évolution, à base de remise en question permanente, s'est faite avec celle de la population. C'est-à-dire que ces différentes fusions se sont déroulées fort bien et calmement, en tous les cas bien mieux que dans d'autres institutions. Le mérite en revient à des hommes comme Jean-Pierre Soré. Les réunions se déroulaient dans la salle de l'ancienne mairie, au fond de l'actuelle place du 19 mars. À l'écoute de toutes les anecdotes que me livre «Pépelle», on ressent que le socle de ce club reposait avant tout sur la solidarité, l'amitié, la complicité et la fierté d'appartenance à une identité rebelle. Tous portaient un pittoresque surnom, comme il est souvent d'usage en pays Toy. Celui-ci petit à petit faisait oublier l'identité du personnage concerné. Outre les trois figures légendaires que furent «Patou» Lhâa, Gilbert Leborgne et Michel Balet, il faut citer d'autres dirigeants majeurs. La chronologie de leur action reste incertaine, mais il est difficile de passer sous silence Monsieur Michaud, Monsieur Granjean ou également l'entrepreneur Paul Arnaud. Certains évoquent même un certain Cougul, qui tenait l'épicerie La Ruche à Esquièze. Henri Aranjo s'exprime au sujet de Paul Arnaud: «C'était un homme bon. Je me souviens que vers 1970, il avait emmené les enfants du club de foot, qui avaient environ 12 ans, à la station balnéaire de Capbreton. À cette occasion, certains voyaient la mer pour la première fois» Le quartier général de cette fine équipe, véritable siège du club, se situait à Esquièze-Sère, à l'emplacement de l'ancien café Planté, face à la boucherie Anthian et à côté de l'ancien garage Gaillardou. Je ne sais comment s'appelait cet estaminet, peut-être le Bastan, tenu par Gérard Poulou, mais il aurait dû s'appeler «Ici, on refait le match». Tout se passait là. Les discussions étaient animées et la célèbre boisson anisée gauloise était toujours de la fête. Ce que vous ne savez sûrement pas, c'est qu'à cet endroit d'Esquièze, dans les années 1970, fut inventée la première «cagnotte Leetchi», devenue d'usage courant aujourd'hui, plus de 50 ans après. La pupille se dilate, l'envie de se souvenir éclaire son visage, «Pépelle» raconte: «Cela concerne l'un de nos coéquipiers, Raymond Guilhembet. Il courrait tout le temps et il était très résistant, d'où son surnom «Aouita», en référence à l'ancien champion marocain de fond. Un dimanche, nous remontons à Luz, après un déplacement. La discussion commençait à s'animer, la boisson anisée en tête. C'est alors que Raymond nous déclare: dans un mois et demi, je ne serai pas là, je vais faire le marathon de New York. Nous nous sommes tous regardés et nous lui avons demandé, tu as les sous pour y aller? Il nous répond, non, pour l'instant, je n'ai rien, mais je veux y aller! La question est alors posée au groupe présent: qui veut aider «Aouita».? Il était hors de question de le laisser tomber. C'est ainsi que son voyage fut financé. Cette joyeuse bande montra ainsi un bel exemple de camaraderie, de lien et de solidarité.
