L'ÉMIGRATION DES TOYS
DOSSIER
Liste des départs vers l’Argentine et l’Uruguay - Décembre 2024
par Maurice PÉLÉGRY
1) L'ainé Raymond, Jean Baradere, (1743-1823), propriétaire à Luz, épousa à Luz, le 7/02/1770, Jacquette Sarrat, dont 6 enfants.
Le parcours de leur second fils, Jean, Bernard Baradere (1773-1863) est à rapporter ici. Il présente des états de service impressionnants. Conseiller d'état (1834-1849) et intendant militaire (1841). Il a été employé au Gouvernement de Rome sous l'Empire, lors de la Restauration, il était Secrétaire général du Maréchal Soult, ministre de la Guerre (1834-1838), puis de la Guerre et de la Marine (1839-1840).
Il a été Chevalier de la Légion d'honneur (29/06/1813), puis Officier (4/04/1814) et Commandeur (21/03/1831).
Il épousa le 28/08/1817, Angélique Pulcherie-Monnaye (1786-1871). Le couple résidait au château de Saint Gabriel, dans le Calvados. Leur fille, Denise, Marie, Henriette Baradere (1818-1901) est enterrée au cimetière du Montparnasse, à Paris. Elle devint la vicomtesse de Perthuis à la suite de son mariage à Paris, avec Hippolyte, Hilaire, vicomte de Perthuis de Laillevault (1798-1877), commandeur de la Légion d'honneur. Leurs deux fils, Henri et Lucien, tous deux barons de Perthuis de Laillevault, ont été également chevaliers de la Légion d'honneur.
2) Le second Jacques Baradere(1745) est décédé à l'âge de deux mois. Son acte de naissance mentionnera le nom de Jacques Tripou. Le curé de Luz signait defabas.
3) Jean Baradere(1748-1811), sans descendance
Il était clerc tonsuré et bachelier en théologie. Curé de Lannemezan, il est revenu par la suite, vicaire à Luz (1781). Décédé à l'âge de 63 ans, c'est son frère Henri, maire de Luz, qui signera son acte de décès.
4) La seule fille, Marthe Baradere (1760-1847) a épousé Barthélémy Soubervielle dit Courtade (1760-1822), agriculteur à Sassis.
Leur fils Jean-Marie Soubervielle Courtade (1790-1876), a été maire de Sassis et Chevalier de la Légion d'honneur (11/09/1859). J'ignore totalement ce qui a motivé cette distinction. Il épousa Paule Vergé Sarrat, dont huit enfants. Le cinquième, Bernard, Jacques Courtade (1822-1872), émigra en Amérique centrale en 1846 où il épousa Dolorès, Lola Mercher, à La Unión, port maritime de la République du Salvador, jeune état devenu indépendant de l'Espagne en 1821. Il exerçait alors la fonction de vice-consul.
Il était prêtre, professeur de grammaire et de philosophie et conservateur de la bibliothèque de Pau. Son parcours de 53 ans mérite bien un paragraphe, tant il fut riche et mouvementé. Il fut le premier curé de la paroisse Saint-Jacques de la rue Bernadotte, à Pau. Il était une figure ecclésiastique, un prêtre de l'Ancien Régime, qui à l'époque du Concordat, fut un des ouvriers de la restauration du culte catholique en Béarn.
