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1968 - L'esprit olympique a soufflé en pays toy (1) modifier

1ère partie

par Maurice PÉLÉGRY

En France, l'année 2024 est une année Olympique. Ce que l'on sait moins, ou que l'on a oublié, c'est qu' il y a 56 ans, en 1968, à l'occasion des Jeux Olympiques d'hiver de Grenoble, la flamme est passée par les Pyrénées. De nombreux Toys eurent l'honneur de porter la flamme Olympique pour lui faire franchir le Col du Tourmalet.
Dans la culture grecque antique, le feu a une origine sacrée. Le feu et par voie de conséquence la flamme sert de substitution si le soleil n'est pas là le jour J. Quand, on voit les moyens déployés cette année pour acheminer la flamme en France, après un voyage sur le mythique «Belem», on comprend mieux l'importance des Jeux Olympiques. Ceux de 1968 étaient les Xèmes jeux d'hiver. Ils se déroulèrent à Grenoble, du 6 au 18 février 1968. Après les premiers Jeux, de Chamonix en 1924, c'était la seconde fois que la France organisait les Jeux d'hiver. Ils rassemblèrent 1158 athlètes de 37 pays, un record. Mais ces jeux furent marqués par plusieurs événements. Pour la première fois, L'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest sont présentes séparément, tandis que le Maroc effectue sa première participation. Ce fut également la première fois que les différents reportages étaient proposés par retransmission télévisée en couleur, via satellite. C'est l'apparition également du chronométrage électronique. Enfin, même si la Norvège finit en tête du classement devant l'équipe de France, le Français, Jean-Claude Killy obtient trois médailles d'or, dans les trois disciplines du ski alpin. Cette performance n'a toujours pas été renouvelée à ce jour.

Relais de la flamme Olympique
La flamme est allumée à Olympe, le 16 décembre 1967. Partie du mont Olympe, elle est ensuite transportée en France, par Caravelle. C'est l'ancien champion de ski alpin, Jean Vuarnet, médaillé d'or aux Jeux de Squaw Valley, en 1960, qui reçoit la flamme à son arrivée à Paris-Orly. Sur le sol français, le coureur de fond Alain Mimoun, plusieurs fois médaillé olympique, est le premier relayeur. Cette flamme de 1968 a parcouru 7 222 km dont 3 500, à pied. Le trajet, a célébré les massifs montagneux français, dont les Pyrénées, via Lyon et Bordeaux. Le 7 janvier 1968, la flamme est arrivée dans les Hautes-Pyrénées en faisant la liaison Pau/Cauterets.

Photo 1: le podium olympique de la descente:
médaille Or: Jean-Claude Killy, argent: le français, Guy Périllat et bronze: le Suisse, Jean-Daniel Dätwyler

Laurent Majesté (photo 2) se souvient très bien: «La flamme Olympique est tout d'abord arrivée en Béarn. Elle a été prise en compte dans la station de ski de Gourette, par trois gendarmes de la Compagnie d'Oloron-Ste-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, dont je faisais partie. Elle fut alors remise aux autorités des Hautes-Pyrénées, au col du Soulor, après la traversée du col de l'Aubisque à ski».

Elle arrive ensuite à Argelès-Gazost. Un article journal de 1992, qui m'a été confié par Henri Lacrampe de Barèges, signé M.Prissé et A.Lobera, précise les faits suivants: «Demain, la flamme olympique sera de retour en Bigorre (JO d'Alberville 1992). Il y a vingt-quatre ans, elle était déjà passée en pays Toy». Le 9 janvier 1968, il se passa, en effet, quelque chose d'exceptionnel. Même si en pays Toy, les gens sont peu diserts, il suffit parfois d'une fixation sur un moment fortement vécu pour verser dans l'abondance verbale et dans la générosité. J'ai donc profité de ces ouvertures pour tenter de reconstituer avec précision ces instants et ce parcours historique. Chaque coureur-relayeur était suivi par quatre accompagnants. Plusieurs associations vont alors se relayer sur le parcours dans un premier temps de Pierrefitte à Barèges. L'équipe de football de Luz s'était tout d'abord chargée d'amener la flamme de Pierrefitte jusqu'à l'entrée de Sère. Ce fut ensuite l'équipe de ski de fond de Luz qui réceptionna la flamme à Sère. Le premier relais se fit par «Ramonite» Castille, puis Raymond Broueil, «Jojo» Guilhemtoy, «Jeannot» Da Silva, «Poupou» Da Silva, Henri Sesqué-Coulet et Roger Prissé, l'ancien cantonnier.