Au Café dit le Bastan, anciennement Marraine Planté, chez Gérard Poulou et Jackie Hourcadet, visiblement, la moustache était très à la mode! On reconnaît, de gauche à droite: André de la Fuente dit «Tchalango», «Pierrot» Lhâa dit «Feneu», derrière la coupe Marcel Nogué, Gérard Laborde dit «Pommade», Bernard Guillembet dit «Pourrouté» et Jean-Pierre Soré dit «Pépelle». «Pierrot» Lhâa, a porté le surnom de «Feneu» car pendant longtemps, il a possédé une voiture immatriculée FN (rien à voir avec l'ancienne formation politique). Gérard Laborde, dont le surnom était «Pommade», a joué avec Alain Lescoules à Pierrefitte, Arrens et Luz. Dans le club de Pierrefitte, les deux copains ont porté le maillot des Hautes-Pyrénées avec Bernard Guilhembet aussi. «Pommade» était un excellent joueur. Il avait un grand talent et une classe exceptionnelle. Il avait même été détecté par le club des Girondins de Bordeaux, mais il n'avait pas voulu y aller. À chaque fois qu'il prenait un coup, il réclamait aussitôt de la pommade, d'où son surnom.
Mais il m'est difficile de terminer ce récit sans vous avoir raconté mes retrouvailles avec une des figures de ce club. Il s'agit d'André de la Fuente. Je me renseigne auprès des anciens qui me répondent, il est à Gazost. Je pensais jusqu'à ce jour que ce village se situait dans les faubourgs d'Argelès. Que nenni! Je prends donc contact avec lui, et après de très, très nombreux appels, régulièrement renouvelés, je me demande si ce village est raccordé au téléphone. J'ai compris plus tard que notre ancien capitaine de l'USL ne répond ni au téléphone portable, ni sur sa ligne fixe, croyant avoir systématiquement affaire à des démarcheurs publicitaires. Fort des renseignements collectés auprès d'Alain Lescoules, je me rends donc sans prévenir à Gazost. Je suis entré ainsi dans un des fiefs de la noblesse des sept vallées du Labéda, là où ont siégé les seigneurs de Castelloubon, et notamment les vicomtes du Lavedan de l'an 945 jusqu'au XIIeme siècle. Gazost est la plus méridionale des 10 communes du Castelloubon, au fond de cette magnifique vallée. Après une route interminable, je trouve une résidente qui m'aide à localiser le refuge du mémorable capitaine, figure de l'USL, nouveau seigneur de Castelloubon.
André est né à Luz le 20 octobre 1945, rue du Calihour. Son père originaire de la banlieue de Madrid, nommée El Berrueco et sa mère aragonaise du village de Oto, banlieue de Broto lui ont transmis l'honneur, le respect par le travail. Il a élu domicile à Gazost. Du magnifique balcon promontoire, devant sa maison, il s'empresse de me dire avec une perceptible émotion dans la voix: «Tu vois, derrière cette montagne, c'est le pays Toy» J'apprends au passage que Gazost est la source des réputées eaux thermales d'Argelès. Bien sûr, le passage à Luz représente beaucoup pour lui. Employé dans l'entreprise de l'ancien président Gilbert Leborgne, il a fait une carrière brillante à l'USL jusqu'à l'année 1975, où à trente ans, il a dit stop. Son visage s'éclaire: «Le foot à Luz, c'est ma vie. Quelle équipe! Nous jouions en championnat départemental. Je me souviens de matchs contre Mazères, Trébons, Pouzac ou Montgaillard, c'était chaud, de sacrées rencontres. Je jouais au poste de demi-centre ou arrière aussi. C'est vrai, j'étais capitaine de l'équipe et j'étais fier de l'être.» il ajoute: «Tu sais à Luz, le foot, c'était vital. Nous n'avions que cela pour nous défouler après le boulot. Quel club. Tu devrais aller voir les vestiaires, il y a des caricatures de Pierrot Mercier et aussi de moi». Dis-moi André, on me parle de ton surnom? Il sourit: «Oui, au départ, on me surnommait Brutus, puis finalement, on me connaît plus sous le surnom de Tchalango», avec un T devant le c pour mieux appuyer ce dernier. Difficile de dire d'où vient ce surnom, une histoire de charançon et de musique que j'ai mal comprise. Je poursuis, comment étais-tu sur le terrain? Il enchaîne: «Moi, j'étais calme, je jouais mon match et je n'ennuyais personne… mais il ne fallait pas m'emmerder!»