5) Jean-Jacques, Germain Baradere² (1764-1817)
L'abbé Baradere occupa une place de premier choix dans la société paloise, à la fin de la Révolution et pendant le 1er Empire. Il avait fait ses études dans le collège des Doctrinaires à Tarbes, puis à la Faculté de Théologie de Pau. Il fut ordonné prêtre en 1788. Sa mère, Jeanne-Marie Cazaux, veuve Baradere, lui constitua un titre clérical, à la date du 18 janvier 1788. Il prêta serment à la Constitution civile du clergé et fut nommé, en 1791, vicaire directeur du Séminaire constitutionnel de Tarbes. Il y professa la théologie morale jusqu'à la fermeture de la maison en 1793. Nous ignorons totalement le rôle et les occupations de l'abbé Baradere pendant la Terreur (chrononyme employé pour désigner une période de la Révolution française, entre 1793 et 1794) ni au cours des années 1794 et 1795. Par la suite, en 1796, la Convention nationale ayant décrété qu'il y aurait à Pau, une École Centrale, cet établissement fut placé dans l'ancien collège des Jésuites. Le citoyen Baradere fut nommé professeur de grammaire générale. Le Concordat fut signé dès le 15 juillet 1801. L'évêque nommé pour le siège de Bayonne, Mgr Joseph-Jacques Loison recevait la consécration épiscopale. Ayant sous sa responsabilité la ville de Pau, cet évêque joua un rôle important dans le parcours de l'abbé Baradere. Une confiance réciproque s'était installée entre les deux hommes. Baradere se rendit à Paris pour assister au sacre et au couronnement de Napoléon, qui eut lieu à Notre-Dame, le 11 frimaire an XIII (2/12/1804). Il fut également reçu en audience particulière par le Pape Pie VII. Durant toute cette période, hormis d'être l'homme de confiance de l'évêque, Baradere s'était aussi ménagé de solides appuis en haut lieu. Mgr Loison, évêque de Bayonne, lui confia d'ailleurs la rédaction du «Directoire ou Ordo», selon le rite romain, à l'usage des ecclésiastiques des diocèses de Lescar et Oloron. Ce livre sera d'ailleurs publié à Pau (chez Vignancour). Lorsque l'évêque fut autorisé à constituer une bibliothèque épiscopale, en recouvrant une partie des livres confisqués par la Révolution dans les diverses maisons religieuses, c'est à l'abbé Baradere qu'il confia le soin de faire un choix utile. Clin d'œil de l'actualité, son rôle de mandataire dans la conservation de la maison de Bétharram, fut également essentiel. Il fut responsable de l'acquisition et de la conservation par l'autorité diocésaine de la maison des anciens chapelains de Bétharram. Une maison d'éducation fut ouverte dans le couvent de Bétharram, en novembre 1808. Agissant comme mandataire officiel, l'abbé Baradere y était représentant de l'évêque. Cet établissement attira un nombre convenable d'élèves dès son ouverture. De plus, il plaida en faveur d'un pèlerinage et rédigea un mémoire pour démontrer la nécessité de conserver cet établissement comme école de théologie. Sa voix fut entendue et Bétharram devint une annexe du grand séminaire de Bayonne. De nombreuses confréries ont été créées ou rétablies par Baradere, comme la Congrégation des Bourgeois et Artisans ou la Confrérie des Pénitents gris de Notre-Dame des Agonisants. La Confrérie du Rosaire réservée aux dames fut aussi une création de l'abbé Baradere. Précurseur des «Restos du cœur», il avait formé à Pau, en 1803, une «Société pour l'amélioration du
sort des pauvres». Elle avait pour but la distribution de soupes économiques et de secours à domicile, en vue de l'extinction de la mendicité, laquelle avait été interdite à Pau, à partir du 21 floréal an XI (11/05/1803). La fin de sa vie fut compliquée, car il avait publié une étude théologique sur l'usure et le prêt à intérêt. La controverse autour de cette question fit grand bruit dans le monde ecclésiastique du temps. Des plaintes émanèrent également de curés de Lourdes. Toutes ces attaques contre la Dissertation sur l'usure visaient l'homme autant que la doctrine. En effet, au moment où ce livre parut, les ultra-royalistes tenaient les rênes du pouvoir. De tous les côtés, des violences et des représailles étaient exercées contre les hommes qui avaient pactisé avec la Révolution ou qui avaient manifesté trop leur attachement au régime bonapartiste. Le passé de l'abbé Baradere le rendait suspect au monde gouvernemental du moment. Alors que la rumeur grandissait, l'abbé Baradere s'éteignit le 13 juin 1817. Une concession gratuite de terrain, en faveur du premier curé de Saint-Jacques, fut accordée par la municipalité de Pau, comme l'atteste la délibération du 28 juin 1818. La demande de son neveu Henri Baradere, curé de Lons, aux fins d'obtenir la concession du terrain dans lequel fut inhumé Jacques Baradere, son oncle, premier curé de l'église des cordeliers (gravure, photo 3) de cette ville, érigée en paroisse sous l'invocation de Saint-Jacques, fut particulièrement remarquée.