En haut d'Esquièze, entre les stations-service Cazenave (Shell) et Lavantès (Total), encadré par deux motards de la Gendarmerie, Raymond «Ramonite» Castille porte la flamme. Sont reconnaissables, à sa gauche Pierre Pujo, et à sa droite Henri Courtade. (photo 3)

Alain Lescoules se souvient: «Nous étions sortis devant le collège de Luz pour voir la flamme Olympique et au passage devant le groupe scolaire, je me souviens que le relayeur était «Poupou» Da Silva». À partir d'Esterre, c'est un mélange de sociétaires de l'USL Football épaulés par les pompiers de Luz, qui acheminèrent la flamme jusqu'à Barèges. Maurice Courtade étaient de ceux-ci. Rencontré à Gèdre, il se souvient parfaitement: «Non seulement, je valide ce qui a été rapporté par l'article de 1992 que tu me cites, mais j'ajoute que l'USL a assuré les relais jusqu'à Cabadur. Ce dont je me souviens aussi, c'est qu'il faisait vraiment très froid et nous étions en tenue légère. Je suis certain également que le dernier coureur de l'USL a remis la flamme, à l'entrée de Barèges, à l'athlète tarbais René Valmy, qui l'a portée jusqu'au Casino de Barèges»

Maurice Courtade était de ceux-ci.

Mais avant d'atteindre Barèges, d'autres ont été relayeurs sur le parcours. L'incontournable Henri Aranjo faisait également partie de l'aventure: «Je me souviens parfaitement de ce moment. En ce qui me concerne, j'ai porté la flamme, de la sablière de Jeandel, après chez Soulé à Betpouey, jusqu'au pont de Sers».

Photo 6: Le relais d'Henri Aranjo. On reconnaît derrière le motard de gauche, Bernard Puyo. Derrière le motard de droite, c'est Henri Sesqué-Coulet. Je n'ai pu identifier le souriant coureur de droite. Henri est suivi par une Renault 4L blanche décapotable et une estafette d'assistance. Cette photo est prise à la sortie du virage du cantonnier, en haut de chez Destrade, la route passe près du ruisseau descendant du Bolou. Pour compléter le parcours, j'ai pu aussi valider que Claude Eberhardt et André de la Fuente ont aussi couru après le pont de Sers, jusqu'à l'entrée de Barèges. C'est donc René Valmy, qui participa aux Jeux de Londres de 1948, qui réceptionna cette flamme à l'entrée de Barèges.

Les membres de l'Avalanche assurent alors la suite, comme le sympathique Henri «Riquet» Hernandez, So de Gaillardou, qui tenait le garage de Barèges sous le Casino, ainsi que les Barégeois, Bernard Puyo, Marc Castéran, Claude Trey et Henri Lacrampe. Une réception fut organisée par le club de ski l'Avalanche, à Barèges, et un podium souvenir fut ainsi dressé.

Sources: DDM - Wikipedia, histoire des JO d'hiver
Photographies: Pierre Lavantès, Jean-Marie Broueil-Nogué, Marcel Lavedan, Françoise Castille, Henri Aranjo, Maurice Pélégry


La 2e partie est ici: 1968 - L'esprit olympique a soufflé en pays toy (2e partie)
Le podium olympique de la descente...

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Laurent Majesté

Laurent Majesté

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En haut d’Esquièze, entre les deux stations-service

En haut d’Esquièze, entre les deux stations-service

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Maurice Courtade

Maurice Courtade

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Le relais d’Henri Aranjo...

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René Valmy

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