On a vite compris pas la peine de développer. Je vous avoue que je l'aurai écouté durant des heures, mais il a tenu à ajouter avant que je ne reparte: «J'ai joué à une époque où nous avions la fierté de ce pays Toy. Tous nous avions honneur de porter ce maillot. Et puis, il fallait voir les présidents, les dirigeants le temps qu'ils passaient en bord de touche. Qu'il pleuve, qu'il neige, ils étaient toujours là. Nous avions beaucoup de respect pour eux, et je dirai même que nous nous battions pour eux».
Très sincèrement, je quitte ce merveilleux village, content de l'avoir revu. Son esprit est tiraillé entre la fierté de ses origines et la résidence où il a élu domicile aujourd'hui, mais on sent qu'au milieu de ces deux extrémités, derrière cette crête de montagne, une partie de son âme est restée vers l'avenue de Saint-Sauveur. Une dernière chose. Croyez-moi, il est actif et affûté le Dédé et je ne suis pas certain qu'il faudrait essayer de «l'emmerder» s'il lui arrivait de revenir dans le rectangle. Je vous aurai prévenu!

Nous avons choisi quelques photos d'équipes de l'USL qui ont joué durant ces cinquante années d'existence.
Seule photo de l'Union Sportive des Chantiers de Luz (USCL) antérieure à 1954, création de l'Union Sportive de Luz (USL). Le troisième en haut à partir de la gauche, c'est Miguel Royo père de Bernard et Michel Royo. Avec la cravate au milieu en bas, c'est Antoine Gracia dit «Pénalty».
Saison 1957-1958
De gauche à droite: les 2 spectateurs sont Mrs Cougul et Gay-Capdevielle, celui qui assurait les déplacements à l'extérieur. Puis, l'arbitre Sahun, Mr Blanquet, «Pierrot» Lhâa, Roger Adagas, Mr. Granjean, Gabriel Larroze-Lauga, «Pierrot» Haurine, Victor Buisan, Raymond Sanchez et Jean «Patou» Lhâa.
Accroupis: Sarroca, Moutinho, Sahun (fils de l'arbitre), Claude Darré, Armand Gonçalves et le chien Bastan, fidèle compagnon de Jacques Delerue (Artpyr Barèges).

Équipe des cadets de l'USL (1958-1959), devant la camionnette «tube» Citroën.
Debout de gauche à droite: «Patou» Lhâa, Félicès, Alexandre Lhâa parti à Cognac, Sahun, Bernard Rivière-Sacaze le goal à casquette avec le maillot en V. Bernard a ensuite brillé au rugby, puisqu'il a joué pilier dans l'équipe du prestigieux club de Bagnères. Jacquy Lhâa, Jean-Claude Leborgne, Pujol fils du chef de la gendarmerie de Luz, Mr Granjean dirigeant.
Accroupis de gauche à droite: Maguy fille de «Patou» Lhâa, le jeune Manuel Violero, tous deux en costume traditionnel, Alain Lahon, Claude Haurine, Jean-Pierre Lhâa, Henri Aranjo, André de la Fuente qui affiche déjà un regard déterminé.

Légendes complètes:
5 - Seule photo de l'Union Sportive des Chantiers de Luz (USCL) antérieure à 1954, création de l'Union Sportive de Luz (USL). Le troisième en haut à partir de la gauche, c'est Miguel Royo père de Bernard et Michel Royo. Avec la cravate au milieu en bas, c'est Antoine Gracia dit «Pénalty».
6 - Saison 1957-1958:
- De gauche à droite: les 2 spectateurs sont Mrs Cougul et Gay-Capdevielle, celui qui assurait les déplacements à l'extérieur. Puis, l'arbitre Sahun, Mr Blanquet, «Pierrot» Lhâa, Roger Adagas, Mr. Granjean, Gabriel Larroze-Lauga, «Pierrot» Haurine, Victor Buisan, Raymond Sanchez et Jean «Patou» Lhâa.
- Accroupis: Sarroca, Moutinho, Sahun (fils de l'arbitre), Claude Darré, Armand Gonçalves et le chien Bastan, fidèle compagnon de Jacques Delerue (Artpyr Barèges).
7 - Équipe des cadets de l'USL (1958-1959), devant la camionnette «tube» Citroën:
- Debout de gauche à droite: «Patou» Lhâa, Félicès, Alexandre Lhâa parti à Cognac, Sahun, Bernard Rivière-Sacaze le goal à casquette avec le maillot en V. Bernard a ensuite brillé au rugby, puisqu'il a joué pilier dans l'équipe du prestigieux club de Bagnères. Jacquy Lhâa, Jean-Claude Leborgne, Pujol fils du chef de la gendarmerie de Luz, Mr Granjean dirigeant.
- Accroupis de gauche à droite: Maguy fille de «Patou» Lhâa, le jeune Manuel Violero, tous deux en costume traditionnel, Alain Lahon, Claude Haurine, Jean-Pierre Lhâa, Henri Aranjo, André de la Fuente qui affiche déjà un regard déterminé.
8 - USL 1958-1959:
- Debout de gauche à droite: Mr Blanquet (dirigeant), Jean Theil instituteur (dirigeant), Jean-Marie Gaillardou, Pierrot «Tutut» Haurine, Granjean, «Gaby» Larroze-Lauga, Jean-Pierre Fittère, Moutinho, Jean «Patou» Lhâa. Accroupis de gauche à droite: Garcia, «Pierrot» Lhâa dit «Feuneu», Claude Carrère, Bernard Puyo, Armand Gonçalves dit «Mouflet»


La 2e partie est ici: L'USL, 50 ans de bonheur (2e partie)
Jean-Pierre SORÉ

Jean-Pierre SORÉ

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André de la Fuente dit « Tchalango »

André de la Fuente dit « Tchalango »

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photo Union Sportive des Chantiers de Luz antérieure à 1954...

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Saison 1957-1958...

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Équipe des cadets de l’USL (1958-1959)...

Équipe des cadets de l’USL (1958-1959)...

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USL 1958 - 1959...

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