6) Hippolyte Baradere (1767-1841)
Deux mois avant la Révolution, il épouse le 13/05/1789, à Gèdre, Marie Soubervielle (1767-1832). Acte de Mariage signé par Baradere, curé de Sazos, dont 4 garçons. Trois d'entre eux vont se marier au pays Toy.
1- Jean-Marie Baradere
(1790-1868) épouse Marguerite Vergez. Deux de leurs 5 enfants vont particulièrement se distinguer.
L'ainé, Bernard, Marie Baradere (1811-1857), né à Gèdre, présente de beaux états de service dans l'armée. Il est enrôlé volontaire le 10/03/1831, au 6ème régiment de Hussards, qu'il quitte comme brigadier, un an après, pour rejoindre le 1er régiment des Chasseurs d'Afrique comme maréchal des logis. Il rejoint le 3ème régiment en 1833 jusqu'en 1841 et assure les différents grades de sous-lieutenant, lieutenant et capitaine. De 1841 à 1854, il sera chef d'escadron du 2ème régiment des Chasseurs d'Afrique. Il réalise de nombreuses campagnes, livre combat aux troupes d'abd-
el-Kader, en Algérie et fait l'expédition de Constantine en 1836. Il est grièvement blessé en 1850, dans l'expédition de l'Aurès algérien.
Pour s'être particulièrement distingué au combat, il est nommé Chevalier de la Légion d'honneur (20/08/1845), puis Officier (10/08/1853)
Le cadet, Marie, Pierre (1830-1900), un garçon malgré son prénom, marié à Pau le 18/05/1870 avec Marie-
Thérèse de Nux. École Impériale de Cavalerie, 21 ans de services, 18 campagnes. Sous-lieutenant de la 3ème compagnie cavaliers de remonte d'Afrique, puis lieutenant (1870) et Capitaine (1871). La remonte militaire est le service des différentes forces armées, chargé de fournir des montures pour les cavaliers.
Il est nommé Chevallier de la Légion d'honneur (11/08/1869)
2- Jean, Henri Baradere, né à Luz le 13/09/1792.
Il mérite toute notre attention, tant sa vie fut mouvementée. Il me semble donc important de rapporter ici, ce qui a été écrit dans la littérature le concernant. En effet, dans la tradition de la famille Baradere, il se déplaça beaucoup. Il est le plus souvent publié sous le nom d'Henri Baradere. Il est aussi décrit comme un personnage curieux.
Officiellement, il était missionnaire. Henri Baradere était le neveu de Jean, Jacques, Germain, curé de St Jacques à Pau, frère de son père Hippolyte, décrit précédemment. Il fut ordonné prêtre le 21/09/1816 et nommé vicaire à St Jacques à Pau (1717-1718). Il part ensuite dans le doyenné de Lescar, à la cure de Lons (64). Le 1/01/1820, il obtenait de l'évêque de Bayonne un excat pour Paris et les colonies. Ainsi, après avoir été préfet apostolique au Sénégal, il fut nommé en décembre 1822, curé de Montmartre, à Paris, où il ne fit que passer! En effet, on le retrouve, le 1/11/1827, chanoine à
Tarbes. Il partit alors sans congé régulier pour le Nouveau-Monde, probablement pour le Mexique. L'évêque de Tarbes, Monseigneur de Neirac, fit faire en 1828, sur son absence, une enquête qui se termina par une sentence épiscopale le déclarant déchu de sa place canoniale. Le contenu est le suivant: «Le chanoine de Tarbes, Henri Baradere, est absent de son lieu de résidence pendant 12 années. Après trois sommations successives, il est donc procédé à la privation de son traitement et à la nomination de son successeur.» Cette sentence resta sans effet et l'évêque de Tarbes, lassé des errances du curé nomade, abandonna l'affaire.
En 1831, nous le retrouvons parmi les familiers de Grégoire, le fameux conventionnel, ex-évêque constitutionnel du Loir-et-Cher, au moment où ce prélat va rendre son dernier soupir. Les relations entre ces deux hommes dataient de quinze ans et Baradere en tirait honneur, même si Grégoire était fort mal noté, voire interdit par l'archevêché à Paris. L'abbé Baradere se dit «un des principaux acteurs» dans les événements qui ont marqué la fin de Grégoire. Il fit toutes les démarches auprès de l'autorité ecclésiastique pour défendre le mourant. Il fut donc désigné par Grégoire comme l'un de ses exécuteurs testamentaires. Henri Grégoire mourut le 28 mai 1831 et il fut privé des honneurs de la sépulture ecclésiastique. L'abbé Baradere décida de passer outre et présida les obsèques et chanta la messe en présence d'une foule considérable. Ce qui est étonnant, est que même déchu de ses privilèges depuis 1828, c'est du titre de «chanoine de Tarbes» que Baradere faisait suivre sa signature des différents documents sur les derniers moments de Grégoire. Très certainement lassé de ses excès, le nouvel évêque de Tarbes, Mgr Double, lui signa l'autorisation de rester à Paris, pour effectuer des recherches sur les antiquités mexicaines. Il collabora en effet à un grand ouvrage d'art et d'histoire. Il avait d'ailleurs dû effectuer des voyages au Mexique, car une note datée de Mexico, le 7 novembre 1828, l'autorise nommément à recueillir des antiquités du pays et d'exécuter des fouilles, depuis qu'il a été rendu une loi pour les défendre aux étrangers. Un contrat a été passé entre Baradere et le gouvernement mexicain. Isidore Icasse, conservateur du musée de la Fédération, figure également dans cet acte. Trois articles de ce contrat semblent surprenants: Art.1: M.Baradere est autorisé à faire dans l'intérieur de la République toutes les recherches ayant pour but la découverte de monuments qu'il jugera dignes de figurer dans un musée. Art .3: Lorsque M.Baradere croira devoir discontinuer ses recherches, il se rendra à Mexico, où il lui sera délivré la moitié de la collection envoyée par lui, et le gouvernement l'autorisera à transporter en Europe tous les objets qui lui seront cédés en vertu de ce contrat. Art.4: Mr Icasse reconnaît avoir reçu en échange de M.Baradere, une collection de cent quarante-cinq dessins. En 1834, plusieurs expéditions furent effectuées par le capitaine Guillermo Dupaix, pour récupérer «les sculptures et monuments antiques dans toute la Nouvelle-Espagne». Il était accompagné d'un dessinateur et de soldats du régiment des Dragons. Les résultats de ces expéditions, après avoir fait l'objet de rapports écrits au roi Charles IV d'Espagne (1748-1819) seront publiés en Europe, après sa mort, dans différentes versions, dont celle en français, intitulée: «Antiquités mexicaines» imprimées à Paris en 1834 par l'abbé Henri Baradere (ouvrage comprenant une version originale en espagnol, qui a servi pour la traduction en français par Ch.Farcy)
En 1835, l'abbé Baradere demeurait encore à Paris, mais il partit dans le courant de cette année pour une destination inconnue. On enquête alors de Tarbes. La nouvelle de sa mort à La Nouvelle-Orléans n'est pas confirmée, on le croit en voyage d'études au Mexique. Puis on perd complètement sa trace. En 1840, date officielle de son décès, sa stalle de chanoine fut déclarée vacante et attribuée.
3 - Le troisième Thomas Baradere (1794-1876) se marie le 2/08/1822 à Sazos avec Jeanne, Marie Armessen-Soubie
4 - le dernier, Hippolyte, Henri (1813-1873) épouse, à Esquièze le 1/02/1859, Marie Thérèse Chalan
7) Henri Baradere (ca 1772-1811)
Encore un autre personnage énigmatique de cette famille. Il semble qu'Henri (prénom usuel des actes officiels) soit né à Luz vers 1772 (ca: est l'abréviation de circa, qui veut dire en généalogie «environ» ou «aux alentours de…», très utilisée pour signifier que la date exacte n'est pas connue). En effet les registres paroissiaux consultés aux Archives de Tarbes sont soit très endommagés, soit ne sont pas encore microfilmés. Ce qui est certain, c'est qu'il est le sixième garçon de cette famille et très certainement le dernier. Il s'est marié, durant les années administratives difficiles de l'Histoire de France, soit avant 1793, avec Claire Lapeyrade Couettes (1772-1853), native d'Ayzac-Ost, mais là aussi pas de registre disponible. Enfin, pour parfaire le tout, son décès n'a pas été enregistré à la mairie de Luz. Pourtant, il se
produisit le 28/12/1811, comme il est signalé dans l'acte de mariage de l'une de ses filles, Jeanne, Marie, Rosalie Baradere avec Jean-Pierre Naude, le 11 avril 1834, à Ayros-Arbouix. Le registre est rédigé comme suit: «Par devant nous Paulin Laffourcade, maire de la commune d'Ayzac, sont comparus Jean Symphorien Naude Marracou, 28 ans, né à Pontacq (o 1806), fils légitime et majeur de Jean Naude Marracou cultivateur et d'Antoinette Poque, ci présents et consentants domiciliés de la commune de Pontacq, département des Basses-Pyrénées et de Jacquette Baradere, âgée de 36 ans (o 1798), née à Luz, fille légitime et majeure de feu Henri Baradere, décédé à Luz le 23 décembre 1811, sans qu'il fût enregistré dans les registres des décès de la ville, lequel décès nous a été affirmé par la future et les quatre témoins ci-présents et consentants sous signés et de Claire Lapeyrade, veuve Baradere, ménagère, domiciliée de la commune d'Ayzac. D'autant que l'acte de mariage de sa sœur Jacquette Baradere, née en 1810, mariée à Jean-Pierre Naude, frère du précédent, stipule la même chose. Henri Baradere serait donc décédé jeune. Certains écrits rapportent qu'il était atteint d'un rhumatisme goutteux et qu'il fut dispensé de service militaire, ce que je n'ai pu démontrer. Ce qui est certain est qu'il était propriétaire cultivateur à Luz. Également validé, il fut maire de Luz, de 1805 à 1811. Il était, après la Révolution française, le 6ème maire dans la hiérarchie. Il a succédé à Jacques Gradet (1800-1805). C'est Jean Cornen (1811-1815) qui prendra la suite. Tous les actes de la commune certifient ces dates. Au début de son mandat, en 1805, il signait comme ceci: (voir signature du haut, photo 4)
Pour les naissances, il parapha tout le registre de 1810, celui de 1811 l'est par Jean Cornen. Le dernier acte de mariage signé par lui est daté le 25/07/1811 (mariage d'Antoine Theil dit Trescazes, garde national avec Jacquette Sabatut). Ceux de 1812 sont signés par Jean Cornen. Enfin, en ce qui concerne le registre des décès, le dernier acte signé est celui du 15/08/1811 et concerne le décès de Augustion Augié, directeur des postes de la ville de Nérac (47), 65 ans, décédé dans la maison Borderolle. Il signait alors, Baradere, maire, comme ci-contre:(voir signature du bas, photo 4)
Sûrement malade, il laissa Jean Cornen signer le décès suivant, soit celui de Henriette Haurine dite Santourens, 72 ans, épouse de feu Santourens, tisserand.
Avec son épouse, Claire Lapeyrade, ils eurent 8 enfants, dont trois décéderont très jeunes:
1 - L'ainé Jean, Marie, Raymond Baradere (Voir ses décorations photo 5)
(1793-1871) a fait l'objet de l'introduction de cet écrit. C'est très certainement le plus illustre de tous les Baradere. Une carrière brillante, qui mérite une place de choix dans ce dossier sur l'Émigration des Toys. Je me contenterai ici de ne rapporter que les dates qui ont jalonné son parcours, car il fut très dense. Pour être complet, un chapitre lui sera consacré dans le prochain «En Baredyo» de décembre 2025, notamment sur le procès des 4 sergents de La Rochelle, qui fut un point crucial dans sa vie.
Il fait ses études à Pau, très certainement parce que son oncle est curé de Saint-Jacques. En 1813, grâce à la descendance de son autre oncle Raymond, Jean, il entre dans l'administration militaire comme adjoint au commissaire des guerres. Il fait la campagne de France, puis de Belgique, il est présent à Waterloo. Par la suite, il continue ses études de droit à Paris et devient avocat. Il fut arrêté comme conspirateur après l'Empire et figure comme principal accusé dans la lourde affaire des 4 sergents de La Rochelle, épisode qu'il nous est indispensable de raconter dans le prochain numéro. À la suite de cette lourde affaire, les 4 sergents furent décapités et Baradere sauva sa tête. Il fut acquitté, mais rayé du barreau en 1822. Il part alors en Espagne, puis pour l'Uruguay où il fait du négoce et travaille pour divers avocats parisiens. En 1831, nouveau tournant, il entre dans la carrière diplomatique et conclut de nombreux accords qui font entrer la France dans des relations de commerce avec de nombreux pays d'Amérique du Sud et d'Amérique centrale. En Uruguay, il rencontre sa future épouse, Antonia, Josefa, Francesca Just de Bejar, née à Montevideo le 15 juin 1815. Elle est la fille de Joseph de Bejar et de Françoise de San Vicente, originaires de Murcie et d'Andalousie. Aussi étrange que cela puisse paraître, le beau-père de Raymond Baradere, alors ministre des Finances en Uruguay, est enterré au cimetière de Luz.
◼ 1831-1839: Consul de France à Montevideo, Chevalier de la Légion d'honneur (30/04/1835). Quand il arrive au consulat, il rencontre un autre bigourdan, né à Bazet, déjà sur place. Il s'agit de François Ducasse, alors commis-chancelier au consulat de France, mais aussi un homme de grande culture, surnommé «le professeur». Ce n'est autre que le père d'Isidore Ducasse, né à Montevideo en 1846 et qui publiera de nombreuses poésies. Il est plus connu sous le pseudonyme du comte de Lautréamont.
◼ 1839: Consul Général et chargé d'affaires au Chili
◼ 1840: Consul Général et chargé d'affaires à Lima au Pérou
◼ 1842-1848: Consul Général au Guatemala, Officier de la LH (11/11/1848)
◼ 1843: Il devait être nommé Consul de France en Haïti. Cette nomination fut ajournée à cause de la Révolution populaire débutée dans ce pays en 1843. Cependant, Baradere fit d'autres déplacements en Haïti. C'était l'époque où l'île était prospère avec l'exportation du café et de la canne à sucre. Je n'ai pu établir pourquoi, à l'ouest de la capitale Port-
au-Prince, il y a une ville qui se nomme Baraderes et aussi une rivière Baraderes qui prend sa source dans les montagnes au-dessus de la ville.
◼ 1844: Mission comme Consul de France au Salvador
◼ 12/03/1848: Il signe un traité d'amitié de commerce et de navigation avec le Costa-Rica, le traité Toledo-Baradere qui conclut des premières relations diplomatiques entre la France et le Costa-Rica
◼ 1848: Consul général à Anvers (Belgique)
◼ 1849-1854: Consul Général à Barcelone, Commandeur de la LH (10/08/1854).
En 1855, il fonde la compagnie Générale Transatlantique qui va assurer les premières liaisons entre Bordeaux et Puerto Limón. La région est en pleine expansion, car c'est le début de la construction du canal de Panama.
Il est mis à la retraite en 1859, il rentre «au pays».
◼ 1861-1870: Il succède comme Conseiller Général au Monarchiste, ancien député et sénateur, Raymond, comte de Ségur d'Aguesseau, propriétaire du château d'Oléac-Debat.
Il meurt à Paris le 22/03/1871, à l'âge de 77 ans. Son épouse décédera à 90 ans, le 14/08/1904 au château de Tour-en-Bessin, dans le Calvados. À leur demande, leurs corps seront transférés à Luz-Saint-Sauveur, où ils seront inhumés dans le caveau familial.
À ma connaissance, ils eurent 4 enfants:
1) Marie, Antoinette, Pilar Baradere, née le 4/03/1845 au Guatemala, mariée le 25/03/1867 à Paris avec le député-maire de Saint-Gabriel (Calvados) Denis, Albert Delacour (1825-1890), dont c'est le second mariage.
2) Marthe Baradere (selon inscription figurant sur la tombe de Luz), née en 1847, décédée à l'âge de 14 mois au Guatemala, transférée à Luz le 28/08/1848. Aucune mention ne figure sur les registres d'état-civil de la mairie de Luz.
3) Ange, Hippolyte, Henri, Raymond Baradere, né au Guatemala (2/10/1846), sans profession, demeurant à Paris avec sa mère, marié le 26/06/1884 à Paris (18e) avec Adelaïde, Léontine Baillet, née le 27/04/1851 à Poinsenot (Haute-Marne).
4) Henri, Joseph, Eugène Baradere, né à Paris 1er, le 30/09/1848, prêtre, demeurant à Santeuil (Seine-et-Oise). En 1846, il est répertorié comme diacre, dans le recensement de Jouy-en-Josas (78). Il apparaît aussi dans l'acte de mariage de son frère, Ange, Hippolyte, Henri, Raymond le 26/06/1884.
2 - Hippolyte
(17/07/1798 [29 messidor an 6] est le second, frère du consul Jean-Marie, Raymond. La mairie du Vauclin, dans l'île de la Martinique, enregistre son acte de décès, le 26/11/1818.
3 - Louis, Barthélemy
(1801-1899), maire de Cadaujac. Selon les passeports retrouvés, il fit des déplacements en Uruguay.
Mariage 1, avec Joséphine de Bejar (†1861) - 1 enfant: Marie, Joséphine, Eustachie Baradere, née à Montevideo, le 2/11/1843, mariée à Paris 7ème le 30/11/1861, avec Charles, Ernest Jacquet, auditeur au Conseil d'état
Mariage 2, avec Maria, Bernarda Perez de la Rosa (1834-1902) - 2 enfants
4 - Eleonor, Germain Baradere (1802-1890).
C'est un autre neveu du curé de Saint-Jacques, et en même temps son filleul. Il fit ses études au Saint-Esprit à Paris. Ordonné prêtre à Tarbes, le 22 décembre 1827, il fut nommé directeur du Grand Séminaire. Depuis 1834, Il y professa la philosophie, puis le dogme et enfin la morale jusqu'en 1850.
Le 14 mai 1850, il fut installé comme chanoine titulaire de la Sède et mourut le 21 février 1880, à l'âge de 78 ans. L'auteur de la notice nécrologique signalait «l'air de distinction, de cachet aristocratique que chacun put toujours remarquer dans la personne, les goûts et la nature de l'ancien directeur du Grand Séminaire de Tarbes. Il eut été digne de mitre.»
5 - Jean-Marie (1805 - † 1809 à 4 ans)
6 - Bernard (1809 - † Luz 1809)
7- Jacquette [Jeanne, Marie, Rosalie] (ca 1798). La signature de son acte de naissance est de la main de son père, Baradere maire. Elle se marie, le 25/06/1834 Ayzac avec Jean Symphorien Naude Marracou (28 ans)
8 - Françoise, Marie-Jeanne Baradère (1810 - † Ancizan 14/07/1879). Elle était l'épouse de Jean-Pierre Naudes.
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